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Jean-Christophe Vié, vous êtes directeur
adjoint du programme sur les espèces de l'UICN (Union internationale
pour la conservation de la nature, principale association mondiale
de protection de l'environnement).
Comment jugez-vous la situation actuelle de la biodiversité ?
Alarmante.
Les chiffres prouvent que la planète connaît actuellement sa 6 e
extinction mondiale des espèces, cette fois-ci entièrement causée
par l'activité humaine : le rythme de la disparition des espèces est
mille fois supérieur à ce qu'il était avant l'apparition de l'homme.
Notre liste rouge documente le statut des espèces animales et
végétales les plus faciles à identifier dans la biodiversité : sur
les 45 000 espèces les mieux connues, 17 000 sont menacées. Si on
extrapole au nombre total d'espèces, soit au moins 1,8 million, ce
sont probablement des centaines de milliers qui peuvent s'éteindre.
Au-delà du danger guettant quelques populations résiduelles – le
vison d'Europe, le rhinocéros noir, le poisson scie…
C'est la disparition en masse qui est inquiétante.
Quelles en sont les causes ?
L'apparition d'espèces invasives, la chasse ou la pêche excessive,
la destruction des habitats naturels et le changement climatique.
Cela provoque des effets en chaîne. Prenons l'exemple des coraux. Un
tiers des espèces pourrait disparaître à cause des dynamitages pour
construction, ou du réchauffement de la planète. Cela acidifie les
océans, et les coraux meurent. Les poissons qui se nourrissaient
grâce à eux disparaissent, les populations locales n'ont plus de
quoi pêcher et les touristes ne viennent plus plonger.
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Si en 2002, la communauté internationale s'est fixée pour objectif de
stopper la disparition de la biodiversité en 2010, ce n'était
d'ailleurs pas pour des raisons éthiques ou esthétiques : elle a
reconnu que la lutte contre la pauvreté et la survie de l'espèce
humaine dépendaient de celle de la nature.
« Aux citoyens de faire pression »
Mais cet objectif n'a pas été atteint. Pourquoi ?
On ne s'en donne pas les moyens. Cela fait pourtant des années que des
gens de tous bords tirent la sonnette d'alarme. Mais ni les
scientifiques, ni les millions de réfugiés climatiques n'ont été
écoutés à Copenhague…
Les gouvernements ne peuvent toutefois pas tout faire : aux citoyens
de faire pression sur les entreprises et les politiques. D'où
l'intérêt pédagogique de cette «année de la biodiversité».
Comment agir ?
Les forêts primaires d'Asie sont coupées pour planter des palmiers.
Les consommateurs doivent s'assurer de ne pas cautionner cela, en
évitant l'huile de palme ou les agrocarburants, et en refusant
d'acheter du bois exotique, ou des produits en bois non certifiés du
label FSC.
On doit moins manger de viande, car l'élevage contribue à la
déforestation partout dans le monde, ou de saumon. L'élevage des
saumons exige beaucoup de poissons pour les nourrir.
Source :
lalsace.fr
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