"Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) se répandent comme du pollen par grand vent. Ils sont imperceptibles, ils sont là mais on ne les voit pas, on ne les sent pas. Il y en a dans nos assiettes et seules quelques personnes averties savent ce qui se cache derrière ces trois lettres.
Les OGM laissent rarement indifférent! On raconte beaucoup de choses au sujet de ces nouveaux aliments : que c'est dangereux, ou bien que c'est bien pour l'environnement, qu'ils vont pouvoir nourrir la Terre pour faire face à l'explosion démographique..." 60 % des Français y sont plutôt opposés - Sondage réalisé pour Libération - 3 août 2000 : NOVARTIS arrête la production d'aliments transgéniques - 21 juin 2000 : Pollution "accidentelle" de 4800 hectares de maïs en France - Autre sondage : http://ww2.creaweb.fr/bv/ogm/index.html - Porte du site Une technologie qui donne la chair de poule! OGM : 60 % des Français y sont plutôt opposés Voilà qui conforte dans une démarche d'information du public tout azimuts; La phrase essentielle :"la grande majorité des Français (83 %) pense que l'on devrait attendre d'en savoir davantage sur les conséquences des OGM avant de les utiliser". A nous de jouer ! Guy Ruiz g.ruiz@wanadoo.fr Soixante pour cent des Français sont réticents (30 % « très réticents » et 30 % « assez réticents ») envers les organismes génétiquement modifiés (OGM) et méfiants vis-à-vis des informations fournies sur les emballages alimentaires, selon une étude CSA TMO (1) sur « Les Français et les OGM », publiée hier. En revanche, 27 % des Français se disent « confiants » et prêts à acheter des produits avec des OGM, tandis que 13 % sont véritablement « pro-OGM » et pensent qu ' il faut les développer, selon le sondage. En outre, 84 % des personnes interrogées jugent qu ' il n' y a pas assez d ' informations sur les OGM, contre 91 % en 1999. Manquant d ' information, la grande majorité des Français (83 %) pense que l ' on devrait attendre d ' en savoir davantage sur les conséquences des OGM avant de les utiliser, indique l ' enquête. Le sondage montre également que les sources d ' information qui inspirent le plus confiance sont les chercheurs (42 %) et les associations de consommateurs (40 %). Les interviews ont été menées en avril en face à face auprès de 1.007 personnes représentatives de la population française de 15 ans et plus. Sommaire de la page - Porte du site Les Français et les OGM: «pas touche à mon assiette» Libération du 3 août 2000 : Un sondage réalisé pour «Libération» révèle une sensibilité de plus en plus grande à la sécurité alimentaire.
73% des personnes interrogées se disent inquiètes de la présence d'OGM dans leur alimentation.
Par SIBYLLE VINCENDON Les Européens de plus en plus hostiles
Une majorité de l'opinion publique européenne estime que les risques d'utilisation d'OGM dans la nourriture ne sont pas acceptables, selon un sondage Eurobaromètre publié le 27 avril dernier à Bruxelles. Seuls 31% des Européens encouragent l'introduction des OGM dans la nourriture. Des réticences similaires sont perceptibles en matière de clonage animal et humain.
Même les pays du sud de l'Europe, longtemps bien plus favorables aux aliments trangéniques que leurs voisins du nord sont devenus entre 1996 et 2000 considérablement plus méfiants. En Espagne, les partisans des OGM sont par exemple passés de 53% à 35%. L'Allemagne garde son hostilité de fond avec 52% d'opposants. C'est la Grande-Bretagne qui opère le revirement le plus spectaculaire avec seulement 25% de partisans et près de 33% d'indécis.
Marchand d'OGM, un métier pas facile. Le sondage réalisé par l'Ifop pour Libération montre qu'il ne va pas être simple de faire accepter les organismes génétiquement modifiés aux consommateurs. 73 % des sondés se déclarent inquiets à propos de la présence éventuelle d'OGM dans les produits alimentaires et ce chiffre a surpris même les professionnels des enquêtes: «Je m'attendais à trouver un peu plus d'indifférence», en dit Hélène Valade, chargée du département opinion publique de l'Ifop.«Manifestement, il y a derrière cette inquiétude des choses beaucoup plus larges, qui touchent à la mondialisation, à la défense d'un certain type alimentaire français.» En somme, on peut voir derrière ce chiffre «une sorte d'effet Bové», estime-t-elle.
Sécurité alimentaire. Mais le terreau était déjà là. Certes, à la question générale sur la qualité de l'alimentation qui ouvre notre sondage, on trouve presque autant d'interrogés pour répondre qu'elle s'est améliorée (48 %) que détériorée (45 %). Mais ces derniers sont en nette hausse par rapport aux deux précédentes vagues de sondages posant la même question. De surcroît, dans les enquêtes régulièrement effectuées sur la santé en général, la sécurité alimentaire a grimpé de la quatrième à la deuxième place dans les préoccupations des Français.
Les femmes inquiètes. Autre trait dominant de notre enquête, la sensibilité des femmes à ces questions. Elles sont un peu plus nombreuses à penser que la qualité des produits alimentaires s'est détériorée (48 % contre 45 % pour l'ensemble des sondés), plus nombreuses aussi à être inquiètes quant à la présence d'OGM dans l'alimentation (77 % contre 73 %). Elles pensent, davantage que les hommes, que le contrôle des OGM est impossible (66 % contre 63 %), et qu'on ne peut pas faire confiance aux pouvoirs publics pour prendre les bonnes décisions en matière d'OGM (59 % contre 58 %). Evidemment, quand il s'agit de tirer des conséquences pratiques de tout cela, elles sont aussi beaucoup plus nombreuses que les hommes à affirmer qu'elles vérifieront à l'avenir systématiquement la composition de ce qu'elles achètent (69 % contre 55 %). Cette question est révélatrice de la portée des peurs, car il est quasi impossible, en pratique, de vérifier toutes les étiquettes.
Parmi les groupes professionnels, les artisans et commerçants, ainsi que les agriculteurs se détachent tout au long de l'enquête. Ils sont plus nombreux que la moyenne à considérer que la qualité alimentaire globale s'est améliorée (57 % et 60 % contre 48 % pour l'ensemble des sondés), mais les artisans et commerçants sont également beaucoup plus inquiets que la moyenne (82 % contre 73 %). Ce groupe considère aussi plus fortement que le contrôle des OGM est impossible (78 % contre 65 %). Ce sont eux encore qui se détachent quand ils affirment qu'ils vérifieront systématiquement la composition des produits alimentaires à l'avenir (71 % contre 63 % pour l'ensemble) et qu'ils ne consommeront plus de produits contenant des OGM (69 % contre 59 %). Ces professions, qui peuvent être concernées par les OGM dans leur métier, ont une position à la fois rationnelle et réaliste: ils reconnaissent l'amélioration globale de l'alimentation sans se laisser envahir par la peur, mais l'arrivée des OGM les inquiète aussi, comme s'ils étaient conscients des interrogations réelles que soulèvent ces produits. «Ils parlent autant en consommateurs qu'en professionnels», note Hélène Valade.
Cadres et écolos en pointe. Très frappante également, l'attitude des cadres supérieurs et professions libérales. Ils font partie des plus inquiets quant à la présence d'OGM dans l'alimentation (74 %). «Or, on voit très bien que lorsque l'inquiétude est plus forte dans ces classes-là, le phénomène va s'étendre aux autres classes sociales», dit Hélène Valade. Sachant que de surcroît, les chiffres sont déjà élevés chez tout le monde: 66 % d'inquiets chez les employés, 68 % chez les ouvriers.
Dans ces questions où le politique est sans cesse sollicité, notre enquête montre que les clivages traditionnels sont à peu près inopérants. On trouve autant d'inquiets chez les sympathisants socialistes que RPR (72 %). Seule l'étiquette écologiste marque parfois une différence: les écologistes sont plus inquiets que les autres quant à la présence d'OGM dans leurs aliments (81 %); ils ne font aucune confiance aux pouvoirs publics pour prendre les bonnes décisions en la matière (72 % contre 58 % pour l'ensemble des sondés).
Reste que sur les OGM, le politique est attendu au tournant. Certes, les sondés pensent majoritairement que le contrôle des OGM est impossible (65 %). Mais ils pensent aussi que le développement de ces produits n'est pas inévitable pour autant (58 %).
Attentes. Contradiction? Pas vraiment, pense Hélène Valade. «Ces résultats révèlent plutôt que l'opinion a parfaitement compris la complexité du problème. On n'a pas envie de croire que l'on ne puisse rien faire.» En témoignent, selon elle, les réponses à la question sur un éventuel logo «garanti sans OGM». 66 % des sondés feraient confiance à une mention de ce type. Mieux, les plus inquiets, comme les femmes et les écologistes, lui feraient confiance (respectivement 71 et 77 %). Ces chiffres recoupent tout à fait les données recueillies à propos du logo Viande bovine française qui « a créé une très forte réassurance». «Pour les OGM, si les pouvoirs publics s'engagent, les Français répondent "on suit"», estime Hélène Valade.
(Libération du 3 août 2000)  Sommaire de la page - Porte

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