SOLIDARITE AVEC LES MILITANTS DE GAUDIES
Nous venons d'apprendre la mise en examen de 3 militants "Verts" et de la Confédération Paysanne, suite à l'action de destruction d'un champ de colza transgénique produit par le CETIOM à Gaudies en Ariège, le 2 juin 1999. Nous nous étonnons de cette procédure tardive qui cherche peut être à éviter les feux de l'actualité brûlante de "l'été anti-transgénique". Nous regrettons la décision du CETIOM de poursuivre ainsi 3 militants à un moment où tous les sondages confirment qu'une majorité de la population refuse l'alimentation transgénique. Une telle décision ne facilite pas les amorces de dialogue que nous cherchons à développer avec les promoteurs des OGM pour faire entendre la raison citoyenne au regard des intérêts économiques des firmes biotechnologiques.

Nous engageons tous les militants et les citoyens à rester actifs et vigilants quant à l'application scrupuleuse des articles de la loi de juillet 1992 relative à l'information préalable des citoyens avant toute mise en culture expérimentale, dont le non respect invaliderait les décisions de mise en culture. Nous dénonçons à nouveau l'attitude des autorités qui consiste à réserver l'information sur les lieux de culture qui au nom de la loi, ne saurait pourtant constituer une information confidentielle. Une telle position ne fait que renforcer la nature suspecte des essais transgéniques. Dans de telles conditions nous pouvons comprendre les réactions de défense légitime qui sont ainsi provoquées. Nous rappelons aussi que la récente décision de mise en oeuvre prochaine d'une nouvelle réglementation sur l'étiquetage autorisant la présence dans les produits alimentaires 1 % d'OGM sans obligation de signalement, ne constitue pas une solution. Cette décision reconnait explicitement qu'il n'est plus possible désormais du fait de l'existence de cultures transgéniques de garantir 0 % d'OGM. Nous contestons la valeur juridique d'une telle disposition contraire à la décision européenne antérieure de juillet 99 relative à l'obligation pour les producteurs "bio" de garantir leur produit sans OGM. Nous rappelons pour finir que dans un tel contexte, la destruction de cultures de colza transgénique par des citoyens est cohérente avec la décision du gouvernement français de juillet 1998 qui a mis en oeuvre la clause de sauvegarde de la directive 90/220 pour suspendre la commercialisation des colzas transgéniques sur le territoire national compte tenu de l'avis des experts de risques importants de contamination génétique des variétés normales de colzas. Quelle serait la cohérence de condamner l'action de citoyens à l'encontre detelles cultures de colzas transgéniques alors que la position offficielle de la France est d'en interdire la commercialisation ? Sur la liste OGM-Danger, le samedi 11 décembre 1999 de Frederic.Prat@wanadoo.fr Pour diverses raisons, je propose un projet de communiqué alternatif à celui de Thierry. L'idée est de l'envoyer à la presse avec des signatures, mais aussi au forum transgénèse des chercheurs (INRA, CNRS, INSERM, CIRAD...), et bien sûr au CETIOM. J'ignore l'urgence de la démarche : quand doit avoir lieu le procès ? 
Projet de communiqué
Le 2 juin1999, plusieurs personnes ont participé à la "décontamination préventive" (que d'autres nomment plus prosaïquement "destruction") d'un champ de colza génétiquement modifié à Gaudies (Ariège) en le récoltant avant maturation. Suite à cette action, plusieurs centaines de chercheurs ont protesté publiquement et un dialogue s'est engagé entre les citoyens alarmés par ses essais et les chercheurs.
Aujourd'hui, 3 des militants qui ont participé à cette action sont poursuivis par le CETIOM (Centre Technique des Oléagineux) et mis en examen.
Nous, citoyens dont la liste suit... nous déclarons solidaires de l'action menée par ces militants. Nous pensons en effet que la commercialisation et la mise en culture des plantes transgéniques est arrivée bien trop tôt, sans aucun recul scientifique, ni évaluation d'impact économique ou social, sans parler de l'aspect éthique du droit de manipuler les génomes... Quatre variétés de colza en Europe bénéficient d'une décision communautaire d'autorisation de mise sur le marché. Pourtant, aucune d'entre elles n'est cultivée car la France a appliqué la clause de sauvegarde de la directive européenne 90/220. En toute logique, les chercheurs procèdent à des essais pour évaluer l'innocuité de ces variétés : pourquoi donc détruire ces parcelles expérimentales, s'insurgent les chercheurs dont deux équipes (INRA et CNRS) ont déjà mis en évidence les croisements possibles entre le colza et la ravenelle? C'est que les citoyens sont inquiets, et le seront d'autant plus que la transparence, pourtant prônée par tous les acteurs, n'est pas appliquée sur le terrain : à quoi servent les essais en cours ? Quels sont les risques encourus ? Est-ce bien utile de prendre de tels risques ? Pourquoi ces essais n'ont-ils pas lieu en milieu fermé ? Ne peut-on simuler la diffusion des transgènes par d'autres méthodes ? Les recherches en biotechnologie laissent-elles encore la place à d'autres solutions alternatives moins risquées ? Toutes ces questions, mises au grand jour par ces militants inquiets et persévérants, impliquent qu'un moratoire total soit décrété sur la commercialisation et la mise en culture des plantes transgéniques. Et côté recherche, si les scientifiques ne souhaitent pas être obligés de travailler sous la protection rapprochée et permanente d'une compagnie de CRS, un dialogue clair sur les objectifs poursuivis, les risques encourus, et les alternatives possibles doit s'engager avec la société civile dont ils font aussi partie. Les conditions d'expérimentation acceptables par le public doivent être discutées et définies.
Lorsqu'un Mac Do est illégalement démonté, la société civile du monde entier est capable de reconnaître la légitimité d'une telle action. Lorsque la Commission européenne impose de lever l'embargo sur le boeuf britannique, les politiques français unanimement, et courageusement, osent s'opposer à cette décision, en mettant en avant le principe de précaution. Nous savons que le fameux "bon sens" des citoyens, souligné par Guy Paillotin, ex président de l'INRA, est partagé par certains politiques et chercheurs. Puisse-t-il s'exprimer chez les responsables du CETIOM, pour qu'ils retirent leur plainte et engagent, avec leurs collègues des autres instituts techniques et de recherche, et avec la société dans son ensemble, une véritable réflexion sur les objectifs et les conditions de telles expériences. Aujourd'hui injustement mis en examen, ces militants visionnaires recevront demain de vives félicitations. Nous renouvelons pour notre part notre solidarité totale avec leur démarche «préventive et non violente» et Frederic Prat - GEYSER Rue haute - F- 34270 Claret - FRANCE Tel +33 (0) 4 67 02 82 09 - Fax +33 (0) 4 67 02 81 59 L'association Terre sacrée, solidaire de ces trois militants visionnaires, signe ce communiqué.
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