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Selon le Washington Post, les autorités sanitaires américaines pourraient prochainement donner leur feu vert à la commercialisation des aliments issus de mammifères obtenus par clonage ou de leur descendance
De mhan@ht.st le 2 octobre 2002 BOnsoir, Plus je lis les articles que je reçois et plus je suis désespérée. Jusqu'où ira l'humanité (qui n'a d'ailleurs plus rien d'humain que le nom). Ce qui me rend le plus dingue c'est que les gens ne savent pas (ou peut être ne veulent pas savoir). Comment les désinformer... et les informer .......... pour de vrai. J'ai beau tourner et retourner encore a dans ma tête je ne vois pas de solution.. alors je me dis et redis encore cette phrase célèbre dont j'ai oublié l'auteur "il faut savoir que les choses sont sans espoir, mais tout faire pour tenter de les changer"... A bientôt et merci encore pour ton super boulot. Brigitte |
introduction dans la chaîne alimentaire. La France et l'Europe s'interrogent. aura atteint le terme de son existence ? Sera-t-elle enterrée, disséquée, naturalisée ou... consommée ? Hier encore théorique, la question de l'introduction dans la chaîne alimentaire humaine du lait et de la viande des animaux créés par clonage est aujourd'hui officiellement posée outre-Atlantique. Selon le Washington Post, les autorités sanitaires américaines pourraient prochainement donner leur feu vert à la commercialisation des aliments issus de mammifères obtenus par clonage ou de leur descendance (Le Monde du 19 septembre). Citant une récente étude de l'Académie nationale des sciences américaine, le quotidien estime que cette autorisation pourrait être effective dès 2003. Rassurants quant à l'innocuité du lait et des viandes de ces animaux, les experts se montrent plus inquiets des risques que des manipulations génétiques effectuées sur les patrimoines héréditaires des poissons et des insectes pourraient faire courir. Ne pourrait-on pas, s'interrogent-ils, donner ainsi naissance à de nouvelles variétés animales, susceptibles de se disséminer dans la nature et de nuire aux espèces sauvages ? La question de la consommation des animaux clonés issus du transfert nucléaire à partir d'une cellule somatique pourrait apparaître marginale si l'on tient compte du fait que le nombre de ces animaux - des bovins et des porcs pour l'essentiel - vivant dans des élevages américains s'élève à moins d'une centaine. Dans le monde, ils ne seraient qu'un petit millier. Mais cette technique soulève une série de difficultés majeures, pour l'heure non résolues, relatives à l'usage qui pourra ou non en être fait dans le domaine agricole et agroalimentaire. Si la plupart des animaux clonés sont aujourd'hui utilisés à des fins scientifiques ou de reproduction, tout indique que ce ne sera pas toujours le cas. En fait, la technique du clonage - c'est-à-dire l'obtention de mammifères en court-circuitant la reproduction sexuée - avait, d'emblée, été mise en ouvre pour être utilisée à des fins agricoles. Elle venait ainsi compléter l'ensemble des procédés vétérinaires (insémination artificielle, fécondation in vitro, transfert d'embryons) développés à l'échelon industriel depuis un demi-siècle. S'interroger sur le caractère comestible ou non du lait et de la viande des bovins, ovins, porcins et caprins obtenus par clonage conduit à s'interroger aussi sur la nature de cette technique, et sur les conséquences qu'elle peut avoir sur l'organisme de l'animal ainsi obtenu. "Avec le recul dont nous disposons aujourd'hui, les choses sont relativement claires", explique le professeur Jean-Paul Renard (unité de biologie du développement, Institut national de la recherche agronomique). "Les animaux ainsi obtenus doivent à mon sens, tout au moins aujourd'hui, être impérativement considérés comme des "nouveaux animaux". Ce ne sont pas des animaux issus de la transgenèse, dans le patrimoine héréditaire desquels on aurait introduit des gènes étrangers ; ce ne sont pas non plus des animaux tout à fait identiques à ceux dont ils sont les clones. Pour autant, ils ont une apparence et une physiologie normales, ils sont fertiles et peuvent aussi avoir une durée de vie identique à celle des autres membres de leur espèce." Pour le professeur Renard, la différence essentielle, qui confère à ces animaux leur "nouveauté", tient aux caractéristiques bien particulières du fonctionnement de leur génome. "En procédant au transfert du noyau prélevé dans une cellule somatique adulte dans un ovocyte énucléé et en obtenant une forme de reprogrammation du matériel génétique, on modifie certains mécanismes, dits "épigénétiques". Cette modification fait que le fonctionnement de certains gènes, de leur mode d'expression, peut être différent de leur fonctionnement naturel, précise-t-il. Il nous reste à mesurer la portée de ces phénomènes et à savoir ce qu'il en est pour la descendance de ces animaux." En d'autres termes, le fait de réintroduire une reproduction sexuée pourrait-il "gommer" chez les descendants de l'animal cloné les perturbations induites par le clonage ? Les premiers travaux expérimentaux menés chez la souris laissent penser que ce ne serait pas le cas. On peut d'autre part raisonnablement craindre que les manipulations et la reprogrammation du génome n'induisent la réactivation des séquences d'origine virale intégrées dans le patrimoine héréditaire des animaux. Dans un tel contexte d'incertitude, peut-on autoriser la consommation par l'homme du lait et des viandes issus de ces "nouveaux animaux"? Sur ce point, on observe une différence de perception de part et d'autre de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, l'opinion qui prévaut largement dans les milieux de la recherche est que le clonage est une technique génétiquement neutre et qu'elle ne modifie en rien la composition et la structure des tissus et des sécrétions animales. Plusieurs voix s'élèvent dans ce pays, pour faire valoir que, les animaux clonés étant la parfaite décalque d'animaux qui ont été - ou qui seront - consommés, l'admistration fédérale ne dipose pas des bases réglementaires lui permettant d'interdire leur consommation et celle de leur descendance. Tout laisse à penser que, feu vert de la Food and Drug Administration ou pas, des produits alimentaires d'origine animale et "issus du clonage" seront prochainement proposés aux consommateurs américains. Le même scénario est envisageable au Japon, pays qui a beaucoup investi dans le domaine du clonage reproductif des animaux d'élevage. N'y a-t-il pas là, comme cela s'est passé à propos de l'usage grandissant des organismes végétaux génétiquement modifiés, les germes d'un nouveau conflit commercial et agro-alimentaire sur fond de divergence dans la perception du risque sanitaire ? En France, la direction de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) vient de prendre la décision de financer un programme scientifique original, visant à étudier si de telles modifications existent et ce que peut être aujourd'hui la perception sociale des recherches menées dans le domaine du clonage reproductif animal. Paris attend désormais de savoir ce que, face à ce problème sanitaire et scientifique, décidera la commission européenne. Jean-Yves Nau . ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU 27.09.02 |
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