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Intervention de Thierry Sallantin, ethnologue, élève du Professeur Robert Jaulin tsallantin@hotmail.com
Vous trouverez ci-dessous le communiqué de l´association de défense des Peuples Indigènes ICRA International, original sur = www.icrainternational.org/ qui dénonce la création du parc national de Guyane le 27 février dernier en tant que parc scandaleux, aux effets catastrophiques pour les trois ethnies amérindiennes qui peuplent cette partie de l´Amazonie : les Wayana, les Teko (ou Emerillon) et les Wayapi. Les associations amérindiennes effrayées par le refus de l´Etat de tenir compte de leurs demandes lors de l´enquête publique de l´automne dernier avaient écrit au président de la République le 28 décembre dernier (voir www.solidarite-guyane.org), et affolées par l´échec de leur réunion à Kourou le 10 février, avaient lancé une pétition sur internet que l´on trouve en haut de la page d´accueil de www.blada.com, le 25 février, pour tenter in extrémis d´éviter que l´Etat signe le décret fatidique. Terre Sacrée venait de diffuser un communiqué faisant la part un peu trop belle aux propos de l´Etat pour présenter ce parc "pour préserver la biodiversité de la Guyane", et ne donnant que le point de vue du WWF. Pour équilibrer ces propos en tenant compte cette fois des peuples aborigènes d´Amazonie, voici le communiqué de ICRA. ActualitésGuyane : création officielle du Parc amazonien de GuyaneLe Décret n° 2007- 266 du
27 février 2007 publié ce jour au JO officialise la création d’un parc
national en Guyane dénommé “Parc amazonien de Guyane”. [28 Février 2007] Fin décembre 2006, le
gouvernement avait annoncé qu’il n’allait pas donner suite aux demandes de
modification des limites du futur parc national. |
Menaces à moyen terme La création du parc risque de produire de nombreux changements au sein des communautés, qui n’y sont guère préparées. Pour les verts de Guyane, l’installation des opérateurs de tourisme, les intrusions dans les villages et surtout la création future - en toute logique - d’un réseau routier et les mutations qu’il facilitera auront des conséquences imprévisibles. Quelques individus tireront sans doute leur épingle du jeu. Mais il est évident que les sociétés du sud dans leur ensemble, du fait des précarités et des retards accumulés, ne pourront affronter les multiples situations de concurrence qui se présenteront. Par ailleurs, les Amérindiens redoutent à juste titre un développement accéléré des activités minières dans les zones de libre adhésion. Les amérindiens ne traverseront pas ces mutations sans dommages qui peuvent conduire rapidement à la paupérisation des communautés et à terme, à la dissolution de ces dernières. Précarité foncière Les autorités, depuis toujours, éludent la question de la propriété foncière collective, qui est pourtant à la base de l’organisation sociale des sociétés traditionnelles. Il est possible que les intéressés n’émettent pas de demande. Mais il est un fait que dans leur grande majorité, les amérindiens du sud se croient propriétaires, et que dans leur conception de la relation à la terre, l’intérêt des formalités (l’obtention d’un titre foncier) leur échappe. Cependant l’absence de titre de propriété interdit toute action en justice civile contre les intrusions, sur les espaces ouverts des villages ou des zones de droits d’usage. C’est cette précarité foncière enfin qui fera des Wayanas, des Emerillons et des Wayampis, à terme, des peuples sans territoire. Qui dit parc dit abrogation de l’arrêté de 1970 Les villages du sud de la Guyane sont actuellement protégés par cet arrêté qui interdit à toute personne de pénétrer sur le territoire amérindien sans autorisation préalable. Les villages étant situés en zone non protégée du Parc, l’abrogation du décret conduira immanquablement à des intrusions indésirables au sein des communautés… et le principal problème réside dans le fait que les Communautés ne disposent d’aucun moyen de défense contre ces intrusions : le statut des terres des villages (zones de droits d’usage), en l’absence de titres de propriété, ne leur donne aucun moyen d’intenter aucune action civile contre les intrusions ou les occupations sauvages. Ainsi, la réglementation du projet de Parc consiste dans les faits à étendre aux résidents les droits d’usage (chasse, pêche, cueillette, culture d’abattis) qui étaient auparavant réservés aux seules Communautés d’habitants. Le combat continue ICRA vient de rejoindre le collectif de soutien aux Amérindiens du Haut Maroni (Les verts de Guyane, Oka Mag, etc.) et compte bien continuer à faire pression sur les autorités françaises afin de faire entendre la voix des Amérindiens de Guyane qui demandent notamment : • le rattachement de tous les territoires amérindiens à la zone cœur du parc, • l’interdiction de l’orpaillage sur l’ensemble du parc, • le maintien de l’arrêté de 1970, • la reconnaissance de la propriété foncière collective des communautés amérindiennes. Le dossier complet de la campagne Guyane
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