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http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2948 Par Fred Pearce
- New Scientist. 3 décembre 2005
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La vogue des énergies vertes dans les régions développées a un effet pervers
: elle encourage la destruction des forêts tropicales. Des réserves d’orang-outans
de Bornéo à la forêt amazonienne du Brésil, on rase les forêts vierges pour
y faire pousser des palmes à huile et du soja qui servent de carburant pour
les véhicules et les centrales électriques d’Europe et d’Amérique du Nord.
De plus, une hausse des prix va probablement accélérer cette destruction.
Cette hâte à produire de l’énergie à partir d’huiles végétales se fonde en
partie sur les directives de l’UE qui promeuvent l’utilisation des
biocarburants, et par des exonérations de taxes pouvant aller jusqu’à 20
pence (30 cts environ) au litre, le but étant de respecter les quotas
définis par le protocole de Kyoto pour la réduction d’émissions de gaz à
effet de serre.
La demande croissante d’énergies « vertes » a provoqué une hausse du prix de
l’huile de palme, qui pourrait entraîner des conséquences néfastes. «
L’accroissement de la production d’huile de palme constitue l’une des
principales causes de la destruction des forêts tropicales en Asie du
Sud-Est. Ce bien de consommation figure en bonne place au palmarès des
nuisances environnementales, » déclare Simon Counsell, directeur de la
Rainforest Foundation (Fondation pour la forêt tropicale), un organisme basé
au RU. « Il semble bien qu’une fois de plus, nous nous déchargeons de nos
problèmes d’environnement sur les pays en voie de développement, où ils
produisent des effets dévastateurs sur la population locale. »
Outre l’huile de palme, on emploie l’huile de soja. Hélas, le soja est le
principal responsable de la destruction de la forêt tropicale en Amazonie
brésilienne. Leurs partisans insistent sur le fait que les biocarburants
neutres du point de vue du carbone ; en effet le CO2 dégagé lors de leur
combustion est réabsorbé par les plantes à partir desquels ils sont
produits. Pour les moteurs diésels, l’intérêt est d’autant plus grand
qu’aucune modification n’est nécessaire pour les faire fonctionner aux
huiles végétales ; en Allememagne, la production de bio-diésel a doublé
depuis 2003. On projette aussi de se servir d’huile de palme pour alimenter
les centrales électriques.
Hier encore, le minuscule marché européen des biocarburants était dominé par
l’huile de colza. Mais un accroissement de la demande émanant du marché de
l’alimentation a également provoqué une hausse du prix de l’huile de colza,
ce qui a conduit les fabricants de carburants à se tourner vers les huiles
de palme et de soja. Pour le seul mois de septembre les prix de l’huile de
palme ont bondi de 10% et on prévoit que cette hausse atteindra 20% l’an
prochain : la demande mondiale en biocarburants est en augmentation, elle
atteint 25% par an.
Roger Higman, des Amis de la Terre RU, organisation en faveur des
biocarburants, dit : « Nous devons nous assurer que la production de
biocarburant répond à des critères de durabilité, sans quoi nous allons nous
retrouver avec des forêts tropicales défrichées et remplacées par des
cultures destinées au biodiésel. »
Fred Pearce, New Scientist
New Scientist n°2526, 22 novembre 2005, p. 19
www.newscientist.com/article.ns
Traduction : C-F Karaguézian |