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| (Associated Press) - Dimanche 22 février 2004 ________________________________ Par Roxana HEGEMAN
WICHITA (Kansas) - Plus de 10.000 ans après les premières récoltes de blé sauvage par des chasseurs nomades, des chercheurs se penchent sur la possibilité d'intervenir génétiquement dans la composition de la plus ancienne céréale cultivée par l'homme, parallèlement à ce qui semble être l'un des derniers combats autour de l'alimentation génétiquement modifiée.
Disposant d'un génome cinq fois plus étendu que celui de l'être humain, le blé est si complexe qu'il figure parmi les dernières grandes céréales concernées par la manipulation génétique. Cette branche basique de l'industrie alimentaire est depuis au centre de la controverse relative aux OGM.
Le blé génétiquement modifié ne sera mis à la disposition des exploitants qu'après l'approbation de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA), le Service des médicaments et de l'alimentation (Food and Drug Administration) et le Secrétariat américain à l'Agriculture (U.S. Agriculture Department).
« Pour les anti-OGM, il s'agit de l'ultime combat concernant une grande céréale », déclare Harold TRICK, chercheur spécialiste du blé et professeur assistant à l'Université d'Etat du Kansas. « S'ils échouent, il leur sera difficile de s'en remettre et de repartir ».
Les consommateurs européens et une partie de ceux vivant en Asie redoutent que les aliments génétiquement modifiés soient malsains et nocifs pour l'environnement.
La lutte provoquée par les biotechnologies est notamment marquée dans le Dakota du Nord, où les opposants aux OGM proposent d'organiser un référendum qui légitimerait le pouvoir du délégué à l'Agriculture de l'Etat d'autoriser -ou non- les exploitants [du Dakota] à planter cette nouvelle céréale.
Les producteurs, quant à eux, sont essentiellement préoccupés par leurs perspectives futures d'exportation de blé génétiquement modifié.
Selon le Centre de politique agricole et d'études commerciales (CAPTS) de l'Université du Nord Dakota, plus de 50% du blé cultivé à travers les Etats-Unis au printemps est voué à l'exportation, dont environ 47% vers les pays qui avaient préalablement affirmé qu'ils refuseraient d'importer tout blé génétiquement modifié.
Quoi qu'il en soit, les passions déchaînées par le blé transgénique ne sont pas près de se calmer dans l'Etat du Kansas, qui reste le plus gros producteur de blé du pays.
Le Kansas cultive également des variétés hivernales de blé. L'introduction de la biotechnologie débutera avec les espèces de printemps, qui sont principalement présentes dans le Dakota du Nord et du Sud, le Montana et le Minnesota.
L'entreprise Monsanto Co., basée à St Louis, dit développer une variété printanière génétiquement modifiée qui, d'ici six ans, devrait permettre aux producteurs d'utiliser des herbicides sans pour autant tuer la céréale.
Pour David FREY, membre de la Commission du blé du Kansas (KWC), une modification de ce type ne présente qu'un moindre intérêt pour les producteurs de variétés d'hiver, qui sèment en automne et récoltent au début de l'été avant que la plupart des mauvaises herbes ne prenne racine.
La commission KWC, fondée par un groupe de défense des producteurs dont la mission est de promouvoir le commerce du blé à l'échelle mondiale, finance une grande partie de la recherche génétique de l'Université d'Etat du Kansas.
Elle a notamment participé à l'acquisition d'un séquenceur génétique pour des chercheurs de l'Université, et a cette année débloqué un fonds de 96.737 Dollars US en faveur de la recherche transgénique sur le blé. Ces travaux pourraient un jour déboucher sur le développement de variétés résistantes à la sécheresse et aux maladies.
Il y a deux mois, des chercheurs de l'Université du Kansas sont parvenus à cloner un gène de résistance à la rouille des feuilles, remontant ainsi le moral des cultivateurs d'un Etat où 100 millions de Dollars ont été perdus l'an dernier du fait de telles maladies affectant tiges et feuilles.
Un des chercheurs, Bikram GILL, rappelle que jusqu'ici les travaux n'ont pas été étendus à la reproduction du blé en raison de l'incertitude qui pèse sur l'espèce génétiquement modifiée.
« Mais les scientifiques espèrent que le savoir supplémentaire qu'ils acquièrent au cours de telles recherches pourra aussi être mis à profit sur le terrain, afin de développer de nouvelles variétés issues cette fois des processus naturels de reproduction », ajoute monsieur TRICK.
À titre d'exemple, leur succès à l'occasion du clonage du gène de résistance à la rouille végétale leur a fourni une « caractéristique génétique » qui permet désormais d'identifier les plantes naturellement résistantes à cette infection.
À l'heure actuelle, l'effort internationalisé de scientifiques désirant établir la « carte génétique » du blé constitue sans doute le projet en cours le plus ambitieux : pour les chercheurs, le génome du blé est sûrement le plus étendu jamais séquencé.
Un groupe de scientifiques de nationalités diverses se réunira l'été prochain afin de planifier ce séquençage du blé, dont l'achèvement est espéré pour 2010.
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Ressources consultables sur Internet (anglais US) :
Crop Choice: HTTP://www.cropchoice.com/ Environmental Working Group: HTTP://www.ewg.org Kansas Wheat Commission: HTTP://www.kswheat.com/ Pew Initiative on Food and Biotechnology: HTTP://pewagbiotech.org ***
--- HTTP://seattlepi.nwsource.com/business/apbiz_story.asp?category=1310&slug=Farm%20Scene
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