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Le bilan écologique des
agrocarburants est plutôt mitigé. En effet, l'utilisation de ceux-ci ne
permettrait pas forcément de limiter les émissions de gaz à effet de serre,
selon les chercheurs.
L'usage des agrocarburants ne permettra pas systématiquement de limiter les
émissions de gaz à effet de serre, et il serait plus efficace de conserver les
milieux naturels en bon état : telle est la conclusion d'une étude parue dans la
revue Science, récemment, et cosignée par Renton Righelato, du World Land Trust,
une organisation de conservation des écosystèmes, et Dominick Spracklen, de
l'université de Leeds (Grande-Bretagne).
Le bilan écologique des agrocarburants est souvent critiqué sur la base de la
comparaison entre l'énergie dépensée pour les produire et celle qu'ils
fournissent. Le solde est généralement assez médiocre, voire négatif.
Le bilan écologique des agrocarburants est souvent critiqué sur la base de la
comparaison entre l'énergie dépensée pour les produire et celle qu'ils
fournissent. Le solde est généralement assez médiocre, voire négatif.
Mais la démarche de Renton Righelato et de Dominick Spracklen est plus originale
: ils ont cherché à comparer les émissions de gaz carbonique économisées par les
cultures d'agrocarburants et celles évitées par d'autres usages du sol. En
collationnant nombre d'études, ils ont confronté les bilans des usages du sol :
canne à sucre,
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blé, maïs ou betterave
destinés à la production d'éthanol ou de diesel, conversion de forêts
tropicales en cultures, conversion de cultures en forêts.
Conserver les forêts
Par exemple, la culture du blé pour faire de l'éthanol permet d'éviter, par
la substitution au pétrole, entre 0,2 et 0,6 tonne de gaz carbonique par
hectare et par an. Mais la conversion, aux Etats-Unis, de cultures en forêts
de pins permet (par la croissance des arbres) d'économiser 3,2 tonnes de gaz
carbonique par hectare et par an. Mieux vaudrait donc faire pousser des
arbres que cultiver des céréales destinées à faire rouler des automobiles.
La canne à sucre a le meilleur rendement des agrocarburants existants : près
de 2 t/ha d'émissions évitées. Mais c'est beaucoup moins que ce que
permettrait d'économiser la transformation de cultures en forêt tropicale
(entre 4 et 8 t/ha), et désastreux si la canne à sucre se développe par la
déforestation (qui "coûte" près de 200 t/ha par an d'émissions).
Au total, constatent les chercheurs, si les responsables politiques veulent
privilégier le bilan écologique, "ils seraient mieux avisés de se concentrer
sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des combustibles fossiles, de
conserver les forêts et les savanes, et de restaurer les forêts naturelles
et les prairies sur celles des terres qui ne sont pas nécessaires pour
l'alimentation".Cette démarche présenterait de surcroît des avantages en
matière de biodiversité et de santé des écosystèmes.
Hervé KEMPF
Le Monde 2007
Distribué par
The New York Times Syndicate
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