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21 juin 2007
« Il ne faudra rien moins qu'un sauvetage de la planète pour la préserver
de la catastrophe environnementale provoquée par un changement climatique
dangereux ». Il ne s'agit pas là d'un avertissement provenant d'écolos
fondamentalistes, mais de scientifiques éminents, publiant dans une revue
scientifique sérieuse.
Six scientifiques appartenant à des institutions américaines prestigieuses
ont publié ce qui constitue une mise en garde sans ambiguité adressée au
monde : la civilisation elle-même est menacée par le réchauffement
climatique.
Ils critiquent également le Groupe Intergouvernemental pour l'Etude du
Changement Climatique de l'ONU, lui reprochant de sous estimer l'ampleur de
l'élévation du niveau des mers provoquée par la fonte des glaciers et de la
banquise durant ce siècle.
Au lieu de 40 centimètres, comme le prévoit le GIEC avec ses modèles
informatiques, cette élévation pourrait atteindre plusieurs mètres d'ici
2100. C'est pourquoi, écrivent-ils, la planète terre affronte un « péril
imminent ».
Leur étude, accompagnée de nombreuses références scientifique, a été publiée
par la revue Philosophical Transactions of the Royal Society. Ces chercheurs
mondialement réputés y décrivent en détail pourquoi ils pensent que
l'humanité ne peut plus se permettre d'ignorer plus longtemps « la plus
grave menace » qu'est le changement climatique.
« Les émissions récentes de gaz à effet de serre rapprochent dangereusement
la terre d'un changement climatique énorme qui pourrait échapper à tout
contrôle, mettant en grand danger les hommes et les créatures vivantes »,
écrivent-ils. Seul d'intenses efforts pour limiter les émissions d'origine
humaine de dioxyde de carbone et des gaz à effets de serre, permettront de
conserver le climat dans la moyenne du dernier million d'année.
Ces chercheurs ont travaillé sous la direction de James Hansen, le directeur
de l'Institut Goddard des Etudes Spatiales de la NASA, qui fut le premier à
alerter le Congrès US sur le réchauffement climatique.
Parmi eux, se trouvent Makiko Sato, Pushker Kharecha et Gary Russell,
également de l'Institut Goddard, David Lea de l'université de Californie, et
Mark Siddall de l'observatoire terrestre Lamont-Doherty, dépendant de
l'université de New York.
Dans leur étude « Climate Change and trace gases », les chercheurs
abandonnent souvent le ton distancié de la science pour souligner l'ampleur
des problèmes et des dangers posés par le changement climatique.
Dans un courriel adressé à The Independent, le Dr Hansen écrit : « à mon
avis, parmis nos publications, celle-ci a sans doute le mieux réussi à
rendre clair que la terre se rapproche dangereusement de changements
climatiques qui pourraient échapper à tout contrôle. »
Le forçage artificiel du climat résultant des émissions humaines de dioxyde
de carbone et de gaz à effets de serre menace de provoquer une bascule du
climat qui pourrait « déclencher un cataclysme » dans les glaces de
l'Antarctique et du Groenland, alertent-ils.
De telles bascules de climat considérables se sont déjà déroulées par le
passé, mais aucune n'a eu lieu depuis que les hommes ont développé des
sociétés et des civilisations complexes, qui ne survivraient sans doute pas
à des changements de cette nature s'ils intervenaient maintenant.
« Les civilisations se sont développées, et ont construit leurs vastes
infrastructures durant une période inhabituelle de stabilité climatique,
l'Holocène, qui dure depuis 12 000 ans. Cette période est sur le point de
s'achever. » Les hommes ne peuvent pas se permettre de brûler ce qu'il reste
de carburant fossile. « Le faire, ce serait rendre certain un changement
climatique dramatique, nous amenant à une planète différente de celle sur
laquelle les civilisations ont construit leurs infrastructures matérielles.
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Le Dr Hansen affirme que nous
disposons de 10 ans pour mettre en place les mesures draconiennes requises
pour limiter les émissions de CO2 suffisamment rapidement pour prévenir une
élévation dangereuse de la température moyenne. Si tel n'est pas le cas, la
chaleur accrue pourrait déclencher une fonte rapide des glaces des pôles,
rendue bien plus grave par une inversion de l'albedo, se produisant lorsque
les rayons lumineux aujourd'hui réfléchis par les surfaces gelées blanches
seront absorbés par la surface sombre de la mer.
Les glaciers et les banquises du Groenland dans l'hémisphère nord, la
banquise à occidentale de l'Antarctique au sud, montrent tous les signes
d'évolutions rapides prédits avec l'élévation de la température.
L'inversion de l'Albedo
fournit un mécanisme déclencheur. Si cet effet se poursuit suffisamment
longtemps, de nombreuses rétroactions dynamiques s'enclencheront, provoquant
l'effondrement des banquises, disent les scientifiques. « Nous affirmons que
la durée requise pour déclencher ce mécanisme est au plus d'un siècle,
probablement moins. »
La dernière évaluation publiée par le GIEC dans le courant de l'année
prévoit peu ou pas de contribution de la fonte des glaces du Groenland et de
l'Antarctique à l'élévation du niveau des mers, mais ces scientifiques
contestent leur conclusions. « Les analyses et les projections du GIEC de
prennent pas bien en compte les lois physiques non linéaires présidant à la
désintégration des glaciers humides, des fontes de glaces et de l'érosion,
et ne sont pas non plus consistantes avec les preuves issues de l'étude des
paleoclimats que nous avons produites et qui montrent l'absence de décalage
entre le forçage de la fonte des glaces et l'élévation de la mer. »
Durant leurs travaux, ils ont observé le passé sur plus de 400 000 ans en
prélevant en profondeur des échantillons de glace, et trouvé des preuves qui
suggèrent que des changements climatiques rapides, intervenant sur une
période mesurable en siècles ou même en décennies sont intervenues dans le
passé lorsque le monde commençait à se réchauffer et les glaces à fondre.
Il est impossible d'évaluer le niveau ou les émissions de gaz à effet de
serre d'origine humaine atteindront un niveau dangereux.
« Quoi qu'il en soit, il est bien inférieur à ce qui a été communément
admis. Si nous ne l'avons pas déjà franchi, notre modèle d'infrastructure
énérgétique nous garantit que nous le dépasserons en quelques dizaines
d'années », affirment-ils.
« Nous en concluons qu'une stratégie praticable pour le sauvetage de la
planète, requierera presqu'à coup sûr une méthode pour extraire les gaz à
effets de serre de l'atmosphère ».
Publication originale The Independent, traduction Contre Info

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