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21 mars 2007
Par Salim A. Bourras
Les nanotechnologies sont annoncées comme une révolution scientifique qui
permet de manipuler la matière atome par atome. Cependant l'orientation des
recherches et leurs applications potentielles sont loin de faire l'unanimité
et laisse craindre certaines personnes de se retrouver avec une nouvelle
polémique de type OGM. En France, ce n'est que depuis peu que les autorités
portent un regard élaboré sur le sujet.
Dans leur définition première les nanotechnologies sont un ensemble de
techniques, processus et produits qui visent la réalisation, l'étude et la
manipulation, à l'échelle des atomes et molécules, de structures, systèmes
ou objets dont la taille typique est inférieure à 100 nanomètres (10-9 m) On
perçoit aussi que cette technologie se situe à l'interface de la biologie,
de la chimie, de la physique, de la science des matériaux et de
l'informatique
puisqu'elle a vocation à permettre de contrôler et de manipuler de façon
précise et « individuelle » des atomes et les matériaux qui résultent de
leurs « assemblages » (voir aussi le dossier « nanotechnologies » de
Tranversales avec l'article « Trois questions à Remy Mosseri », (www.grit-transversales
.org) et le rapport du Comité de la prévention et de la précaution (CPP) qui
donne une définition technique des nanotechnologies très élaborée).
Cependant cette définition technique ne suffit plus depuis que les
nanotechnologies sont intrinsèquement liées aux technologies convergentes
NBIC
(nanotechnologies - biotechnologies - technologies d'information - sciences
cognitives/neurosciences). Ces technologies sortent définitivement de la
sphère
de la science fondamentale pour s'inscrire dans des applications diverses,
aussi bien sur la matière inerte que sur la matière vivante. Deux des
nanomatériaux
les plus connus sont les fullerènes et les nanotubes de carbone.
Pour les promoteurs de ces technologies, les potentiels sont énormes et
concernent : les technologies de l'information et de la communication
(stockage
de données, nanoélectronique, transistors, nanolithographie, cryptographie,
semi-conducteurs, circuits intégrés) ; la microélectronique et
l'informatique
sont les secteurs les plus marqués par l'implication des grands groupes
industriels ; le militaire (nouvelles armes, vêtements, équipements,
amélioration de la performance humaine) ; les technologies médicales
(chirurgie, implants bioactifs, neuroprothèses8, puces à ADN, tests pour la
détection des prédispositions génétiques, détecteurs de phénomènes
pathologiques, thérapies, vecteurs
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intelligents pour délivrer des
médicaments sur place) ; les technologies de l'énergie : économies
d'énergie, isolation, éclairage, énergies renouvelables, cellules solaires
photovoltaïques) ; les écotechnologies (dépollution des eaux et des sols) ;
les technologies de sécurité (capteurs ; Radio Frequency Identification
Devices, étiquettes Electroniques) ; les technologies de transport, des
matériaux de construction ; les textiles (sport, armée) ; les cosmétiques
(crèmes solaires, rouges à lèvres) ; la chimie ; et enfin l'alimentation
(étiquettes numériques).
Cependant, les promesses du marché risquent, comme pour les OGM, de reléguer
les questions de biosécurité, de risques sanitaires et environnementaux, et
d'éthique au second plan. Selon Claude Weisbuch, physicien et directeur de
recherches au CNRS et à l'Ecole polytechnique, « en général, les risques
associés aux aspects nouveaux des nanotechnologies sont bien sûr à traiter
de la même manière que toute les autres activités scientifiques,
technologiques, industrielles (qui ne sont pas en butée par rapport a ce
qu'il conviendrait de faire, on peut en convenir !): protection des
opérateurs lors de l'élaboration, identification des risques (dangerosité et
exposition) des utilisateurs, recyclage des objets en fin de vie ».
L'émergence des nanotechnologies a d'ores
et déjà suscité de nombreux débats en France, formels ou informels, auxquels
ont contribué de nombreux acteurs.
Il faut savoir que les nanotechnologies représentent des enjeux financiers
très
important qui en 2003 était déjà de l'ordre de 3.5 milliards d'euros, tous
pays confondus, avec un taux de croissance de 40% par an (selon un rapport
de publié en 2004 par la Royal Society & The Royal Academy of Engineering),
un budget prévu de plusieurs milliards d'euros dans le nouveau Programme
Cadre de Recherche et Développement (PCRD) de l'Union Européenne, et un
nombre de brevets qui a quadruplé entre 1995 et 2001 (selon le rapport du
Comité de la prévention et de la précaution CPP), et enfin un taux de
croissance à deux chiffres pour les publications et un chiffre d'affaires
mondial estimé à 1000 milliards de dollars d'ici à 2015 (selon l'appel à
projets de 2005, du
programme national en nanosciences et nanotechnologies PNANO).
http://www.actualites-news-environnement.com/20070321-Nanotechnologies-OGM-infiniment-petit.php
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