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TOUT EN BAS! Ascenseur expressLe rat Ralf

premier rat cloné par des français

 

Agence Française de Presse, 26 septembre 2003

WASHINGTON - Des chercheurs français ont réussi à cloner des rats. C'est une première pour cette espèce qui constitue un modèle important de
recherche sur les maladies humaines.

"Le rat est l'un des animaux les plus utilisés dans la recherche scientifique", a déclaré dans un communiqué GenOway.

Cette société
française de biotechnologie fournit des cultures cellulaires obtenues par
génie génétique et des animaux de laboratoires.
"Cloner aidera au développement de spécimens de rats génétiquement modifiés
d'une plus grande qualité et prévisibilité.

Les résultats scientifiques
obtenues avec ces spécimens contribueront au développement de moyens
thérapeutiques novateurs pour des pathologies comme les maladies
cardiovasculaires, les cancers, l'obésité, le diabète et les troubles
nerveux", affirme GenOway.

Le rat n'avait pas été cloné jusqu'à présent en raison d'une particularité
biologique ne laissant pas le temps aux chercheurs de réaliser la procédure
de clonage, ont expliqué les auteurs des travaux. Les chercheurs ont
finalement trouver le moyen de la neutraliser.

Libération 26 septembre 2003

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Le rat Ralf est agréablement gras, tout à fait en bonne santé, et parfaitement blanc en bon rat de race albinos. D'une certaine façon, Ralf est un rat catégorie RAS ­ rien à signaler ­ et c'est bien cette insigne insignifiance qui lui vaut d'être exposé de façon avantageuse, ce vendredi, dans la revue Science : à dix mois, Ralf se porte comme un charme et cela, alors même qu'il est un clone.

Jusqu'alors, tous les clones de rat avaient connu un développement foetal fatal. Ralf, lui, est né sans encombre. Il est non seulement le premier clone survivant de son espèce mais aussi déjà le premier d'une série de clones, nous apprend Science.

Depuis novembre, trois autres clones de rat, un mâle et deux femelles, sont nés. A l'instar de leur aîné, ils ont vu le jour à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Jouy-en-Josas (Yvelines), dans ce même laboratoire, dirigé par le biologiste de la reproduction Jean-Paul Renard, où ont été créés, par clonage, des dizaines de veaux et les premiers lapins. Introït, donc, sa majesté le rat dans le riche bestiaire du clonage où siègent déjà chat et souris.

«Réussite majeure». N'en déplaise aux amis de la dératisation, la multiplication du rat par clonage est «une réussite scientifique majeure» aux bénéfices prometteurs pour la recherche médicale, insiste Alexandre Fraichard, directeur de GenOway, l'entreprise lyonnaise de biotechnologie animale, experte en physiologie du rat, coauteure avec l'Inra de la naissance de Ralf et de ses pairs.

«Quand on pense aux animaux de laboratoire, on pense aux souris, explique Jean-Paul Renard. Mais le rat est souvent plus important pour la recherche pharmaceutique. Il fournit de bons modèles de pour l'étude de l'hypertension, l'athérosclérose, l'obésité, et aussi les neurosciences car on sait évaluer, par des tests, les modifications de ses facultés mentales.» Pourtant, le rat a un défaut : il résiste aux modifications génétiques précises.

«Grace au clonage, ce handicap pourra être surmonté, estime Jean-Paul Renard. Et on devrait ainsi obtenir en nombre des rats transgéniques.»

Taux de réussite, 2 %. Le premier obstacle vers ces rats «sur mesure» est donc franchi. Laborieusement. «Notre taux de réussite, pour le clonage de ces rats, est de 2 %, comme dans les autres espèces. Mais nous avons montré que le rat peut être cloné, ce qui n'était pas évident.» L'ovule de la rate a en effet pour particularité de s'«activer» très rapidement après son prélèvement, entamant un développement incompatible avec sa manipulation.

Ralf et ses pairs ne doivent leur existence qu'à la découverte, par les chercheurs, d'une substance retardant suffisamment cette activation pour que soient réalisés les gestes du clonage : retrait du noyau de l'ovule, injection du noyau d'une cellule somatique de l'animal à «recopier». «Nous avons aussi vérifié que ces clones sont fertiles», ajoute le chercheur de l'Inra : Ralf est déjà père de ratons bien portants.

Quant à sa longévité, elle sera consignée : «Nous laisserons Ralf vivre sa vie de rat.» Rendez-vous au point d'orgue, dans quatre ou cinq ans.

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Anne Esperet

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