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Autres articles sur le même sujet : Communiqué de presse du 30mai2005 : « Ligne verte, Ligne de vie, Terre de paix ... » - Appel à votre soutien - En savoir plus, carré ligne verte (format PDF)
Un livre, une vidéo : LE CHEMIN DES NEUF MONDES
Les Indiens Kogis de Colombie peuvent
nous renseigner les mystères de la vie
En 1985, le géographe et alpiniste Eric Julien entreprend une expédition
dans les montagnes de Colombie. C'est là, et dans des circonstances
exceptionnelles, qu'il découvre les Indiens Kogis: victime d'un œdème
pulmonaire, le jeune homme est sauvé par cette peuplade qui le soigne avec
des plantes et des connaissances d'un autre temps. De retour à Paris, il
découvre que ces Indiens sont les derniers héritiers des grandes cultures
précolombiennes du continent sud-américain. |
http://www.humanite.presse.fr. Edition du 29 mars 2005. ________________________ Derniers représentants d’une civilisation précolombienne, les Indiens Kogi sont menacés de disparition. L’histoire est un peu folle bien qu’ elle ne manque pas d’être cruelle pour les Indiens Kogi. Au nord de la Colombie, ces descendants de la civilisation des Tayronas, massacrés au XVIe siècle par les conquistadores, vivent aujourd’hui un autre cauchemar, celui de leur possible disparition. Repliés dans les hautes vallées de la Sierra - Nevada de Santa Marta, la plus haute chaîne côtière au monde, culminant à 5 800 mètres d’altitude et à moins de 45 km de la mer des Caraïbes, les Kogi sont au nombre de 12 000, plus du double si l’on inclut trois autres communautés, Aruacos, Arsarios et Wiwas, quand l’ensemble de cette population précolombienne était de 500 000 au moment de la conquête espagnole. La menace est bien réelle sur cette pyramide montagneuse, « centre du monde » et « mère terre », prise dans l’étau des violences entre paramilitaires et mouvements de guérilla (FARC et ELN), convoitée par les pilleurs de tombes et les colons, repaire également des narcotrafiquants... Au fur et à mesure qu’ils sont dépossédés de leurs terres ancestrales, 70 % en l’espace de trente ans, les Kogi meurent à chaque fois un peu plus. Car ces terres sont les « racines » qui leur permettent d’accomplir leurs rituels et leur mission en préservant l’équilibre d’un univers dont ils font partie intégrante. Pour eux, la perte de la terre signifie aller toujours plus haut, dans des conditions extrêmes, là où toute survie devient impossible. Auquel cas les Kogi, inexorablement, seraient condamnés à l’extinction. Le fatalisme d’une telle vision a fait soulever bien des montagnes à nombre de « petits frères », comme le disent les Kogi à propos des membres de nos sociétés modernes (pour qualifier ceux qui ne pensent pas), afin de rendre leurs terres aux Kogi. L’un d’eux, Éric Julien (1), géographe de formation, guide de montagne « dans une autre vie », était en 1985 coopérant en Colombie quand il les découvre : atteint d’un oedème pulmonaire lors d’une course dans la Sierra à 4 500 mètres, il ne survivra qu’après avoir été recueilli et soigné par les Kogi, sans qu’il sache aujourd’hui trop comment. Durant sa convalescence il se passionne pour la culture de ces héritiers des Tayronas et, pour les remercier de lui avoir sauvé la vie, il promet de les aider à récupérer leurs terres ancestrales. Dix ans plus tard, l’idée lui « trottant dans un coin de la tête », il crée l’association Tchendukua-Ici et ailleurs (2), pour mobiliser des dons en France pour permettre aux Kogi de racheter leurs terres. L’opération est alors baptisée « Mille personnes pour une terre ». Le premier lot de 50 hectares est acquis pour 70 000 francs en 1998, suivi par d’autres, représentant actuellement un total de plus de 1 500 hectares. Une aide indissociable de celle de son « frère de coeur » colombien, Gentil Cruz. Depuis les cités de pierre ont revu le jour à Santa Marta, des terres reprennent vie, des rituels sacrés sont réinstaurés, des objets précieux précolombiens (objets en or, perles, flûtes, quartz) récupérés auprès des pilleurs de tombes sont rachetés et restitués aux autorités spirituelles de la communauté, les Mamu. Une mémoire ainsi reprend vie. Et comme celle d’Éric Julien autrefois, la voie de la guérison est - ouverte. « Ce qui est fascinant, explique-t-il, c’est le potentiel dont est pourvue une société précolombienne qui n’a pas connu de rupture historique depuis 4 000 ans. C’est un cas unique en Amérique latine. Les Kogi ont toujours gardé leur langue, leur système politique, juridique, éducatif pour qu’ils puissent réinvestir et réveiller les cités de leurs ancêtres. » Pour Éric Julien, une telle société peut choisir son futur. Lorsqu’elle refuse, par exemple, de cultiver le café, elle paraît « primitive » en rejetant une forme de logique économique. Mais pourquoi le ferait-elle au risque de détruire l’équilibre social du groupe ? Ce peuple aurait-il préservé ce que nous, en - revanche, nous aurions perdu ? Des liens étroits, multiples, sont tissés avec leur milieu naturel, interrogeant notre propre futur. Ils veulent l’équilibre et la préservation du monde et non sa domination. Ils sont pacifiques et veulent vivre en paix ensemble. De fait, les Kogi sont loin de la modernité, tout au plus achètent-ils des bottes en caoutchouc pour se protéger des serpents, ou des machettes nécessaires à leurs travaux. « On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux », poursuit Éric Julien. Tout cependant ne va pas de soi. Dans la longue quête des Kogi, tout dialogue est souvent remis en question. Il y a environ un mois, deux terres rachetées pour les rendre aux Kogi ont été volées par des « paras » colombiens d’extrême droite. Les familles ont été chassées et on a dénombré une cinquantaine de morts. Le « frère » d’Éric Julien, Gentil Cruz a disparu depuis quatre mois sans « qu’on est de trace de lui ». L’État colombien de son côté ne fait pas grand cas de ces « indigènes ». La Sierra pourrait voir apparaître des téléphériques et, si ce projet devait aboutir, il en serait fini des Kogi. Avant 1991, les Indiens (800 000 dans l’ensemble de la Colombie soit 88 communautés) étaient considérés comme des mineurs, sous tutelle de l’Église et ils ne disposaient d’aucune pièce d’identité. Avec la nouvelle Constitution, les Indiens sont reconnus du point de vue juridique, ils peuvent organiser le système politique de leur choix et ont une relative autonomie. Toutefois les fonds gouvernementaux mis à la disposition des préfectures pour contribuer au financement de projets de - développement constituent autant de bombes à retardement pour les Indiens, qui comme les Kogi veulent redonner vie à leur mémoire et à leurs terres. Bernard Duraud (1) Kogi. Le réveil d’une civilisation précolombienne. Éric Julien avec Gentil Cruz. Édition Albin Michel, collection « Clés », essais. 357 pages. 20,90 euros. (2) Association Tchendukua-Ici et ailleurs, 11, rue de la Jarry, 94300 Vincennes. Tél. : 01 43 65 07 00.
COMMUNIQUE DE PRESSE 30mai2005 « Ligne verte,
Ligne de vie, Terre de paix ... » LANCEMENT D'UNE OPERATION DE SOLIDARITE
INTERNATIONALE POUR LA CREATION D'UNE TERRE DE PAIX AU PROFIT DES
INDIENS KOGIS (COLOMBIE). ALERTER L'OPINION PUBLIQUE: en Colombie,
les « derniers hommes» meurent en silence ... OPERATION LIGNE VERTE / LIGNE DE VIE
POUR UNE TERRE DE PAIX En réponse à cette situation tragique,
nous proposons aux adhérents de l'association et à tous les
sympathisants d'exprimer leur désaccord face à ces événements par le
biais d'un message, témoin de leur engagement et qui sera déposé sur une
nouvelle terre achetée au profit des Indiens Kogis, une terre qui sera
symboliquement transformée en "terre de paix internationale ". Pour participer à cette opération, il
suffit de remplir un carré « Ligne verte» (disponible sur le site ou au
siège de l'association) avec un message de paix, de solidarité et de
l'adresser au bureau de l'association Tchendukua. L'ensemble des
messages qui auront été reçus jusqu'à la fin du mois de juillet 2005
seront emportés et déposés symboliquement sur cette nouvelle" terre de
paix" en présence des Indiens Kogis : une façon de manifester
publiquement et symboliquement notre présence et notre engagement. L'avenir est entre nos mains, il suffit
parfois de gestes symboliques forts pour changer le cours des choses ...
Les Kogis font partie de ces 6000
sociétés dites "racines" ou "archaïques" qui représentent plus de
300.000 millions de personnes réparties à travers 70 pays. Pétrole,
diamants, bois précieux, etc ... leur survie "là bas", est directement
menacée par le développement frénétique de notre modernité ici. Un
développement qui nous rend aveugle aux évidences, qui ne nous permet
plus de comprendre que de leur survie dépend notre survie, que notre
avenir passe par la redécouverte de ces « savoir vivre ensemble» dans
des espaces naturels préservés, que nous avons perdu, et dont ces
peuples sont encore porteurs. LES KOGIS ET L'ASSOCIATION TCHENDUKUA -
Ici et Ailleurs Créée en 1997, l'association Tchendukua
- Ici et Ailleurs intervient auprès des « communautés premières» et plus
spécifiquement celle de la communauté des Kogis, pour les accompagner
dans la préservation de leurs terres et le réveil de leur culture. A ce
jour, grâce au soutien de plus de 4500 adhérents - donateurs, 1500
hectares de terres ont été rachetés et restitués aux Indiens Kogis. Au nombre de 12.000, les Kogis vivent
repliés dans les hautes vallées du massif de la Sierra Nevada de Santa
Marta en Colombie. Reclus volontaires, ils tentent désespérément de
préserver une culture qui privilégie l'équilibre avec la nature, dans
laquelle l'idée de "pauvre" est impossible et où les plus anciens
tentent d'apprendre aux plus jeunes à vivre en paix ensemble. Depuis 500
ans, ils avaient réussit à survivre aux conquistadores, aux pilleurs de
tombes, à la déforestation, aux paramilitaires, à la guérilla, aux
narcotrafiquants. Aujourd'hui ils meurent en silence, victimes directes
du conflit sanglant qui déchire la Colombie mais aussi d'une modernité
conquérante qui ne laisse aucune place à "l'autre", à sa culture, à son
regard sur le monde. Contact Presse / Communication: Muriel
FIFILS tél: 06 30 04 29 38
murielfi@hotmail.com Renseignements: Association Tchendukua Ici et Ailleurs tél: 0143650700/ lignedevie@wanadoo.fr ou sur le site: www.tchendukua.com Appel à votre soutien 11 rue de la Jarry Pour que vous puissiez être présents,
avec les Kogis sur cette future «terre de paix internationale», il vous
suffit de nous renvoyer, sur le document joint, un message, un texte, un
poème ou un dessin qui exprime votre solidarité, votre émotion, un
souhait, un voeu, ou toutes autres idées, mots, concepts qui vous
sembleront justes dans cette situation.
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