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MOUVEMENT MONDIAL POUR
LES FORETS TROPICALES
WORLD RAINFOREST MOVEMENT
Secrétariat International
Maldonado 1858, Montevideo, Uruguay
Mel:wrm@wrm.org.uy
Site internet:
http://www.wrm.org.uy

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Les experts à la solde des
transnationales se sont avérés capables d'une inventivité
sans bornes pour mieux servir ceux qui les payent. Pour eux, rien n'est
impossible, ni absurde, ni immoral. Parmi leurs exploits les plus récents
figure le fait d'avoir réussi à mettre en vente la nature elle-même, par le
biais de ce qu'on appelle " les services environnementaux ". Des expressions
telles que " la vente d'oxygène " et " la vente
de puits de carbone " sont devenues monnaie courante, en particulier dans
les pays
du Sud. Des centaines de fonctionnaires gouvernementaux, d'experts-conseil,
de
certificateurs, d'ONG conservationnistes nationales et internationales,
d'organismes
des Nations unies, d'agences de coopération, de banques privées et
multilatérales, de courtiers en bourse et d'entrepreneurs s'acharnent, parmi
d'autres, à se tailler leur part d'un gâteau évalué à des milliards de
dollars. Pendant ce temps, ils achètent et
vendent la diversité biologique, les connaissances traditionnelles, la
conservation des ressources hydriques. N'importe quoi. Pour de l'argent et
du pouvoir.
Le problème est que la plupart de ces " marchandises " (les services fournis
par les forêts) ne sont pas à eux : elles appartiennent aux peuples qui
habitent les forêts. Or
cela n'arrête pas les vendeurs ni les acheteurs de " services
environnementaux ", qui
disposent de deux moyens pour s'approprier le bien d'autrui. D'une part, de
grandes entreprises que l'on appelle, à tort, des ONG écologistes - par
exemple, The Nature Conservancy et Conservation International - acquièrent
des droits sur les territoires, que ce soit en achetant des terres ou en
gérant de prétendus projets de
conservation, et expulsent les populations locales (généralement des peuples
indigènes ou traditionnels). Elles deviennent ainsi propriétaires des "
services "
qu'elles s'empressent de commercialiser sur le marché international.
Le deuxième moyen consiste à obtenir, par la passation d'un contrat avec les
représentants des communautés, l'usufruit de la forêt et donc des " services
" qu'elle
fournit. Ces contrats, généralement conclus de manière frauduleuse avec des
populations qui ignorent leur vraie portée, octroient aux acheteurs des
droits d'usage
illimités sur une partie ou sur l'intégralité des " services " des forêts.
Dans ce marché
de dupes, les populations perdent pour quatre sous leur souveraineté sur les
forêts,
dont la " gestion " est transférée aux vendeurs et acheteurs de " services
environnementaux ".
Néanmoins, à mesure que le processus avance, ces deux moyens sont de plus en
plus contestés par les communautés concernées, qui élèvent la voix pour
défendre
leurs droits. Cette réalité est devenue évidente il y a quelques jours en
Équateur. En effet, une rencontre sur le
thème " Services environnementaux : la Nature en tant que marchandise " a eu
lieu les 19 et 20 mai en Amazonie équatorienne (à Puyo), à laquelle ont
assisté des représentants de toutes les nationalités indigènes du pays,
d'autres populations traditionnelles et d'ONG nationales et internationales.
Les participants ont pris part à un débat documenté où la question a été
analysée du point de vue local et mondial, et où l'on a exposé des cas
concrets de contrats frauduleux imposés aux communautés. Après avoir examiné
tous les aspects du problème, les participants ont déclaré à l'unanimité : |
[...] " la NULLITÉ des contrats, conventions et projets qui impliquent la
vente de services environnementaux ".
Cette déclaration (http://www.wrm.org.uy)
porte sur bien d'autres points, dont il convient de souligner les suivants :
- " Nous refusons toute initiative comportant la vente de services
environnementaux dans les territoires des peuples et des nationalités
indigènes et des populations
paysannes et afro-équatoriennes.
- Nous refusons l'application du dénommé Mécanisme de Développement Propre
(MDP), prévu dans le Protocole de Kyoto, à des projets qui affectent les
populations, tels que les barrages hydroélectriques, les plantations
forestières et d'autres.
- Nous refusons dans nos communautés la passation de nouveaux contrats de
vente
de services environnementaux avec des ONG nationales ou internationales, des
municipalités ou des particuliers.
- Nous exhortons la CONAIE et la CONFENIAE [des confédérations regroupant
les
communautés indigènes de l'Équateur] à intenter les actions en justice correspondantes pour que les notaires, les promoteurs de contrats et les ONG
qui participent à ces opérations soient punis par la loi.
- Nous nous opposons catégoriquement à la présence, dans les territoires des
peuples indigènes et des communautés paysannes et afro-équatoriennes,
d'organisations telles que GTZ, Conservation International, The Nature
Conservancy, Ecolex, Ecociencia, Fundación Natura, Arco Iris, Antisana et
autres.
- Nous refusons les projets de prospection et de piraterie biologiques qui,
travestis en
recherches scientifiques, visent à s'approprier nos ressources naturelles et
les connaissances traditionnelles qui y sont associées. "
En définitive, cette déclaration est un message important et très opportun
que l'Amazonie adresse au monde entier, car il alerte les peuples contre les
dangers que comporte ce commerce de " services environnementaux " et dénonce
ceux qui prétendent s'approprier par ce biais les territoires des
populations indigènes et traditionnelles. La fourberie des trafiquants de
vie commence à devenir visible, à être
dénoncée et combattue. On oppose à l'escroquerie la souveraineté et les
droits des peuples, le mot d'ordre étant que la nature n'est pas une
marchandise et qu'elle n'est
pas en vente. C'est aussi simple que cela, et aussi profond.
Merci à arutam@free.fr pour cette info.

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