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08 novembre 2007
Paris, France — Le 08/11/07 - Un mois avant la conférence des Nations Unies
à Bali qui décidera des suites à donner au protocole de Kyoto, un nouveau
rapport de Greenpeace «Cooking the Climate» révèle comment en Indonésie, de
grands groupes industriels, Unilever, Nestlé ou Procter & Gamble, se rendent
complices du réchauffement climatique en participant à la destruction des
espaces forestiers tropicaux au profit d'immenses cultures de palmiers à
huile. Pourtant, protéger les forêts anciennes encore préservées est un moyen
économique et efficace pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de
serre (GES).
La destruction des forêts est responsable de 20% du total des émissions de GES
dans le monde. En raison de la très rapide et très importante destruction de
ses forêts, l'Indonésie est le troisième plus gros émetteur de GES au monde
après la Chine et les Etats-Unis et juste devant le Brésil. Le pays a perdu en
50 ans 72 % de ses forêts anciennes. Celles-ci sont notamment remplacées par
d'immenses cultures de palmiers à huile. Très bon marché, l'huile de palme est
utilisée de façon croissante dans l'alimentation, les cosmétiques et pour la
production d'agrocarburants.
Les zones déforéstées en Indonésie sont principalement les tourbières,
écosystèmes particuliers et fragiles de forêts marécageuses, qui sont de très
importants puits de carbone. La destruction des seules tourbières
indonésiennes contribue à 4% du total des émissions de GES dans le monde…
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La province de Riau, sur l'île
de Sumatra, abrite le quart des cultures de palmiers à huile d'Indonésie. Or,
des projets massifs d'expansion portent sur plus de 3 millions d'hectares.
Cette expansion aura des conséquences dramatiques sur l'équilibre du climat
puisque ces tourbières stockent 14,6 Giga tonnes de carbone, l'équivalent d'un
an d'émissions de gaz carbonique dans le monde. Les investigations de
Greenpeace à Riau ces derniers mois rapportent comment un producteur majeur
d'huile de palme, Duta Palma, détruit les tourbières en complète violation
avec la loi indonésienne.
L'huile de palme produite à Riau est introduite dans la chaîne alimentaire par
des marques comme Flora, Pringles, Mc Cain ou KitKat. « Nous accusons de
grandes multinationales comme Unilever, Nestlé et Procter & Gamble de fermer
délibérément les yeux sur la destruction des tourbières et d'aggraver ainsi le
réchauffement de la planète pour bénéficier d'huile de palme à bon marché ! »
déclare Gregoire Lejonc, chargé de campagne forêt à Greenpeace France.
Le rapport de Greenpeace illustre également à quel point l'expansion de la
demande d'agrocarburants menace les forêts tropicales... En Indonésie, pour
répondre aux besoins croissants du marché et notamment pour répondre aux
objectifs européens de 20% d'énergies renouvelable à l'horizon 2020 incluant
10% d'agrocarburant dans le secteur des transports, il faudrait détruire 15
millions d'hectares de forêts supplémentaires pour mettre en place des
cultures de palmiers à huile. « Sans l'instauration de sérieux garde fous, nos
gouvernements vont contribuer à détruire les forêts tropicales et à accroître
les émissions de gaz carbonique… au nom de la protection du climat ! Le
soutien européen aux agrocarburants de 1ere génération doit être de toute
urgence repensé ! » ajoute Gregoire Lejonc.
Greenpeace demande au gouvernement Indonésien d'adopter de toute urgence un
moratoire sur la coupe rase des forêts et la destruction des tourbières.
Par ailleurs, lors de la conférence des Nations Unies sur le climat de Bali du
3 au 15 décembre, les responsables politiques doivent prendre en compte la
préservation des forêts tropicales et se mettre d'accord sur un mécanisme
d'aide à la préservation des forêts. Protéger les forêts anciennes est une
façon économique, rapide et efficace de réduire les émissions de GES.
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