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Mars 2006. Swissinfo, Antoinette Schwab.
Traduction inédite et bénévole pour Terre sacrée de JP Cattelain.
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Des chercheurs suisses ont mis au point un biocapteur qui émet une
lumière lorsqu'il détecte de l'arsenic, et l'ont testé avec succès sur l'eau
de boisson au Vietnam.
Cette avancée, couronnée par un prix, pourrait bien améliorer la qualité de
vie chez des millions de gens confrontés à de graves problèmes de santé
causés par la consommation d'eau contaminée par l'arsenic.
L'arsenic peut avoir pour conséquence un empoisonnement chronique s'il est
ingéré régulièrement à doses minimes, et constitue un problème aigu au
Bangladesh et au Vietnam. On en trouve aussi dans l'eau de boisson en Chine,
en Argentine, en Hongrie, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis.
Des chercheurs à l'Institut Fédéral Suisse de Sciences et Technologies de
l'Eau ont mis au point un biocapteur qui affiche le niveau d'arsenic dans
l'eau.
Les biocapteurs détectent une substance en combinant un composant biologique
et un composant de détection physico-chimique. Ils utilisent fréquemment des
organismes qui réagissent aux substances toxiques, pour nous avertir de leur
présence, à un niveau de concentration beaucoup plus bas que ne le font les
humains.
En utilisant des bactéries génétiquement modifiées qui émettent une lumière
au contact de l'arsenic, le biocapteur rend possible le repérage de l'eau de
boisson contaminée.
Dans la mesure où la bio-illumination est proportionnelle à la concentration
d'arsenic, un signal lumineux plus brillant signale une présence plus forte
d'arsenic.
Succès sur le terrain
L'utilisation de biocapteurs pour déterminer le niveau d'arsenic n'est pas
une idée nouvelle, mais c'est la première fois que cette technique est
couronnée de succès sur le terrain.
Selon les chercheurs de l'Institut Fédéral Suisse de Science et Technologie
de l'Eau, presque toutes les faiblesses de ce procédé de test étaient
cantonnées à un domaine qui n'est pas pertinent à la mesure de l'arsenic
dans l'eau de boisson ».
Les échantillons analysés avec ce biocapteur provenaient du Delta du Mékong
et du Delta du Fleuve Rouge au Vietnam.
L'équipe de chercheurs comprenait des experts des Universités de Hanoi et de
Lausanne.
En complément de leur recherche sur le biocapteur, les chercheurs
travaillent à découvrir des moyens d'éliminer l'arsenic des systèmes
d'adduction.
La demande
Il y a une forte demande de tests rapides, fiables et économiques sur les
sites mêmes, car la mesure de l'arsenic dans les systèmes de distribution
est délicate. Même dans les eaux de surface, les niveaux d'arsenic varient
considérablement, d'extrêmement toxique à quasiment inoffensif.
L'arsenic ne peut se détecter ni à la vue ni au goût, et pénètre les
réserves d'eau potable en provenance de dépôts dans la terre ou du fait de
pratiques agricoles et industrielles.
Les premiers symptômes de l'empoisonnement sont des crevasses et des
cicatrices sur la peau, se poursuivent par des problèmes respiratoires et
cardio-vasculaires, et aboutissent à diverses formes de cancer.
Il n'existe pas actuellement de traitement spécifique de l'empoisonnement
par l'arsenic. Durant ses phases initiales, il peut disparaître si on
s'abstient tout simplement de boire de l'eau contaminée. Des protéines et
certaines vitamines peuvent aussi aider le corps à se défendre.
Parce que les personnes sous-alimentées sont plus sujettes à ses effets, ce
sont les pauvres qui sont le plus affectés par l'empoisonnement par
l'arsenic.
http://www.swissinfo.org/sen/ |