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Vos réactions à ce sujet
De
rochflo.morin@savoir-mieux.fr
le 3 novembre 2005 :
Voici les remarques d'une
personne de mon entourage suite à la lecture de
votre article :
Merci pour cet article qui me donne la chair de poule et met noir sur blanc,
en clair, "la revanche "que Dame nature prend et va continuer à prendre
sinous ne parvenons pas à faire sentir à TOUS la nécessité d'équilibrer et
deréfléchir à notre développement industriel et à nos besoins.
En entendant nos politiques se
vanter des ventes d'avions et de l'ouverturedu marché automobile vers la
Chine, je panique à l'idée du besoin en énergieque cette population va
créer, même si au fond de moi, je souhaite vivement
que ce peuple connaisse autre chose sur plan social que ces
cinquantedernières années.
Quand à G Bush, j'espère que les
cyclones à répétition qui viennent de frapper les divers états l'amènent à
réviser sa position face à Kyoto...
Mais ça , j'en doute.
J'espère surtout que ses bourdes
vont faire bouger les américains et le regarder enfin tel qu'il est...
Quatre jours pour intervenir en Louisiane et... il OSE parader devant le
cercueil de cette femme noire qui a fait avancer le mouvement de libération
dans les années soixante... Ces gens-là auraient dû refuser ce faux honneur
! Je serais journaliste, je le clouerais au pilori de la une ! C'est une
honte pour un pays qui se prend pour le gendarme du monde et le "champion de
la morale", un tel bouffon !
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http://www.lematin.ma/
31.10.2005
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Certains pays se considèrent moins vulnérables et croient que les
catastrophes "ça n'arrive qu'aux autres". Détrompez-vous, tout le monde est
concerné ; les catastrophes naturelles sont devenues de nos jours très
fréquentes et touchent n'importe quel point de la Terre. La puissance d'un
Etat ne peut rivaliser avec celle de la nature.
Un pays comme les États-Unis s'est trouvé complètement dépassé et impuissant
devant le chaos engendré par les conséquences du cyclone Katrina. Le
désastre occasionné par ce cyclone vient révéler la fragilité de l'être
humain face à la puissance de la nature. Ce n'est que par la raison, la
science et la coopération que nous parviendrons à éloigner ou à réduire les
risques de ces catastrophes naturelles.
Depuis quelques années, des catastrophes naturelles de toutes sortes, de
plus en plus fréquentes et graves, font des milliers de victimes et
réduisent à néant ce que nous avons construit pendant des années. Aucun
continent n'y échappe et aucun pays n'est à l'abri de ces catastrophes. Les
avalanches, les mouvements de terrain, les feux de forêts, les inondations
dévastatrices, les cyclones puissants, les tempêtes violentes, les séismes
destructeurs mais aussi les raz de marées, les éruptions volcaniques, les
sécheresses prolongées, les invasions d'insectes nuisibles... Nous avons là
un panel de catastrophes dites naturelles, rapportées régulièrement par les
médias du monde entier ces dernières années, de n'importe quel point de
notre planète.
La canicule en Europe, pendant l'été 2003, a fait des milliers de victimes
en France ; le terrible Tsunami qui a frappé les pays riverains de l'Océan
indien a endeuillé le monde entier en cette fin d'année 2004 par le nombre
de victimes de plusieurs pays ; l'ouragan Katrina a peut-être fait des
milliers de morts en Louisiane et dans le Mississipi et a gravement
endommagé les infrastructures et l'économie des trois Etats du sud des
Etats-Unis.
Catastrophes dites naturelles mais souvent dues à l'irresponsabilité humaine
Les catastrophes naturelles se multiplient
tellement qu'on peut s'interroger sur la part qui est due à la nature et
celle qui dépend de l'activité humaine. Certes, on ne peut pas affirmer que
le Tsunami qui a dévasté les pays du Sud-Est Asiatique soit un effet
secondaire de la dégradation de l'environnement et de l'industrialisation
excessive, mais comment éviter de penser aux changements climatiques, quant
à la canicule en Europe et au cyclone Katrina qui a frappé le Golfe du
Mexique avec des vents de plus de 280km/h ?
Les événements climatiques extraordinaires ces
dernières années, comme le réchauffement de la terre, la canicule, la fonte
des anciens glaciers, la multiplication des cyclones violents et des
tempêtes de plus en plus puissantes sont des indices clairs d'un changement
climatique. Il faudra compter, à l'avenir, avec des risques climatiques d'un
genre nouveau qui provoqueront de gros dommages sur notre planète.
Nous devons donc nous habituer à ce que les étés caniculaires et les
cyclones dévastateurs hors saison soient plus fréquents, mais on doit aussi
s'y préparer. Il faut qu'on prenne en compte la réalité climatique
d'aujourd'hui et la nécessité d'agir de façon urgente. Le changement
climatique constitue un défi majeur pour toute l'humanité. Comment
interrompre cette évolution négative du climat qui menace l'avenir de notre
planète? Comment prendre en compte des évolutions à long terme dont nous
commençons à peine à percevoir les conséquences ?
La communauté scientifique est unanime : l'aggravation de l'effet de serre
depuis l'ère industrielle est principalement à l'origine du changement
climatique global et de la multiplication des anomalies climatiques à
l'échelle régionale.
C'est autour des deux pôles que le réchauffement climatique est le plus
visible : en Alaska, en Sibérie ou en Antarctique, la glace fond et la
toundra disparaît, modifiant profondément le paysage. Dans un rapport publié
en novembre dernier par l'ACIA (Arctic Climate Impact Assessment), le comité
chargé d'évaluer l'impact des changements climatiques en Arctique indiquait
que le continent Arctique se réchauffe trois fois plus vite que le reste de
la planète.
Un des exemples concrets du réchauffement climatique provoqué par l'activité
humaine est le Groenland: les données satellitaires montrent une diminution
grave de la masse du glacier d'Ilulissat, classé patrimoine mondial de
l'humanité par l'Unesco.
L'Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé
que le " trou dans la couche d'ozone" présent au-dessus de l'Antarctique
s'était élargi de façon spectaculaire en août.
La perte d'ozone pourrait atteindre son maximum annuel en septembre, selon
des observations du satellite d'environnement européen Envisat. Les données
de ce satellite indiquent une augmentation de l'ordre de 10 millions km2 du
trou d'ozone, soit la superficie de l'Europe. La question que posent de
nombreux scientifiques aujourd'hui, c'est comment faire régénérer cette
couche stratosphérique qui protége la Terre du rayonnement ultraviolet du
soleil ?
Selon le climatologue Kerry Emmanuel, qui a
publié une étude en août dans la revue "Nature", les cyclones qui frappent
l'Atlantique et le Pacifique se sont aggravés, à la fois en durée et en
intensité, d'environ 50% depuis les années 1970.
Dans le même temps, rappelle-t-il, les températures moyennes de la planète
ont augmenté, de même que le niveau de pollution dans l'atmosphère.
Les données météorologiques prévoient une
augmentation de la puissance des vents des cyclones d'environ 5% d'ici la
fin de ce siècle. De nombreux chercheurs affirment que le réchauffement
climatique a entraîné une hausse des températures des océans, milieux
propices pour la formation des cyclones. Cette température élevée de la
surface des océans favorise l'évaporation dont les cyclones tirent
l'essentiel de leur énergie.
Développement à outrance et non respectueux de l'environnement
Malgré les constats alarmistes et répétés sur le réchauffement climatique,
l'état de la couche d'ozone et le recul des glaciers, les Etats-Unis
d'Amérique qui produisent 45 % des gaz à effet de serre sont le seul pays du
G8 à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto (11 décembre 1997) qui
impose de réduire de 5,2% d'ici à 2012 les émissions des gaz à effet de
serre. George W. Bush, surnommé par les médias "premier pollueur de la
planète", est demeuré jusqu'à présent inflexible et sourd à toutes les mises
en garde des scientifiques et aux sollicitations de la communauté
internationale pour signer le protocole de Kyoto. Un rapport élaboré en 2003
par le Pentagone allait jusqu'à établir que le réchauffement climatique
pourrait être l'un des plus graves défis à la sécurité nationale des
États-Unis.
Mais ce cri d'alarme n'a pas été entendu jusqu'à présent par le président
George W. Bush. Peut-être que le drame que vit son pays lui fera prendre
conscience que la globalisation ou la mondialisation n'est pas seulement
économique et commerciale mais également écologique. Le réchauffement de la
Terre, les atteintes à la couche d'ozone n'ont pas d'effets néfastes
exclusivement à l'échelle locale et la façon de traiter ces défis n'est pas
utile qu'à l'échelle globale. Il est insensé que les 7 pays du G8 réduisent
leurs émissions de CFC si les Américains continuent à polluer la planète et
si les forêts tropicales sud-américaines, asiatiques et africaines ne sont
pas préservées. Le remède à cette dégradation avancée de l'environnement
vital pour l'humanité ne peut être efficace qu'à l'échelle mondiale.
Aujourd'hui, scientifiques et organisations écologiques disent qu'il est
indispensable d'aller au-delà du Protocole de Kyoto, c'est-à-dire de limiter
encore plus sévèrement les émissions des gaz à effet de serre. Pour réduire
cette dangereuse évolution du climat de la planète, les experts souhaitent
en effet un accord à l'échelle mondiale pour diminuer les émissions des gaz
de 30% d'ici à 2025 et de 65% d'ici à 2050. Mais pour l'heure, il semble
utopique d'imaginer la réalisation d'un tel objectif sans un changement
d'attitude des Etats-Unis, principaux pollueurs de la planète.
Le défi qui est posé à la communauté internationale aujourd'hui n'est pas de
limiter la croissance économique, mais d'assurer un développement
respectueux de l'environnement en maîtrisant la consommation énergétique et
en développant les énergies renouvelables. Le développement ne doit pas
détruire les écosystèmes et les ressources naturelles, ce qui à terme
ruinerait les conditions même de développement. Si les pays en développement
adoptent les mêmes modes d'industrialisation et de consommation que les pays
développés, la situation serait plus grave et il faudrait plusieurs planètes
pour satisfaire les besoins de la population mondiale.
L'enjeu majeur d'aujourd'hui et des années à venir sera la recherche en
commun de compromis, d'un véritable contrat entre la nature et l'activité
humaine. Il est temps que nous réagissions et prenions la mesure de ce que
nous sommes en train de faire subir à notre planète. L'accumulation de nos
erreurs, de nos mauvais choix, si elle n'a pas toujours de conséquences
immédiatement visibles, fait pourtant peser sur notre avenir des menaces à
long terme qui seront difficiles à contrer ou à corriger.
Il est évident que la détérioration de l'environnement est liée au
développement économique, mais les intérêts économiques en jeu sont tels que
les acteurs de l'économie et de l'industrie ont souvent tendance à minimiser
les conséquences de leur activité. Si l'homme en est responsable, il est
aussi la première victime de ces bouleversements climatiques et
environnementaux.
MOHAMED SIHADDOU
est ingénieur en télédétection
Toulouse/France |