Le 19 septembre 2006 : Un travail bénévole de S. M. que nous remercions vivement.

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«L'homme agit dans la nature comme il ne le ferait jamais chez lui»

environnement, nature, vert, écologie, biologique, planète Terre

 

Le 20 décembre 2006, un travail bénévole de S. M..

S. M., le 19 mars 2007

VIE. Vice-président de l'Union mondiale pour la nature, Jean-Christophe Vié dénonce l'effet dévastateur du profit sur la biodiversité.

 

Christine Bouchardy
Lundi 4 février 2008

Si l'on commence à entrevoir les effets du réchauffement climatique, on connaît beaucoup moins l'impact que pourrait avoir l'appauvrissement de la biodiversité sur notre vie.

 Interview de Jean Christophe Vié, vice-président de l'Union mondiale pour la nature (UICN) et auteur d'un livre récent sur le sujet*.

- De quelles données dispose-t-on pour affirmer que la vie sur notre planète est menacée?

Jean-Christophe Vié: Grâce au travail des milliers d'experts de l'Union mondiale pour la nature, nous publions chaque année une Liste rouge des espèces menacées: sur plus de 41 400 espèces dont le statut a été passé sous la loupe, 16 308 figurent sur la liste, universellement reconnue comme étant le baromètre des espèces vivantes. En 2004, dans la revue Science, nous avons rapporté qu'un tiers des batraciens sont amenés à disparaître. En fait, toutes les données à disposition convergent vers la même conclusion: une chute vertigineuse des espèces.

- Y a-t-il encore des personnes mettant en doute ce phénomène?

- Ceux qui nient l'évidence sont souvent à l'origine de la perte de la biodiversité. Ils n'ont aucune envie que les choses changent. Il existe un véritable lobbying protégeant les intérêts corporatifs contre ceux de la nature. Si ce n'était pas si grave, leurs arguments me feraient sourire. Mais leur responsabilité dans la désinformation du public est très grave.

- Pourquoi la biodiversité disparaît-elle?

- L'homme, la société de consommation, le culte du profit immédiat. Comme tout ce que produit la nature est gratuit, l'homme se sert sans se soucier de la gestion des stocks. Il a inventé le gâchis. Il agit dans la nature comme il n'oserait jamais le faire chez lui. Pour augmenter le rendement, il n'hésite pas à faire de la monoculture intensive, à polluer, à créer des OGM, à couper des forêts... Il faut avoir vu l'immense surface de forêt rasée en une journée par quelques personnes déterminées pour mesurer la fragilité de la nature.

- On parle beaucoup des forêts, qu'en est-il de nos océans?

- S'il est un lieu où se concentrent aujourd'hui des pratiques désastreuses pour l'avenir de la planète, c'est l'océan. On a tous en tête des images de la forêt amazonienne. Le pillage des océans, lui, se fait hors de notre vue. C'est une véritable zone de non-droit. Lorsque le poisson a disparu de la surface, les chalutiers vont le chercher plus loin en raclant les fonds marins. Quelques espèces seulement sont gardées. Des milliards d'étoiles de mer, de coraux centenaires sont des victimes collatérales. Que dirions-nous si des chasseurs rentraient dans les forêts avec des bulldozers, abattant tous les arbres, tirant sur tous les animaux, pour les trier plus tard et ne garder que ce qui leur paraît économiquement intéressant?

- En quoi la disparition d'une espèce lointaine met-elle en péril notre propre vie?

- Toutes les espèces sont liées les unes aux autres par une multitude de liens directs qui toucheront l'homme tôt au tard. Par exemple, les populations d'abeilles déclinent fortement. C'est un petit insecte de rien du tout. Pourtant, la fructification des trois quarts des plantes agricoles et celle de la quasi-totalité des arbres fruitiers dépendent de ces insectes. Aux Etats-Unis, la pollinisation devient un réel problème. Des centaines d'espèces ont déjà disparu et l'homme est toujours là. Oui, mais pour combien de temps?

- Est-ce encore en notre pouvoir d'infléchir le cours des choses?

- Nous n'avons plus le choix. Les gouvernements reconnaissent aujourd'hui l'importance de l'enjeu. Alerter, l'opinion publique est aussi déterminant. Le problème de la vie sur notre planète nous touche tous. Personne ne peut vivre hors sol. Alors pourquoi n'existe-t-il pas dans les grands quotidiens une rubrique «nature et espèces». Desmécènes pourraient aussi se passionner pour les espèces, qui sont plus que des oeuvres d'art. Surtout ne zappons pas en disant: «C'est foutu, alors autant en profiter...»

*«Le jour où l'abeille disparaîtra...», de Jean-Christophe Vié, Ed. Arthaud, Paris, 2008. (On trouve la Liste rouge sur http://www.iucnredlist.org)

S. M.

S. M., le 23 janvier 2007

Bonobo : Qu'est-ce que c'est que ce binz?Anne Esperet

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