Source : LE MONDE | 14.02.2002 pratique du clonage humain à des fins de reproduction pourrait rapidement voir le jour. s'est tenue, du 26 février au 1er mars, à New York, au siège de l'organisation. L'objectif de cette initiative est de parvenir, parallèlement aux dispositions législatives nationales, à la rédaction d'un texte contraignant dont la portée serait universelle. Une seconde audition d'experts est prévue pour septembre. La commission, sur la base de ce consensus, élaborera alors un mandat qui, une fois adopté par l'Assemblée générale de l'ONU, permettra de mettre en chantier le texte de la convention internationale. "Cette rencontre faisait suite à l'iniative de la France et de l'Allemagne, qui souhaitent que le clonage reproductif soit interdit à l'échelon planétaire, chaque pays pouvant prendre des dispositions particulières pour les différentes activités de recherche à partir des cellules souches embryonnaires et de la pratique du transfert nucléaire, explique le professeur René Frydman (hôpital Antoine-Béclère, Clamart), qui participait à la réunion new-yorkaise. Les différents échanges ont permis d'analyser les différentes opinions des délégations nationales face à cette question éthique." Pour le professeur Frydman, outre la position franco-allemande les Etats membres de l'ONU peuvent, schématiquement, être classés en deux groupes. "Il y a ceux - comme la Chine - qui estiment qu'il est encore prématuré de prononcer une interdiction définitive du clonage reproductif dans l'espèce humaine et qu'il faut, avant de se prononcer, attendre les résultats des divers travaux en cours sur l'animal, explique-t-il. Plusieurs de ces pays seraient plutôt favorables à un moratoire. A l'opposé on retrouve les Etats-Unis, nombre de pays d'Amérique latine ainsi que le Vatican, qui souhaitent qu'on associe à l'interdiction du clonage reproductif celle du clonage thérapeutique et pratiquement toute forme de recherche sur l'embryon humain." Les pays opposés à toute forme de clonage soutiennent que l'embryon doit être considéré comme un être humain à tous les stades de son développement ce qui exclut de facto que l'on puisse le réifier, fût-ce à des fins thérapeutiques ou scientifiques. NOUVELLE REGLEMENTATION C'est dans ce contexte que les autorités canadiennes ont rendu publique, lundi 4 mars, une nouvelle réglementation qui autorise les biologistes à mener des travaux sur les cellules souches naturellement présentes dans des embryons humains. Les scientifiques canadiens pourront bénéficier de fonds publics sans pour autant pouvoir mettre en ouvre la pratique du clonage à des fins thérapeutiques. Les cellules souches humaines - qui peuvent être obtenues soit à partir de la destruction d'embryons, soit via leur isolement dans des organismes adultes ou dans le sang du cordon ombilical - sont indispensables au développement de la médecine dite régénératrice, qui se propose de développer des thérapies cellulaires contre des maladies dégénératives aujourd'hui incurables. Pour leur part, les scientifiques britanniques viennent d'obtenir un feu vert législatif définitif leur permettant de mener des travaux sur le clonage thérapeutique. Jean-Yves Nau Transmis par Catherine <rcathe4213@wanadoo.fr>
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