|
Donnez votre avis sur le sujet à |
Demandons à l'Europe d'imposer un moratoire sur l'exploitation des ressources en Arctique25 septembre 2007 Moratoire Emile Vivier, Antoine Bonte, Alfred Leclercq Présenté par Nord Ecologie Conseil En quoi un Danois, un Canadien, un Russe, un Américain, a-t-il plus de légitimité qu'un Aborigène, un Péruvien, un Malien, un Malgache pour revendiquer des réserves accumulées sous l'océan Arctique à une époque où l'espèce humaine n'était encore qu'une improbable possibilité de l'évolution. Ce qui est vrai dans l'espace l'est aussi dans le temps : en quoi une quinzaine de générations s'autorise le droit de piller, au profit d'une minorité, des réserves inaliénables propriété du Vivant passé, présent et futur. L'Humanité dispose peut-être d'une dernière chance pour se sauver et comprendre enfin l'étendue du problème auquel les générations futures auront à faire face. Ne pourrissons pas l'océan arctique comme nous avons pourri le Rhône et tant d'autres fleuves et rivières. En 50 ans la température moyenne de la terre a augmenté d'environ 0.6 °C, mais la température de l'Arctique a augmenté de 2.1°C. Il y a fort à craindre une accélération de cette évolution : la diminution de la banquise entraîne un réchauffement de l'eau liquide et la fonte du permafrost dégage de grandes quantités de méthane, gaz hautement actif par effet de serre, sans compter les risques de fonte de la calotte polaire du Groenland et les risques de modification du Gulf Stream bel exemple de réaction positive. Ces variations, beaucoup trop rapides à l'échelle géologique, ne permettront pas à la Planète de s'adapter comme elle a su le faire de nombreuses fois dans son histoire. L'effet anthropique de ces changements devient de plus en plus difficile à nier, sauf peut être par ceux qui y voient, à court terme, une formidable opportunité d'accéder à ce qui semble être un potentiel de « richesses » pétrolières, gazières et autres. Au risque de dégrader encore plus l'état de la Planète, les appétits s'aiguisent, une guerre économique se prépare, en attendant probablement plus. Peut on imaginer que l'extraction de ces ressources n'engendre pas, dans l'état actuel de nos technologies des pollutions qui dégraderont encore plus l'état de l'Arctique, sans compter les risques d'accidents quasiment inévitables, de guerres, de sabotages ou d'attentats. Ces richesses n'appartiennent t-elles pas à l'ensemble de l'Humanité, n'avons-nous pas déjà pillé suffisamment la Terre au détriment des générations futures pour ne pas décréter un moratoire sur cette région si importante pour la maintien de conditions de vie acceptables sur toute la Planète ?
|
Dans l'état actuel des techniques, ces exploitations seront coûteuses, dangereuses, aussi bien pour la Planète que pour ceux qui y travailleront. Investissons cet argent dans des énergies renouvelables, dans des techniques de traitements des déchets et de récupérations efficaces, de réparations d'espaces de vie et lorsque l'avenir de notre espèce ne sera plus menacé, il sera toujours temps pour les générations futures de décider ce qu'il conviendra de faire de ces ressources naturelles. L'écologie humaniste, celle qui veut préserver un avenir acceptable pour la Planète et ses occupants, elle doit « faire le pont » entre toutes les sensibilités politiques et philosophiques. Ce projet sera soumis aux différentes organisations politiques, leurs dirigeants, leurs élus, aux ONG et à des personnalités pour obtenir un soutien le plus large possible. Sauf indication contraire, les soutiens obtenus pourront être publiés
Emile Vivier : agrégé de Sciences Naturelles, docteur en biologie,
professeur de Biologie animale à l'Université des Sciences de Lille où il a
mis en place des cours d'écologie dès 1975, Antoine Bonte : ingénieur
I.D.N (devenue Ecole Centrale de Lille), docteur en géologie.
Source : nordecologieconseil@free.fr |

|
|