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Tous les chiffres du réchauffement climatique
Elise
Buckle, coordinatrice du programme énergie climat du WWF :
"La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population
mondiale"
Les impacts mondiaux du
réchauffement en Arctique dépassent les prévisions
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon s'est rendu dans
l'archipel norvégien de Spitzberg (Svalbard) pour constater les dégâts
liés au réchauffement climatique. Il appelle les dirigeants du monde à
agir.
L'Arctique souffre du réchauffement climatique. Les conséquences de
l'augmentation des températures sont d'ores et déjà visibles à
Spitzberg où Ban Ki-moon s'est rendu hier.
La fonte de la banquise, des icebergs et des glaciers s'effectue
beaucoup plus rapidement que dans les autres régions du monde et
dépasse les pires prévisions des scientifiques et des climatologues.
Des émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre qui se libère
progressivement des sous-sols gelés appelés permafrost, inquiètent.
Les scientifiques du Centre national océanographique de l'Université
de Southampton ont découvert 250 nuages de méthane s'élevant vers la
surface à l'est de l'île de Spitzberg. Ils craignent la généralisation
de ce processus qui accentuerait le réchauffement de la planète
au-delà des prévisions du GIEC, qui ne prennent pas en compte dans
leurs calculs les émissions de méthane.
"Nous devons empêcher que cela se poursuive" a déclaré le secrétaire
général des Nations Unies à l'issue de sa visite dans l'Arctique. "Si
nous ne combattons pas le changement climatique, si nous n'arrêtons
pas cette tendance, nous subirons des conséquences dévastatrices pour
l'humanité" a-t-il ajouté.
Il a appelé le monde entier à prendre des mesures d'urgence pour
réduire les émissions de gaz à effet de serre et trouver un accord
"étendu, équitable et équilibré" au Sommet de Copenhague fin décembre.
"Le changement climatique affecte tout le monde. Il ne respecte pas
les frontières. Les dirigeants politiques devraient donc agir en tant
que dirigeants mondiaux" a dit Ban Ki-moon.
Source :
http://www.vedura.fr
Elise
Buckle, coordinatrice du programme énergie climat du WWF :
"La fonte des glaces pourrait menacer un quart de la population
mondiale"
LEMONDE.FR | 03.09.09
Alors que se tient, jusqu'au 4 septembre, à Genève, la
Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre,
une étude sur les conséquences du réchauffement de l'Arctique.
L'étude conduite par le WWF s'est penchée sur le rôle de
l'Arctique en matière de changement climatique. En quoi l'Arctique est-il
déterminant pour le climat ?
L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la
Terre.
C'est quelque chose qui est observé aujourd'hui et à propos
duquel on n'a pas forcément tous les éléments d'explication. On sait
néanmoins que du fait de l'inclinaison de la Terre, c'est une
zone particulièrement exposée au Soleil, surtout pendant la période d'été.
Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu'à présent, les
glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons
solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de
chagrin au profit de l'océan Arctique, ce dernier, de par sa
couleur plus sombre, n'a plus ce rôle de réflexion des rayons
solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et
des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et
du gaz carbonique qu'ils contiennent. Cela joue aussi comme un
accélérateur du changement climatique.
Enfin, l'océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur
climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie
sa salinisation, parce qu'il contient de plus en plus d'eau douce.
Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les
grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet
notamment d'adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream
ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers
pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.
Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent
qu'une hausse des océans de plus d'un mètre est à craindre. Quelles en
seraient les conséquences ?
Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés
d'ici à la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus
d'un mètre et menacer jusqu'à un quart de la population
mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé
par le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) en
2007. Tout montre que c'est ce scénario qui se profile si rien
n'est fait.
L'augmentation du niveau de la mer ne sera pas la même partout à
la surface du globe mais variera d'un continent à l'autre, d'une
ville côtière à l'autre. Seront particulièrement menacées les
populations des grandes mégalopoles des zones côtières, sur le sous-continent
indien -le Bangladesh étant l'exemple le plus connu-, en Asie du
Sud-Est, en Chine, en Indonésie, mais aussi en Amérique latine, où une
grande partie de la population vit sur les côtes, en Amérique
centrale.
Or ces grandes mégalopoles ne sont pas forcément préparées comme
en Europe, où, par exemple aux Pays-Bas, on a les moyens et la
technologie nécessaires pour construire des digues afin de
protéger la population. De plus, dans les grandes mégalopoles
des pays pauvres, beaucoup de gens vivent dans les bidonvilles.
Ces populations seront les plus vulnérables aux inondations.
Un autre phénomène à prendre en compte est qu'il y a des terres
qui ont tendance à s'enfoncer, ce qui accentue les risques d'innondations
dans les zones côtières. C'est notamment le cas dans les îles du
Pacifique comme Tuvalu ou Vanuatu, où les populations locales
vont devoir quitter leur pays d'origine pour s'installer
ailleurs. L'eau salée commence déjà à s'infiltrer à l'intérieur
des terres, les rendant de plus en plus difficiles à cultiver.
Comment empêcher cette "spirale du réchauffement"?
Le WWF a revu ses objectifs de réduction de gaz à effet de
serre. Nous demandons aujourd'hui des objectifs beaucoup plus ambitieux pour
le sommet de Copenhague [qui, en décembre, doit parvenir à un
accord sur la suite à donner au protocole de Kyoto, qui prend
fin en 2012], à savoir une baisse de 80 % des émissions d'ici à
2050, au niveau mondial, pour tous les pays. Les pays
industrialisés ayant une responsabilité historique, il faut
qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 %
d'ici à 2020 et qu'ils stoppent la croissance de ces émissions
dès 2015. De toute façon, le réchauffement climatique a déjà
lieu. Il y a une forte concentration de gaz à effet de serre
dans l'atmosphère, et le CO2 qui y est stocké va y rester pendant
plusieurs années. L'objectif, désormais, est de limiter l'ampleur du
réchauffement
climatique à deux degrés sur l'ensemble du siècle. Car au-delà,
il
risque d'y avoir des impacts irréversibles.
LLa France s'est engagée à une réduction de ses émissions d'au
moins 30 % d'ici à 2020. Nous estimons donc que ce n'est pas
assez. D'autant que cet objectif, comme celui que s'est fixé
l'Union européenne, est conditionnel : il est lié à l'obtention
d'un accord jugé satisfaisant lors du prochain sommet de
Copenhague. Un des critères étant que la Chine s'engage elle
aussi à une baisse de ses émissions chiffrée et ambitieuse.
Sinon, l'objectif de réduction des gaz à effet de serre d'ici à
2020 ne sera plus que de 20 %.
"Nous fonçons vers l'abîme"
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est alarmé jeudi
3
septembre à Genève de l'accélération du réchauffement
climatique. "Nous avons le pied collé sur l'accélérateur et nous
fonçons vers l'abîme", a lancé M. Ban devant la 3e Conférence de
l'ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la
semaine. Le secrétaire général des Nations Unies, qui revient de
l'Arctique où il a constaté les ravages du changement
climatique, a averti que "ce qui se produit maintenant" devait
arriver bien plus tard, selon les prédictions des scientifiques.
"Les scientifiques ont été accusés pendant des années d'être des
alarmistes. Mais les vrais alarmistes, ce sont ceux qui disent
que l'on ne peut engager une action pour le climat car cela
ralentirait la
croissance économique", a-t-il déclaré.
Propos recueillis par Hugo Lattard
Le Monde

Les impacts mondiaux du
réchauffement en Arctique dépassent les prévisions
5 septembre 2009 : Le réchauffement en Arctique constitue une
bombe à retardement car la fonte des glaces risque de provoquer
un relargage de gaz à effet de serre et une montée des eaux
menaçant un quart de la population mondiale. C'est ce que nous
apprend le nouveau rapport du WWF.
Le rapport « Les rétroactions du climat en Arctique :
implications mondiales » publié hier, souligne les conséquences
mondiales désastreuses du réchauffement de l'Arctique qui
s'avèrent bien plus graves que les prévisions précédentes. Ce
rapport inédit rédigé par des scientifiques leaders dans le
domaine, fait le point sur les connaissances actuelles sur le
réchauffement de l'Arctique.
« Leurs conclusions dressent un tableau vraiment inquiétant »
explique le Dr Martin Sommerkorn, conseiller scientifique sur le
changement climatique pour le programme Arctique du WWF. « Ce
que révèle ce rapport, c'est que le réchauffement de l'Arctique
constitue bien plus qu'un problème local, c'est un problème
mondial. En clair, si nous ne maintenons pas l'Arctique à des
températures assez basses, des populations des quatre coins du
monde en subiront les effets.»
L'Arctique en état de fièvre
Le rapport montre clairement que de nombreuses rétroactions
liées aux bouleversements du climat de l'Arctique rendront le
dérèglement climatique mondial bien plus grave que ce que nous
indiquaient les projections les plus récentes, notamment celle
du dernier rapport du GIEC en 2007.
La fonte spectaculaire des glaces de mer - qui est deux fois
plus rapide que la moyenne mondiale - influencera radicalement
la circulation atmosphérique et les conditions météorologiques
en Arctique et dans le monde. Cela pourrait changer radicalement
le climat (températures et précipitations) en Europe et en
Amérique du Nord, affectant ainsi l'agriculture, les forêts et
les réserves d'eau.
Le dégel des sols et zones humides : une bombe à retardement
dont le compte à rebours est déjà amorcé
Les sols et zones humides gelés contiennent deux fois plus de
carbone que l'atmosphère. Etant donné le réchauffement en
Arctique, ces sols vont fondre et relarguer du dioxyde de
carbone et du méthane dans l'Atmosphère, à des rythmes bien plus
rapides. Les taux de méthane dans l'atmosphère, un gaz à effet
de serre particulièrement puissant, ont augmenté ces deux
dernières années. Cette augmentation semble liée au
réchauffement de la toundra septentrionale.
L'élévation du niveau des océans qui s'accélère
Cette étude du WWF, première en son genre, qui intègre le sort
des calottes glaciaires du Groenland et de l'Ouest de l'Arctique
dans des prévisions de niveau mondial des mers, conclut que le
niveau des mers risque fortement de s'élever d'au moins un mètre
d'ici à 2100 (plus de deux fois plus que ce que prédisait le
rapport du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution
du Climat). Les inondations provoquées par ce phénomène dans les
régions côtières toucheront plus d'1/4 de la population
mondiale.
Selon le Dr Sommerkorn « ce rapport montre qu'il est urgent de
ralentir les émissions de gaz à effet de serre tant qu'il est
encore temps. Si on laisse l'Arctique devenir trop chaud, il
n'est pas sûr que nous puissions garder ces rétroactions sous
contrôle ».
En décembre 2009, les gouvernements de 191 pays vont se
rencontrer à Copenhague pour le cycle final de négociations pour
un nouvel accord mondial sur le climat. Les négociations à
Copenhague doivent approuver un nouveau cadre légal pour une
action mondiale sur le climat à partir de 2013. Ce cadre devra
garantir des réductions d'émissions bien plus fortes et rapides
de la part des pays industrialisés, et le financement destiné à
permettre aux pays en développement de prendre également des
mesures pour le climat. Nous n'avons plus le choix, face à
l'ultimatum climatique nous devons agir.
« Il faut tenir compte de ces signaux de l'Arctique, et prendre
les mesures nécessaires à Copenhague en décembre prochain pour
parvenir à un accord qui limite rapidement et efficacement les
émissions de gaz à effet de serre » déclare James Leape,
Directeur Général du WWF International.
Source :
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2072.php
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