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LE MONDE | 13.03.07 |
"Sur les 58 paramètres mesurés par Monsanto,
précise le chercheur, tous ceux qui sont altérés concernent le
fonctionnement des reins ou du foie." "En outre, Monsanto avait considéré
que, puisque les mâles et les femelles réagissaient différemment, il n'y
avait pas matière à inquiétude, poursuit M. Séralini. Or le foie, par
exemple, est un organe qui réagit différemment en fonction du sexe." De
même, le fait que la réponse biologique mesurée ne soit pas toujours en
adéquation avec la dose d'OGM reçue avait été interprété par les experts du
semencier comme la preuve que le maïs transgénique testé n'était pas en
cause. Un principe que conteste M. Séralini : "Lorsque les perturbations
sont hormonales, par exemple, l'effet peut ne pas être proportionnel à la
dose", dit-il. Le toxicologue Gérard Pascal, membre, comme M. Séralini, de la Commission du génie biomoléculaire, juge erronées certaines conclusions du Criigen. "Je récuse l'analyse des courbes de poids des animaux, menée sans tenir compte de leur alimentation, dit M. Pascal. Mais je suis d'accord sur le fait que les réponses biologiques peuvent varier entre mâles et femelles et sur le principe qu'on ne doit comparer les effets d'un maïs OGM qu'avec son isogène, sans tenir compte des effets produits par d'autres variétés de maïs conventionnel." Selon M. Pascal, l'inadéquation entre dose d'OGM reçue et effets constatés sur les paramètres hépatiques disqualifie les conclusions de toxicité pour le foie. "Des différences significatives au niveau du poids des reins" et "les variations de sodium, de phosphore et de potassium urinaire" évoquent bien, elles, un effet rénal. "Mais, rappelle M. Pascal, la CGB avait poussé, à ma demande, les investigations sur les reins et n'avait trouvé en définitive aucune preuve de toxicité" (Le Monde du 15 décembre 2004). "Reste les variations des taux de réticulocytes et d'éosinophiles (globules blancs), ajoute M. Pascal. Cela, je ne sais pas l'interpréter, mais ce sont des paramètres qui bougent beaucoup dans les expérimentations." Pour M. Pascal, les éléments apportés par le Criigen ne sont pas de nature à remettre en cause les avis favorables délivrés au MON 863. "Il ne s'agit là que d'une interprétation personnelle", ajoute le toxicologue. Les travaux du Criigen ont été financés par Carrefour et Greenpeace, mais, justifie M. Séralini, "il n'existe aujourd'hui malheureusement pas de budgets publics pour mener ce genre de travaux". Situation d'autant plus dommageable que, selon M. Séralini, "il faudrait refaire toute l'étude toxicologique en tenant des dosages hormonaux" et, surtout, poursuivre les tests bien au-delà de 90 jours, et sur d'autres espèces que le rat, pour pouvoir trancher. Stéphane Foucart Article paru dans l'édition du Monde du 14.03.07. |
