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articles dans cette page :
L’Amazone est à son plus bas niveau depuis 30 ans
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L'Amazone en dramatique manque d'eau - Photo HD
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13-10-2005.
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2053
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Le nord du Brésil et
l'Amazonie connaissent actuellement une sécheresse exceptionnelle. Plusieurs
villes de la région ont déjà décrété l'état d'urgence et en appel à l’aide
au gouvernement fédéral. De récentes études de la station de surveillance de
la forêt amazonienne, installée à Santarém, rapportent que le fleuve Amazone
a baissé de quinze mètres par rapport à son niveau habituel. Du jamais vu
depuis 40 ans.
Pour expliquer ce phénomène Paul Lefebvre, l'un des chercheurs de la station
de Santarém, met en cause le réchauffement des eaux de surface de
l'Atlantique. 'La température élevée de l'océan constatée cette année est à
l'origine de la formation des cyclones dévastateurs qui remontent en
direction des Etats-Unis. Dans le même temps, cela provoque l'installation
de hautes pressions sur les régions situées plus au sud. Or, quand les
pressions sont hautes, il y a moins de pluie', expliquait le chercheur hier
dans les colonnes du magazine britannique Nature.
Les risques sanitaires sont d’ores et déjà dans tous les esprits. Les
populations locales craignent que ce manque d'eau ne réduise les
possibilités de pêche et augmente les risques de maladies. A long terme,
cette sécheresse pourrait également être le déclencheur de nombreux
incendies de forêts. Incendies qui ont des incidences directes, on le sait,
sur le réchauffement de la planète. Réchauffement à l’origine supposée de
cette sécheresse. Bref, la spirale semblerait en route…
Cécile Fargue
L’Amazone est à son plus bas
niveau depuis 30 ans
L'Amazone, le fleuve le
plus puissant de la terre (son débit annuel, est estimé à 200.000 m3/sec, ce
qui représente 5 fois celui du Zaïre, 10 fois celui du Mississippi, 75 fois
celui du Nil, ou encore 115 fois celui du Rhône), est à son étiage le plus
bas depuis au moins 30 ans. Là où la profondeur du fleuve atteint
normalement 15 mètres, elle n'est plus que de 80 cm actuellement. C'est
notamment le cas à la confluence de l'Itaya et de l'Amazone, en aval
d'Iquitos, au lieu-dit La Barra. Cette situation met en péril tout le trafic
fluvial de charges et de passagers. En effet, l'Amazone et ses affluents
constituent l'unique voie de communication de cette région sans routes et où
l'avion n'a qu'un rôle marginal avec le reste du pays.
La raison de cette situation invoquée par le président de la Commission de
l'Environnement du Loreto Luis Campos Baca est la déforestation intense de
l’Amazonie. Elle aurait entraîné un dérèglement du régime de l'évapo-transpiration
de la forêt, qui génère 50% des pluies tombant sur le bassin fluvial
amazonien. L'autre moitié des pluies provient des glaciers qui sont en recul
dans les Andes, où l'Amazone prend sa source. "Avec la déforestation, les
pluies se réduisent et ne sont plus cycliques".
En raison de ce niveau très bas, les énormes barges de 500 tonneaux qui
transportent les matières premières doivent se frayer un sillage dans les
zones où l'eau est suffisamment profonde. Ces barges mettent 25 jours pour
parcourir 600km au lieu des 4 jours en temps normal.
Les cargos quant à eux ne peuvent plus remonter le fleuve et doivent
décharger leur cargaison sur les barges qui peuvent encore le faire... Les
coûts de transport s'en trouvent multipliés par sept!
Auteur :
Twister C
LE MONDE |
20.10.05
L'Amazone en
dramatique manque d'eau
Depuis le début du mois d'octobre, l'Amazone, le fleuve
au plus fort débit de la planète, a atteint son niveau le plus bas depuis
trente-cinq ans à la station d'Iquitos (Pérou). En septembre, les forêts
bolivienne et péruvienne ont été le théâtre d'incendies gigantesques, qui
ont ravagé plusieurs dizaines de milliers d'hectares. Au Pérou comme au
Brésil, des populations entières sont coupées du reste du monde parce que
les bateaux, qui sont le seul moyen de transport dans la forêt tropicale,
ne peuvent plus remonter les cours d'eau.
A tous ces faits, une seule cause : la sécheresse. Une sécheresse qui
frappe d'autant plus les esprits que, dans l'imaginaire collectif,
l'Amazonie est synonyme de pluies diluviennes immuables. Or c'est loin
d'être le cas. Les climatologues ont ainsi découvert que la forêt
amazonienne avait connu, depuis la dernière déglaciation, d'importantes
perturbations climatiques dues à de très fortes anomalies du régime des
pluies.
Aussi la baisse du débit de l'Amazone n'étonne-t-elle pas les
spécialistes. Certes, la sécheresse constatée aujourd'hui "est importante,
mais elle n'est pas aussi élevée que celle de 1998, due au phénomène El
Niño 1997-1998 et qui a provoqué de grands incendies dans la forêt
amazonienne" , explique Laurence Maurice-Bourgoin, hydrogéochimiste de
l'Institut de recherche pour le développement (IRD), à Toulouse
(laboratoire des mécanismes et transferts en géologie). "En 1963, une
sécheresse très forte liée à El Niño s'est également produite" ,
rappelle-t-elle.
Le débit des eaux du fleuve Amazone est corrélé à une pluviométrie très
influencée par les variations des températures de surface de l'océan
Pacifique tropical et de l'océan Atlantique tropical.
Le nord-est du bassin amazonien réagit fortement au Pacifique tropical et
aux phénomènes El Niño et la Niña, tandis que le sud-ouest de la région
est sous l'influence de l'Atlantique tropical nord. Or on constate
actuellement que la température de surface de ces eaux océaniques dépasse
la normale de 0,5 ºC à 1 0C. "Il s'agit d'une anomalie positive
significative" , explique Josiane Ronchail, géographe et maître de
conférences à l'université Paris-VII.
Cette valeur élevée de la température de surface de l'océan "correspond à
des pressions plus basses, ce qui affaiblit les alizés et diminue le flux
de la mousson en direction de l'Amazonie" , précise la géographe. Au nord,
les eaux chaudes ont alimenté en énergie une série d'ouragans comme
Katrina et Rita, qui feront date dans l'histoire de la météorologie
américaine ; au sud, ces mêmes eaux anormalement chaudes ont empêché la
mousson d'arroser le bassin amazonien...
Les variations de la température de surface de l'Atlantique nord sont
reliées à une variabilité naturelle de l'océan, à la fois décennale et
pluri décennale. "Le problème actuel est peut-être dû à une mise en phase
de ces différents phénomènes", avance Josiane Ronchail.
En tout cas, les climatologues ne sont pas encore capables de déterminer
s'il existe un lien entre les variations de la température de surface de
l'océan Atlantique tropical nord et le réchauffement climatique, même
s'ils disent travailler sur le sujet.
La baisse du débit actuel de l'Amazone correspond à une tendance lourde
constatée depuis 1999. Les mesures réalisées à la station brésilienne d'Obidos
située sur les bords de l'Amazone à 800 km de l'Atlantique en
collaboration avec des chercheurs français, dont Jean-Loup Guyot (IRD),
montrent "une diminution importante du débit liquide et de la hauteur
d'eau du fleuve depuis cette date". Le volume maximal des eaux roulées par
le fleuve, alimenté par le rio Solimoes (qui prend sa source au Pérou),
par le rio Madeira (Bolivie) et par le rio Negro, est ainsi passé de 267
000 mètres cubes par seconde en 1999 à 226 000 mètres cubes par seconde en
2003.
Alors que la profondeur d'eau maximale de l'Amazone est de 70 mètres en
période de crue à la station d'Obidos, les chercheurs ont constaté qu'elle
avait baissé de 1,10 m entre 1999 et 2004. Pendant la saison "sèche", où
il pleut moins, le niveau du fleuve baisse encore de 6 à 7 mètres.
Alors même que le débit de l'Amazone diminue, la quantité des sédiments
transportés s'est accrue paradoxalement entre 2000 et 2003, passant de 896
millions de tonnes/an en 2001 à 1,1 milliard de tonnes/an en 2003. Cette
augmentation serait due à une érosion plus importante des affluents andins
du rio Solimoes, provoquée en partie par une déforestation massive au
Pérou et en Bolivie.
L'assèchement actuel des cours d'eau pourrait aussi avoir des
répercussions notables sur certaines populations animales déjà menacées.
Le ministère de l'environnement brésilien s'inquiète déjà du sort de deux
espèces protégées : le "boto", petit dauphin d'eau douce, et le lamantin,
ce paisible mammifère marin que les autochtones ont surnommé le "poisson-boeuf".
Christiane Galus
Article paru dans l'édition du Monde du 21.10.05
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