|
Les aborigènes, une vie en harmonie avec la nature |
Malgré leur condition matérielle apparemment pauvre et le fait de se déplacer uniquement à pied, ils développèrent une culture distinctive, une mythologie admirable et un système complexe de liens sociaux. Chaque tribu était dirigée par des hommes expérimentés d'un certain âge connaissant toutes les lois de la tribu et à une mythologie complexe, qui était autrement tenue secrète. La musique, le chant et la danse ont toujours fait partie de la vie quotidienne. La musique aborigène La seule musique indigène et originale d'Australie est la musique traditionnelle des aborigènes australiens. Leur musique a été presqu'entièrement négligée et incomprise pendant 150 ans, occasionnant la disparition complète d'un grand nombre de leurs cérémonies traditionnelles. La musique aborigène
d'Australie est surtout vocale. Les mélodies consistent principalement d'une
série de decrescendos d'une haute note jusqu'à une note plus basse, douce,
soutenue ou répétée, suivie de sauts énergiques à un ton beaucoup plus haut ou
intermittent succédés par d'autres decrescendos. Les trilles compliquées se
mélangent constamment aux différents tons de decrescendos. La polyphonie est utilisée
dans certaines régions.
D'après les légendes, les chansons viennent des esprits et la plupart d'entre elles contiennent donc des paroles aux connotations sacrées. On les découvre "dans les rêves", alors que les chansons séculières sont composées "à l'aide du cerveau". Le rythme de la mélodie est gouverné par la structure de la chanson. Il y a parfois plus d'un rythme pour chaque texte. Le terme "chansons corroborées" est utilisé d'une façon superficielle pour identifier les chansons aborigènes sur lesquelles ils dansent lors des fêtes de camp. Partout,
les chansons ont une très grande influence lors d'événements non-musicaux. Un grand
nombre de groupes d'Australiens croient que les chansons permettent à leurs
interprètes de faire appel aux
pouvoirs surnaturels déposés jadis dans le sol par des ancêtres
sacrés. Les chanteurs peuvent
accéder à ce pouvoir seulement si leur représentation de toutes les caractéristiques
techniques de la chanson est correcte et précise. Comme ce pouvoir peut être utilisé
aussi bien pour le mal que pour le bien, un contrôle strict de l'enseignement de ces
chansons puissantes est opéré. Un système d'exclusion est suivi, les gens les plus
vieux et les plus sages devenant les seuls à les connaître. Il y a plus de 30 différents genres d'instruments. Le plus souvent, ce sont des instruments en bois, en écorce, en bambou, en cosses de graines et en peaux de poissons ou de reptiles. Leur fabrication est très simple : les morceaux de bois sont planés et taillés, puis utilisés comme bâtons instrumentaux. Le didjeridoo est le seul instrument à vent utilisé de nos jours. En fait, aucun instrument rythmique n'est trouvé dans le sud de l'Australie. Le rôle des danseuses est très restreint. Durant certaines des plus importantes cérémonies religieuses, elles dansent avec les hommes, quoique parfois dans un différent endroit. Durant certaines danses, où les hommes sont les participants principaux, les danseuses restent sur place tout en balançant leurs membres et en oscillant gracieusement. Le didjeridoo Le didjeridoo
joue un rôle important dans les rituels, au cours de la cérémonie des pluies, par
exemple, ou durant le kunapipi, un culte lié à la fécondité, où il symbolise la
matrice de la Mère Originelle. Le didjeridoo est une trompette naturelle, de forme droite, sans bec, utilisée par les aborigènes de l'Australie du nord. Son nom est probablement d'origine européenne. Il existe 40 différents noms aborigènes pour cet instrument à travers l'Australie. Il est fabriqué avec une branche d'eucalyptus rendue creuse par les termites, dénudée de son écorce et dont les parois intérieures sont parfois légèrement émincées à chaque bout. Un cercle de cire
d'abeille ou de gomme d'eucalyptus est mis au bout le plus étroit (1) pour faire fonction de bec. Jadis, on utilisait le bambou dont les noeuds étaient
brûlés avec un bâton enflammé, mais durant les années 70 le fer et les tuyaux en plastique étaient utilisés. L'instrument est joué par les hommes aborigènes accompagné par des joueurs de bâtons durant les chants et danses; il est surtout utilisé lors de cérémonies ouvertes à tous (non secrètes), lors de chants de clans, de camps et de l'interprétation de chansons appartenant à certains artistes. Il sert aussi d'accompagnement aux chansons d'enfants. Bien que les garçons apprennent à jouer du didjeridoo à un très jeune âge, le virtuose est très estimé et reconnu. Ses coups de langues agiles et précis, le contrôle extraordinaire de son souffle, la façon parfaite dont il presse les lèvres sur le tube et son excellente mémoire musicale sont certains des attributs qu'il possède. Le didjeridoo a une large gamme d'expression : de la mélancolie lente et impressionnante, d'une puissance souvent inexorable, à la gaieté pétulante et l'insouciance joviale, toutes ces humeurs sont communiquées avec grande dextérité aux chanteurs, danseurs et à l'audience. Personne ne
sait d'où et quand le didjeridoo est apparu en Australie. En faisant des
comparaisons avec d'autres cultures, il est devenu clair que les techniques et
combinaisons riches de cet instrument sont uniques aux aborigènes australiens. En utilisant leur imagination musicale et leurs capacités physiques, ils ont transformé un outil grossier en un instrument pour virtuose. Diz Heller (1) L'extremité la plus étroite (5 à 7 cms de diamètre) porte une couche de cire d'abeilles ou de gomme en guise d'embouchure. Le musicien joue assis par terre, les jambes étendues, l'autre extrémité (10 à 15 cms de diamètre) reposant sur ses doigts de pieds. Il importe que les parois du tube ne présentent pas de fêlures, car celui-ci doit faire résonner les sons émis par la gorge du souffleur. On ne joue pas du didjeridoo; on le "tire", expression assez réaliste, puisque la colonne d'air vibre sans interruption selon la technique du souffle continu. Retour au texte |
|
Aboriginal art (anglais) : http://www.crystalinks.com/abor.html http://www.oneworldmagazine.org/gallery/abo/index.html Aboriginal Links International : http://www.bloorstreet.com/300block/aborintl.htm#3 Ouvrages, CD et cassettes de didjeridoo |