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6 décembre 2005.
http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=786
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Greenpeace demande à l’Union Européenne de stopper la libéralisation du
commerce dans le secteur forestier lors de la prochaine Conférence de l’OMC,
suite à la publication d’une étude d’impact commandée par la Commission.
Cette étude montre qu’une libéralisation accrue du commerce du bois risque
d’amplifier la destruction des forêts primaires et d’augmenter l’abattage
illégal et non-soutenable du bois, en particulier dans les pays les plus
pauvres où la gouvernance est faible. L’étude recommande une approche
précautionneuse et suggère à l’UE un certain nombre d’options, notamment des
mécanismes de réglementation du commerce, pour atténuer les effets négatifs
de la libéralisation.
La Commission, qui est en possession de cette étude depuis plusieurs mois,
n’a pas encore fait part de ses commentaires ni pris position publiquement.
Ce sujet sera pourtant discuté lors de la prochaine Conférence de l’OMC qui
doit débuter la semaine prochaine à Hong Kong.
Pour faire écho à l’étude commandée par l’UE, Greenpeace vient de publier un
rapport qui illustre la menace que constitue aujourd’hui l’OMC pour la
sauvegarde des forêts.
“Toute tentative à l’OMC visant à accroître la libéralisation du commerce du
bois conduirait à des dommages écologiques irréversibles, une augmentation
de la pauvreté et à une accentuation des conflits sociaux et de
l’instabilité politique dans le Bassin du Congo, l’Amazonie et l’Asie. L’UE
doit être cohérente avec les engagements qu’elle a pris pour la sauvegarde
des forêts et la lutte contre la pauvreté, la perte de biodiversité et le
changement climatique”, précise Sébastien Risso, conseiller politique pour
Greenpeace. “Elle ne doit en aucun cas appuyer de nouveaux plans de
libéralisation au vue de leurs impacts sociaux et environnementaux.”
Le rapport publié par Greenpeace illustre comment l’OMC est utilisé comme un
“épouvantail” pour geler l’action politique visant à stopper la destruction
des forêts. Greenpeace invite les pays du Nord et du Sud à enrayer cette
tendance et à reconnaître la primauté du droit international visant à la
protection de l’environnement et des droits humains sur les règles du
libre-échange.
“Le combat mondial contre la pauvreté, la perte de biodiversité et la
destruction des forêts dépend de la capacité de l’UE et des autres pays
riches à changer leur politique commercial et leur politique d’aide au
développement”, explique Ludovic Frère, chargé de la campagne Forêts pour
Greenpeace France. “L’UE et les autres marchés d’importations doivent
adopter des lois et des mécanismes de contrôle pour criminaliser le commerce
de bois illégal et s’assurer un approvisionnement en bois issu de forêts
durablement gérées”.
De leur côté, les pays forestiers doivent évaluer l’efficacité des lois
existantes pour lutter contre l’abattage illégal et non-soutenable du bois,
et s’assurer de leur mise en œuvre. Ils doivent aussi améliorer leur système
de gouvernance et lutter contre la corruption et le blanchiment d’argent.
Notes :
1. L’étude d’impact, préparée par Savcor Indufor (juin 2005), en association
avec the Institute for Development Policy and Management (IDPM) of the
University of Manchester, est disponible en ligne.
2. Nouveau rapport publié par Greenpeace, “Trading away our last ancient
forests” (en anglais)
Auteur :
Greenpeace |