Yvan Marzin que nous remercions du fond du coeur pour son excellent travail bénévole (juillet 2002).

TOUT EN BAS! Ascenseur expressAmazonie : Le peuple oublié des Kayapo

 

Cet article a été réalisé grâce à l'interview de Rafael Pessoa Sao Paio, ethnologue Brésilien, traduit par Marie-Emmanuelle Tugler.

Rafael Pessoa a travaillé avec plusieurs ethnies amérindiennes brésiliennes comme les Ramkokamekra et  Urubu Kaapor. Il est venu à Paris et à Choisy le Roi avec un groupe de 8 Kayapo (6 hommes et 2 femmes) pour leur permettre de présenter leur culture et parler de leurs conditions de vie.

 

Amazonia: Kayapo, the forgotten tribe

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Vos réactions à ce sujet

De Catherine bourgeois pour Terre sacrée, le 10 juin 2005.

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Les Kayapo et les risques qui les menacent

 

 

La dénomination Kayapo regroupe de nombreux sous-groupes comme Kayapo Gorotire, Xicrin, Metuktire, Kuben-Kran Ken, Txcucaramae... qui vivent sur des territoires indigènes dans les états brésiliens du Para et du Mato Grosso.

Les Kayapo comme toutes les communautés indigènes ont un rapport étroit avec la nature qui les entoure. Selon leur vision de l'univers, tous les êtres vivants, le cosmos, les plantes, l'eau, les animaux... sont intimement liés et forment un tout indissociable. Chaque être vivant n'existe qu'à travers le maintien de cette relation.

Nous ne pourrons assurer la continuité de notre vie et de la biodiversité qu'en maintenant toute la planète équilibrée. Les insectes et les oiseaux par exemple sont essentiels pour assurer la dispersion et la fertilisation des plantes et des arbres. Les peuples amérindiens d'Amazonie expriment leur compréhension de cette relation avec la nature à travers leurs peintures corporelles, leurs rituels et leur vie quotidienne qui consiste à puiser sans épuiser. Pour les Kayapo, tous les indiens sont Mebengokre qui signifie dans leur langue: peuple venu de l'eau.

Dans la culture Kayapo, l'élément eau est célébré à travers un très grand rituel d'initiation au cours duquel ils vont prouver leur résistance. Ce rituel se termine par une grande pêche à la nivrée qu'ils réalisent en utilisant des racines capables de réduire momentanément la quantité d'oxygène présente dans une partie de la rivière afin de permettre la capture d'une grande quantité de poissons.

Leurs rivières, essentielles à leur survie et à celle de leur environnement, furent menacées il y a une dizaine d'années par les chercheurs d'or qui utilisent le mercure et mettent en péril la population et tout l'écosystème. Malgré les efforts entrepris pour mettre fin à ce fléau, des invasions illégales de chercheurs d'or subsistent dans certaines zones de leur territoire. Elles  s'ajoutent aux pénétrations illégales des exploitants de bois et des éleveurs de bovins.

 

Protéger la forêt, c'est préserver une pharmacie non répertoriée

 

 

Le savoir botanique des Kayapo est extrêmement développé sur la plupart des espèces végétales dont recèle leur territoire. Sucupira, Copaiba, Urucum, et aussi herbes contraceptives et antidotes.... sont  quelques  exemples de plantes médicinales utilisées par cette ethnie.  Les Kayapo ont travaillé dans le passé avec l'ethnologue américain Darrel Posey et le Musée Emilio Goeldi de Belém à la description et la classification de leurs connaissances. Plusieurs Kayapo dont le shaman José Yté Kayapo, ont décrit l'utilisation qu'ils faisaient de ces plantes botaniques. Ce chercheur a développé un travail brillant avec cette ethnie pendant plus de vingt ans.


Malheureusement, avec la mort de Darrel Posey les recherches se sont arrêtées. Pedro Paulo Kayapo, (présent en France du 19 au 30 mai 2005) fils du shaman José Yté Kayapo cherche aujourd'hui à reprendre les recherches et à retrouver le travail descriptif déjà fait.

Cependant, pour continuer, il est nécessaire de trouver des ressources financières et de susciter l'intérêt du Gouvernement pour protéger ce savoir et pour investir dans des projets de recherches qui impliquent ethnobotanistes et indigènes afin d'aboutir à des résultats pratiques qui vont au-delà des publications. Le travail des chercheurs permet de prouver les principes actifs et de classifier les effets des plantes. Les Kayapo pensent notamment que le remède contre le SIDA est dans la grande forêt amazonienne. Ils souhaitent développer un projet de laboratoire botanique sur leur territoire.

Il est fondamental de monter un programme entre les indigènes, les chercheurs, le Gouvernement et les Universités et d'établir des conventions de divulgation et de protection afin de lutter contre la biopiraterie et la destruction de cette biodiversité.  Rappelons, que si le Gouvernement Brésilien a pu porter plainte contre le brevet déposé sur la plante Ayahuasca c'est parce qu'elle avait déjà été reconnue officiellement comme native du territoire Brésilien.

Cet appel est d'autant plus pressant que le Gouvernement commence à ouvrir un espace de discussion pour les Indiens. Au mois d'avril dernier, période à laquelle on fêtait traditionnellement le jour de l'Indien, plus de 70 ethnies se sont réunies à Brasilia pour une série de rencontres avec les Ministres de l'Education, de la Santé, de l'Intérieur, de la Justice, de l'Agriculture etc. pour exposer leurs insatisfactions et leurs appels.
 
Malheureusement la plupart de ce qui fut conclut sur un document du Gouvernement Fédéral en termes de changements nécessaires pour la protection des territoires indigènes, la préservation de leur santé et  leur éducation, se heurte aux désaccords et aux conflits d'intérêts économiques des Etats Fédéraux.

 

Territoires indigènes en péril malgré la constitution brésilienne

 

 

La question de l'invasion illégale des terres indigènes et de la destruction de l'écosystème par les compagnies minières, les exploitants de bois, les éleveurs de bovins et les colons de toutes sortes fait partie des plus grandes préoccupations de très nombreux groupes indigènes.

Les textes juridiques en vigueur pour démarquer les territoires indigènes brésiliens afin de leur reconnaître officiellement  un espace de vie suffisant pour se nourrir et se soigner, sont inscrits dans l'article 231 de la constitution brésilienne de 1988 et par le décret 1775 de 1996 . Le processus est le suivant: Un territoire traditionnel est d'abord délimité avec les populations, puis après de nombreux débats ce territoire ou partie de ce territoire est démarqué et ensuite homologué et enregistré.

La survie des populations traditionnelles dépend d'un projet concret, à ce jour inexistant faute de volonté politique et de moyens financiers, pour lutter efficacement contre les invasions illégales.

Plus d'information sur les populations indigènes et leurs territoires sur le site en portuguais : http://www.artedomito.com et sur les différents liens existants sur ce site.

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Forêts tropicales : le trésor dilapidé

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