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Par Catherine bourgeois le 16 mai 2005 pour TERRE SACREE. Premier volet. ________________________
Le Brésil, le Surinam, la Guyane (France), le Venezuela, la Colombie, l’Equateur, le Pérou et la Bolivie se partagent la plus grande des forêts tropicales de la planète, l’Amazonie qui s’étend sur environ 3,7 millions de km2. Le Brésil en détient la plus grande partie même si la majorité de ses habitants occupe principalement le Pérou et l’Equateur. L’Amazonie est traversée par le plus grand fleuve du monde, l’Amazone (7200 km de longueur). On dénombre 698 252 Amérindiens pour l'ensemble de la Grande Amazonie (1). Le recensement s’avère difficile car certaines ethnies sont soit totalement hostiles soit refusent le contact avec l’extérieur (7100 amérindiens environ). Le plus grand drame de l’Amazonie a démarré lorsque l’Etat envisagea, en 1970 d’intégrer l’Amazonie à l’espace national brésilien, en lançant la Transamazonienne (4200 kilomètres de routes pourtant totalement inutilisables pendant les périodes importantes de pluie). Ces routes vont jouer un rôle déterminant dans la colonisation (agricole, élevage de bovins) et l’exploitation d’essences exportables notamment vers la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon ainsi que l’utilisation au niveau national d’essences de moindre qualité. L’espace amazonien se fait piller, brûler et grignoter avec une constance impitoyable, repoussant les différentes ethnies l’occupant de plus en plus profondément dans la forêt, détruisant progressivement la biodiversité qui permet l’organisation de la biosphère et déséquilibrant la biocénose, c’est-à-dire la totalité des êtres vivants qui peuplent cet écosystème. Malgré les alertes et les interventions de toutes sortes y compris par les ONG telle Rainforest International, ou la Fondation Raoni (Raoni, Chef de Kayapo mis en vedette par Sting en 1989 et en 2000), l’Amazonie est donc gravement menacée et la disparition de celle que l’on nomme le « poumon vert de la planète » ne sera pas sans incidence gravissime sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui certaines Ethnies, tels les Kayapo ou Mebêngokre (les gens du trou de l’eau) sortent de leur réserve et n’hésitent pas à se déplacer en France (Choisy le Roi les 21 et 22 mai prochain à l’occasion de la fête de l’Oh /Eau) pour tenter, par leurs interventions, de lutter pour la préservation de leur environnement et aussi contre la destruction à grande échelle par la civilisation de leur milieu naturel ayant pour conséquences : la déforestation, la colonisation, le vol de leur terres… Les estimations actuelles portent sur une destruction de la forêt amazonienne de l’ordre de 5,8 millions d’hectares par an. Cette déforestation progresse d’année en année et les études scientifiques établissent que le cycle de vingt cinq à trente ans nécessaire pour la régénération n’est désormais plus respecté. Certains scientifiques (2) affirment aujourd’hui que le bilan carbone de la forêt amazonienne pourrait devenir positif dans un futur proche, à savoir que le poumon de la planète deviendrait un émetteur de gaz à effet de serre. En effet, les centaines de millions de gaz à effet de serre rejetés à l’heure actuelle et chaque année dans l’atmosphère du fait du défrichement de la forêt amazonienne sont actuellement presque entièrement absorbés par elle. Cet équilibre sera immanquablement compromis si des surfaces de plus en plus importantes de forêt sont coupées et fertilisées par la culture sur brûlis.
(1)
Les populations de la
Grande Amazonie par Etat population indigène, nombre d'ethnies moyenne par
ethnie densité indigène
http://www.ulb.ac.be/ (2) Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ; Global and Resource Information Database, Grid, Genève, Suisse ; Grid-Arendal, Norvège. (extrait du monde diplomatique)
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