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Les créateurs de Dolly ont obtenu, par clonage, des porcs transgéniques
Dans un communiqué, PPL Therapeutics précise que chacun des cinq porcs créés par clonage est porteur, dans ses cellules, d'un " marqueur génétique" introduit artificiellement au sein du génome de ces animaux. Un tel résultat marque sans aucun doute une nouvelle étape dans la maîtrise de la technique du clonage reproductif chez les mammifères. Il y a quelques mois, cette société de biotechnologies annonçait, dans les colonnes de l'hebdomadaire britannique Nature, avoir réussi à créer cinq premiers porcs à partir du clonage de noyaux de cellules - non modifiées génétiquement - prélevées sur des animaux adultes. Ce résultat avait immédiatement conduit à une hausse de 56 % de l'action PPL Therapeutics à la Bourse de Londres. Cette publication coïncidait alors avec celle, faite dans l'hebdomadaire américain Science, de la création, par une équipe de chercheurs japonais et américains, d'une truie à partir du clonage d'un noyau de cellules fotales (Le Monde du 18 août 2000). A la différence de la création - déjà réussie - d'ovins au patrimoine génétique modifié producteurs potentiels de molécules humaines pouvant être utilisées à des fins thérapeutiques, les travaux sur des porcs ont pour premier objectif de fournir des organes (cours, foies ou reins) qui pourraient être greffés sur l'homme. On espère de la sorte créer des porcins au patrimoine génétique " humanisé" dont les organes ne provoqueraient plus chez l'homme les réactions immunologiques de rejet qui interdisent aujourd'hui leur utilisation. La firme britannique souligne que le résultat obtenu s'inscrit dans un programme qui vise à fournir des animaux dont les organes et les cellules pourront être "transplantés avec succès sur des humains." PPL Therapeutics souligne que les xénogreffes - greffes pour lesquelles le donneur et le receveur ne sont pas de la même espèce - constituent "la seule solution à court terme pour résoudre la pénurie mondiale d'organes". Selon cette société, les premiers essais cliniques pourraient être effectués "dans quatre à cinq ans". Le marché annuel des xénogreffes est évalué à 5 milliards de dollars pour les seuls organes entiers, marché auquel on peut ajouter celui des thérapies cellulaires, au premier rang desquelles la transplantation de cellules pancréatiques synthétisant de l'insuline, susceptibles d'être utilisées pour soigner les personnes souffrant de diabète. LES RISQUES DES XÉNOGREFFES En réalité, les xénogreffes n'apparaissent plus aujourd'hui comme une perspective thérapeutique aussi prometteuse qu'il y a quelques années. L'utilisation de porcs transgéniques pour produire des greffons humanisés pouvant être utilisés à des fins médicales soulève en effet de nouvelles inquiétudes quant à l'émergence, dans l'espèce humaine, de nouvelles infections virales d'origine animale. Une équipe américaine a ainsi démontré, en août 2000, qu'il était possible d'infecter des lignées de cellules humaines cultivées en laboratoire avec des rétrovirus naturellement présents chez les porcs. Ces mêmes virus pouvaient aussi contaminer des souris greffées avec des tissus pancréatiques de porcs. La prise en compte de ce risque avait conduit le Conseil de l'Europe à réclamer, en 1999, un moratoire sur les xénogreffes. Le Comité national d'éthique français a jugé pour sa part largement prématurée le lancement des premières expérimentations sur l'homme. Il faut en outre compter avec les nouveaux espoirs thérapeutiques issus des techniques du clonage thérapeutique, ainsi qu'avec la possible maîtrise des cultures de cellules-souches humaines pouvant être prélevées soit sur des fotus soit sur des organismes adultes. Jean-Yves Nau ====================== Républicain Lorrain du 12 avril 2001 Naissance des premiers cochons trangéniques clonés Ils sont porteurs d'espoir pour des milliers de malades. Les cinq premiers porcelets transgéniques clonés sont nés aux Etats-Unis. LONDRES.- La société britannique à l'origine de la brebis clonée Dolly a annoncé hier le clonage des premiers porcelets transgéniques, un nouveau pas vers la création "d'usines animales" produisant des organes destinés à être greffés sur l'homme. Des cochons avaient déjà été clonés l'année dernière, mais la nouveauté réside dans le fait que cette fois-ci les cinq porcelets reproduits sont tous porteurs d'un "marqueur génétique" étranger qui a été introduit dans leur structure ADN, a expliqué PPL Therapeutics. Il s'agit d'une "première mondiale", a souligné la compagnie, basée à Edimbourg (Ecosse). Cette modification génétique est importante parce qu'elle constitue une étape vers ce qui représentera peut-être un jour une véritable "banque" d'organes d'animaux pouvant être greffés sur l'être humain sans risque de rejet. En effet, certains organes d'animaux - de cochons notamment - très proches de ceux des humains, ont le défaut de contenir un gène provoquant leur rejet du corps humain en cas de greffe. En réussissant à créer le même organe animal, mais exempt de ce gène à l'origine du rejet - qui serait "inactivé" -, les scientifiques franchiraient une étape considérable. Tout en reconnaissant n'en être pas encore là, PPL Therapeutics a estimé hier que le clonage des cinq porcelets transgéniques, réalisé dans un laboratoire de Blacksburg, en Virginie (USA), "démontrait la faisabilité" d'un tel projet aux potentialités considérables. La xénotransplantation, la greffe d'organes d'une espèce à une autre, constitue "la seule solution à court terme pour résoudre la pénurie mondiale d'organes", a souligné la compagnie. Des valves de coeur de porc sont déjà utilisées chez l'homme depuis près de 30 ans, rappelait le comité d'Ethique français dans son dernier avis sur la xénotransplantion, en juin 1999. Selon PPL Therapeutics, des essais cliniques pourraient démarrer "dans 4 à 5 ans". Et le marché pourrait se chiffrer à 5 milliards de dollars uniquement pour les organes entiers, sans compter les thérapies cellulaires, comme la transplantation de cellules produisant de l'insuline pour soigner les diabétiques, qui pourrait également être possible, selon PPL. ================== Porcelets transgéniques clonés |