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Septembre 2003
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Une nouvelle étude publiée par Greenpeace
et les Amis de la Terre indique que les cultures transgéniques en Espagne
entraînent la contamination des cultures biologiques, qu'elles ont un
faible rendement et que leurs avantages ont été fortement surestimés. Le
rapport est également très critique face à l'incapacité du gouvernement
espagnol à effectuer un suivi et un contrôle de la situation.
L'Espagne est le seul pays de l'Union européenne à cultiver
commercialement les OGM. Depuis 1998, on estime que 25 000 hectares de
maïs transgénique modifié pour résister à la pyrale du maïs (maïs Bt176
produit par la société suisse Syngenta) sont cultivés en moyenne chaque
année.
"Cette étude indique que les cultures transgéniques ne sont pas,
contrairement à ce que certains croient, des cultures miracles, bien au
contraire. Les compagnies de biotechnologies sont les seules à en tirer
avantage, alors que les agriculteurs et l'environnement en subissent les
effets négatifs," a déclaré Liliane Spendeler des Amis de la Terre
Espagne, co-auteur du rapport.
Les cultures de maïs transgénique en Espagne sont réalisées sans la
moindre évaluation officielle, au mépris de la législation en vigueur. On
dispose néanmoins d'informations - issues d'études indépendantes - qui
indiquent que les cultures transgéniques posent de graves problèmes
économiques et écologiques :
- Une étude de l'IGTA (1), réalisée
entre 1998 et 2000, montre que dans la plupart des cas, aucune
différence n'a été notée entre les cultures transgéniques et
conventionnelles, en cas d'attaque de pyrales. Cela signifie que les
pyrales survivent aux toxines produites par les plantes transgéniques et
que le risque de les voir développer des résistances est élevé. Cela
peut non seulement constituer un problème économique pour les
agriculteurs, mais également un problème écologique, car des pesticides
plus efficaces et plus nocifs pour l'environnement seront à l'avenir
indispensables pour combattre les insectes "résistants".
- Les premiers cas de contamination de
cultures biologiques par des OGM ont été découverts dans le nord de la
région de Navarra par le Conseil de l'agriculture biologique (CPAEN,
organisme public de certification biologique). En conséquence, la
certification biologique a été retirée aux agriculteurs concernés qui
ont subi des pertes car leurs produits ne pouvaient plus être
commercialisés sous le label biologique.
- Des études indiquent que le rendement
des OGM est substantiellement inférieur à celui des variétés
conventionnelles comparables. Ainsi, en 1999, le maïs transgénique a
produit 25% de moins que la variété ayant le meilleur rendement.
- Le Groupe de travail sur les
pesticides du gouvernement espagnol a signalé en 2002 que la fréquence
d'apparition des pyrales en Espagne est "faible" et "ne justifie pas
l'utilisation des ces variété transgéniques" (2). L'industrie des
biotechnologies prétend au contraire que "les agriculteurs espagnols ont
subi la pyrale du maïs pendant des générations" (3).
Le rapport de Greenpeace et des Amis de
la Terre présente également les procédures d'autorisation aux Etats-Unis
et dans l'Union Européenne ainsi que des problèmes juridiques liés aux OGM
depuis 1996. Il révèle notamment que les variétés Bt176 ont été retirées
dès 2001 de la liste des variétés autorisées par les autorités compétentes
américaines.
Les conclusions du rapport sont soutenues par le principal syndicat
agricole espagnol.
"L'Espagne se transforme en un grand champ d'expérimentation. Les OGM sont
cultivés depuis cinq ans sans avoir apporté le moindre avantage économique
par rapport aux variétés conventionnelles et sans qu'aucune mesure n'ait
été adoptée pour éviter leurs impacts négatifs. L'exemple espagnol
illustre ce qui pourrait arriver à toutes les terres agricoles européennes
si la Commission européenne autorise des seuils de contamination des
semences conventionnelles et si les compagnies de biotechnologies ne sont
pas tenues responsables des contaminations de cultures conventionnels et
biologiques" à déclaré Juan-Felipe Carrasco de Greenpeace Espagne,
co-auteur du rapport.
(1) - Instituto Técnico de Gestión Agraria del Gobierno Navarro, ou
Institut de recherche agronomique officiel de Navarre.
(2) - Ministère espagnol de l'Agriculture, rapport du Groupe de travail
sur les parasites et maladies dans les cultures extensives, avril 2002.
(3) - Communiqué de presse Europabio du 27 septembre 2002.
En savoir plus :
Lire notre
dossier sur les OGM
http://www.notre-planete.info
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