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La Lettre de France Bleue Samedi 7
juillet 2007
Live Earth... Al Gore... Jean-Louis Borloo... et vous, et vous...
Ce samedi 3 fois 7, c'est aussi la grande journée proposée par Al Gore : Live
Earth. Que vive notre terre !
Jean-Louis Borloo appelait tous ceux qui vont en ce jour exprimer leur joie de
vivre à se joindre en coeur et en pensée à cette aspiration des millions de fois
partagées tout autour de notre planète. Peut-être des milliards de fois.
Mais, cela ne suffira pas !
Il faut certes du coeur pour garder vivante la biodiversité et préserver sans
béquille la beauté de nos paysages comme le climat si varié qui les a produits
et qui les entretient. Car, la Terre est un grand jardin.
Nous disons ici souvent que nous sommes passés de l'économie du travail à
l'économie du carbone lequel, en première analyse, fonde toute valeur et contre
valeur. Et c'est ainsi que la valeur de la vie rejoint celle de tout capital.
Voilà l'urgence qui impose la révolution écologique à laquelle aspirent au moins
en discours bien des dirigeants qui, il y a peu de temps encore, classaient ces
préoccupations dans les discours sociétaux qu'imposait l'air des temps
médiatiques. Croyaient-ils !
Or, c'est un programme immense auquel le gouvernement semble désormais adhérer :
écologiser la fiscalité, par exemple en surpondérant la part du carbone fossile
dans l'assiette de la TVA qui mériterait dans un second temps d'être tout autant
environnementale que sociale ;
protéger les efforts d'efficience énergétique de notre industrie ;
introduire la mesure du bonus carbone dans l'actualisation des bénéfices espérés
de tout investissement productif ;
doter l'Etat d'une vision macroéconomique de la valeur carbone de manière à
éclairer correctement l'approche stratégique et énergétique de nos rapports avec
le reste du monde ;
aménager les degrés de liberté suffisants dans tous les systèmes de
gouvernance...
La liste de ces révolutions et de ces ruptures successives et nécessaires est
longue... Celles qu'on entrevoit déjà et celles qu'on ne peut encore simplement
concevoir...
Mis à part l'énergie nucléaire, toute valeur est issue de l'accumulation de
l'énergie, de l'eau et des matières premières successivement accumulées dans les
cycles de production et dans la complexité en réseau de notre économie.
Le carbone mort, celui qui n'est pas issu de la photosynthèse, source initiale
de tous les écosystèmes principaux, est de fait un emprunt aux générations
futures. Or, par exemple, nulle comptabilité, nulle système de régulation
économique, ne le fait actuellement entrer dans la part non durable de la valeur
économique des biens et des services produits. Il le faudra demain.
Les exemples proposés dans cette lettre sont épars car, cette comptabilité
n'existe pas officiellement. Mais ils montrent que le carbone, essentiellement
le pétrole, irrigue toute l'économie. Ils illustrent aussi le fait que maintenir
la dérive climatique dans une enveloppe de deux degrés, comme le propose
l'Europe au Monde et comme Nicolas Sarkozy l'a fait finalement tacitement
accepter au président des USA - c'est une révolution sur laquelle bien des
blasés ont fait la fine bouche mais dont on n'a pas fini de mesurer les
conséquences - est un effort global qui ne peut résulter que d'une nouvelle
régulation des marchés. Jacques Attali disait que nos sociétés n'avaient le
choix qu'entre un libéralisme bien compris et généralisé et la dictature
éthique. Ce sera sans doute ici et là toutes les formes de panachage des deux !
Nous y sommes d'ailleurs en grande part. Il est clair que tous les mécanismes
devront internaliser les fins globales. Appelons cela comme chacun voudra. Nous
appelons cela le développemetn durable. Mais peu importe finalement.
L'essentiel est que tous les instruments économiques devront intégrer cette
donnée progressivement, y compris les instruments monétaires internationaux.
Nous aurons l'occasion d'y revenir dans cette lettre en jetant les base d'un "Bretton
Woods du carbone".
Cette révolution ne peut donc se satisfaire des "il n'y a qu'à" ni du
catastrophisme impuissant. Cela passe par une révolution économique et
l'invention de nouveaux instruments de gouvernance et de marché. Quand
Jean-Louis Borloo se donne pour mission de contribuer à penser l'après Kyoto, il
est évidemment dans le bon chemin.
Car, si les chants et les prières peuvent aider, il reste que l'action est
essentielle et que d'une certaine façon, la politique est toujours à réinventer.
Et dire qu'il en est que cette perspective rend malades...
Ci-contre extraits d'un dossier publié par
http://www.linternaute.com/
Patrice Hernu
Président du réseau
Combien de pétrole dans mon verre de lait ?
1 litre de lait = 0,13 litres de pétrole.
La vache, le lait, la campagne…
Quoi de plus écolo à première vue ? Et pourtant : une exploitation agricole de
taille moyenne (25 vaches et 150 000 litres de lait par an) utilise l'équivalent
en énergie de 21 500 litres de pétrole (source : solagro).
Car les vaches ne se contentent pas de brouter l'herbe dans les champs : on doit
aussi leur apporter des protéines sous forme de tourteaux de soja (importé du
Brésil), du maïs (gourmand en produits phytosanitaires et en énergie), de la
lumière et du chauffage pour les bâtiments, etc.
http://www.ute.com/
Combien de pétrole dans mon gobelet ?
Un gobelet en plastique = 3,2 g de pétrole
4 % de la production pétrolière mondiale est utilisée pour fabriquer du
plastique. Le pétrole est ainsi la matière première de base d'un gobelet, d'un
téléphone portable, d'un stylo ou de la moquette.
Il faut environ 2,3 litres de pétrole pour un kilo de polystyrène. A cela il
faut ajouter l'énergie nécessaire pour la fabrication du plastique. Le raffinage
du pétrole (séparation des différentes "phases") nécessite par exemple un
chauffage à plus de 450°C.
On arrive donc à 3,2 g de pétrole pur un gobelet en plastique. On pourrait
penser économiser de l'énergie en optant pour un gobelet en carton. Raté : il
nécessite 4,1 g de pétrole pour sa fabrication et coûte 2,5 fois plus cher
(source : MIT - Massachusetts Institute of Technology). Le recyclage des
gobelets en plastique est une meilleure solution : une tonne de plastique
recyclée économise 2593 litres de pétrole. Mais pour être complètement écolo,
achetez-vous une mug !
http://www.ute.com/
Combien de pétrole dans mon jean ?
Un jean = 25 litres de pétrole
La fabrication d'un simple jean cause des dégâts environnementaux. La culture du
coton, d'abord, nécessite beaucoup d'eau, d'engrais et de pesticides (24 % de la
production mondiale de pesticides est utilisée pour le coton, qui ne représente
que 5% des surfaces cultivées).
Les engins de culture consomment du diesel, surtout dans les immenses
exploitations américaines. Le transport, ensuite : qu'il vienne d'Ouzbékistan,
d'Inde ou des Etats-Unis, le coton parcourt plusieurs milliers de kilomètres
jusqu'à la filature. Cette opération nécessite elle-même de l'énergie, ainsi que
le tissage, l'ennoblissement (teinture et finition, qui utilise des produits à
base de pétrole) et la confection.
Il faut enfin compter avec l'acheminement du produit fini jusqu'en France. Tour
cela aura nécessité plus de 870 MJ, soit 25 litres de pétrole (source : Bio
Intelligence Service). Mais le jean consommera encore l'équivalent de 37,7
litres de pétrole lors de son utilisation (lavage + lessive).
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Combien de pétrole dans mes
pneus ?
Un pneu = 27 litres de pétrole
Un pneu = 27 litres de pétrole
Un pneu "classique" de 7,25 kg est constitué de 5 kg de gomme (environ les
deux tiers du poids) et de 2 kg d'acier et de rayonne. La gomme est
elle-même constituée en grande partie de caoutchouc synthétique et de noir
de carbone, des produits issus du pétrole.
Le pneu doit ensuite être "vulcanisé" dans un moule durant dix à quinze
minutes, à une température comprise entre 150°C et 200°C et sous une
pression de 21 bars. Au final, 27 litres de pétrole sont nécessaires pour un
pneu tourisme (21 litres pour les matières premières et 6 litres pour le
procédé de fabrication), et jusqu'à 102 litres pour un pneu poids lourd
(source : Michelin).
La solution : le rechapage. Ce procédé offre une seconde vie au pneu en
collant une nouvelle bande de roulement à la carcasse. Or c'est cette
dernière qui contient 70 % du pétrole du pneu. On économise ainsi 18 litres
de pétrole (source : Bridgeston).
http://www.ute.com
Combien de pétrole dans mon jus
d'orange ?
Un verre de jus d'orange = 2,5 g de pétrole
Plus de 80 % du jus d'orange consommé en Europe vient du Brésil, premier
producteur mondial. Soit un trajet de 12 000 km pour arriver dans notre
supermarché.
Afin de réduire les coûts de transport, il est transformé en concentré par
évaporation de l'eau, puis congelé à - 18°C. Résultat : pour produire une
tonne de jus, il faut 100 kilos de pétrole et 24 tonnes d'eau (qui lui
seront ajoutées une fois l'Atlantique traversé).
C'est encore pire pour le jus d'orange en provenance de Floride : un seul
litre requiert une tonne d'eau et 2 kilos de pétrole (source : Suren Erkman).
Le dilemme, c'est que boire du "pur jus" ne règlera pas la solution : le jus
non concentré pèse plus lourd et il faudra plus de bateaux pour le
transporter.
Réfléchissez bien toutefois avant d'acheter vos légumes à n'importe quelle
saison : pour chaque calorie de carotte venue d'Afrique du Sud par avion, il
faut brûler 66 calories de carburant.
Combien de pétrole dans mon yaourt ?
Un yaourt aux fraises = 6 g de pétrole
Difficile d'évaluer la quantité de pétrole "contenue" dans un produit aussi
complexe qu'un yaourt aux fruits. Il y a la matière première (fraises,
sucre, lait, pot, étiquettes…), mais aussi le trajet et le stockage du
produit.
Selon les estimations d'une scientifique de l'institut allemand Wuppertal,
il aura fallu parcourir 9 115 km aux différents ingrédients du yaourt pour
arriver dans votre frigo. En tout, il faut compter 40 g de pétrole par kilo
de yaourt.
Ajoutez 136 g de pétrole si vous allez l'acheter en voiture au supermarché,
et 13 g pour le conserver 2 semaines dans le réfrigérateur.
Un autre institut suisse a calculé l'énergie utilisée pour la fabrication
des différents ingrédients d'un hamburger (salade, steak, oignons…) et a
trouvé un total de 20 MJ (soit 1,3 litre de pétrole environ).
Combien de pétrole dans mon ordinateur
?
Un ordinateur = 612 litres de pétrole
Un ordinateur de 24 kilos accompagné d'un écran 17 pouces nécessite 1,8
tonne de matériaux dont 240 kg d'énergie fossile (312 litres de pétrole
environ), 22 kg de produits chimiques et 1500 litres d'eau (source :
Greenpeace).
Prenez en compte que 80 % des composants viennent d'Asie et que la majorité
des ordinateurs voyagent en avion (pour arriver plus vite : les clients sont
pressés !), et vous pouvez rajouter 300 litres de carburant par ordinateur.
S'il est difficile de trouver un ordinateur fabriqué en bas de la rue, on
peut au moins être plus écolo sur l'utilisation : préférez par exemple les
ordinateurs portables qui consomment 50 à 80 % de moins que les postes
fixes, et une télé à écran plat qui permet 60 % d'économie par rapport à un
tube cathodique. Et surtout, gardez votre équipement le plus longtemps
possible sans céder aux sirènes des appareils dernier cri.
Combien de pétrole dans mon autoroute ?
Un kilomètre d'autoroute = 59800 litres de pétrole
Quand on pense transport, on réfléchit d'abord au carburant pour faire
rouler les voitures. Mais il faut aussi compter le revêtement de la route (à
refaire tous les 10 ans environ). Voici notre propre évaluation du pétrole
nécessaire au revêtement d'un kilomètre d'autoroute.
L'enrobé contient 4 à 6 % de bitume, un résidu du pétrole, et sa fabrication
nécessite 700 MJ/tonne (il faut chauffer entre 140°C et 170°C). (source:
USIRF). Pour une autoroute de 2 x 2 voies et une épaisseur d'enrobé de 20 cm
(moyenne basse), on obtient 35 tonnes de bitume et 10,8 tonnes d'équivalent
pétrole pour la fabrication.
Des solutions plus écologiques commencent à voir le jour. Colas, le leader
mondial de la construction de routes, a ainsi mis au point un liant de
nature végétale, sans dérivé pétrochimique ni bitume, et un enrobé dont la
température de fabrication est réduite et qui permet de 20 à 25 %
d'économies d'énergie.
Combien de pétrole dans ma vie
quotidienne ?
Le pétrole nécessaire pour : Prendre un bain par jour pendant un an 1180
litres de pétrole
Chauffer un appartement de 80 m² pendant un an au chauffage fioul collectif
1600 litres de pétrole
Parcourir 15 000 km en voiture (moyenne française annuelle) 1260 litres de
pétrole
La production sous serre d'un kg de concombre 0,6 litre de pétrole
La production d'un kg de viande de boeuf 2 litres de pétrole
La production d'un kg de poulet 0,2 litre de pétrole
La production d'un kg d'agneau de Nouvelle-Zélande (transport inclus) 7,9
litres de pétrole
La production d'une tonne d'azote pour la fertilisation des cultures 1,5
litre de pétrole
Une paire de chaussures de sport de jogging 6 litres de pétrole
1 litre de détergent en bouteille plastique 0,5 litre de pétrole
1 ramette de papier (500 feuilles, 80 g/m²) 2,8 litres de pétrole
Un matelas futon double en coton 120 litres de pétrole
Un lave vaisselle 93 litres de pétrole
Source : BeCitizen
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