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Par La rédaction du Post , le
11/10/2007
On n'avait pas vu forcément les choses sous cet angle, mais les
biocarburants risquent d'augmenter la famine. Explications.
Le rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation, Jean Ziegler,
a demandé ce jeudi un moratoire international sur la production de
biocarburants, afin de lutter contre la hausse des prix alimentaires.
Comment ça marche ?
La surface agricole sur terre est plus ou moins fixe.
Si on utilise plus de surfaces pour les biocarburants, on en a moins pour les
produits alimentaires. Du coup, les prix de ces produits alimentaires pour les
humains augmentent.
On assiste déjà depuis plusieurs mois à une flambée des prix agricoles.
Et ce sont d'abord les pays pauvres qui sont pénalisés.
Biocarburant très gourmand
Jean Ziegler met en garde : "Il faut 232 kilos de maïs pour faire un plein de
cinquante litres de bioéthanol". Or, pour lui, "Avec cette quantité de maïs,
un enfant peut vivre pendant un an".
Déjà, au Brésil, on préfère faire pousser des biocarburants plutôt que des
produits alimentaires.
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Un risque d'"hécatombe"
La conversion des terres aux biocarburants "va créer des hécatombes"
s'inquiète le rapporteur de l'Onu.
Il prévoit une baisse de l'aide alimentaire envoyée par les pays riches aux
pays en développement. En effet, si les prix sont plus élévés, l'aide sera
moindre. Il conclue : "C'est une catastrophe totale pour les affamés du
monde."
Pourquoi un moratoire ?
Le 25 octobre il proposera à l'Assemblée générale de l'ONU d' interdire la
conversion de terres à la production de biocarburants (au moins pendant cinq
ans).
M. Ziegler espère que, passé ce délai, la science aura suffisamment avancé
pour pouvoir passer aux biocarburants de deuxième génération, produits à
partir de déchets agricoles ou de plantes non agricoles, comme le jatropha qui
pousse naturellement sur des terres arides.
Un homme engagé
Jean Ziegler fait figure d'Ovni à l'Onu. Il a ainsi affirmé :
"Etant donné l’état actuel de l’agriculture dans le monde, on sait qu’elle
pourrait nourrir 12 milliards d’individus sans difficulté. Pour le dire
autrement : tout enfant qui meurt actuellement de faim est, en réalité,
assassiné."
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