Sortir du nucléaire, ce
n'est pas seulement produire par d'autres moyens l'électricité fournie actuellement par
les centrales nucléaires. Avant de parler production, il faut déjà parler des besoins
réels en électricité (éclairage, transports, chauffage, etc.) et voir comment on peut
les satisfaire sans gaspillage. D'après les statistiques internationales, l'électricité nucléaire, ce n'est que 1 5 % de l'énergie consommée en France. Pétrole, gaz, charbon, hydroélectricité... représentent en fait la part le plus importante de notre consommation. Pour sa consommation d'électricité, la France n'a pas besoin d'autant de centrales nucléaires. La France exporte environ 15 % de sa production électrique, soit l'équivalent d'une dizaine de réacteurs nucléaires sur 58 existants. Par ailleurs les producteurs d'énergie sont eux-mêmes de gros consommateurs. Uenrichissement de l'uranium pour fournir le combustible aux centrales nucléaires et le retraitement du combustible nucléaire usé (La Hague) sont, en particulier, très gourmands en électricité : cela représente la production de plusieurs réacteurs nucléaires. Il n'y a pas lieu de parler
d'indépendance nationale, quand on achète 100 % de l'uranium (combustible pour nos
centrales nucléaires) au Niger ou en Afrique du Sud. En réalité; le concept d'indépendance n'est plus un concept pertinent. Nombre de spécialistes préfèrent utiliser le concept de "vulnérabilité". À ce sujet, autant dire que le nucléaire est extrêmement vulnérable : vulnérabilité militaire, terroriste, technique Sortir du nucléaire : les solutions techniques existent... Leffet de serre est certes un vrai problème. Pourtant, le gaz carbonique est principalement produit par les transports routiers. Tirons-en les conclusions avant de fantasmer sur du "nucléaire propre", pouvant nous sauver du changement climatique. Des économies
d'électricité importantes peuvent être obtenues dans l'habitat (ampoules à économies
d'énergie, électroménager à faible consommation ... ). Labandon du chauffage
électrique (coûteux et peu confortable) permettrait d'arrêter en France entre huit et
dix réacteurs nucléaires sur 58! De plus en plus d'études officielles, même lorsqu'elles sous-estiment les coûts de gestion des déchets radioactifs et le démantèlement des centrales, font ressortir que l'électricité nucléaire n'est pas la moins chère. Par exemple, les centrales combinées au gaz ou la cogénération (qui permet de produire de l'électricité et de la chaleur) sont plus rentables et possèdent un meilleur rendement énergétique. À court et moyen terme, une partie du parc nucléaire pourrait être remplacée par ce type de centrales. Les énergies renouvelables
montent progressivement en puissance. À court terme, les éoliennes permettent de
produire une électricité relativement bon marché. À moyen terme, l'électricité
photovoltaïque (produite directement à partir des rayonnements du soleil) augmentera sa
part relative. Utilisation du bois, avec une gestion harmonieuse de la forêt, pour la
production de chaleur et même dans certains cas d'électricité par cogénération est
une option économiquement viable et fortement créatrice d'emplois. En combien de temps ? Il n'y a pas vraiment d'obstacle technique à une sortie rapide du nucléaire en France. Les besoins actuellement couverts par l'électricité nucléaire peuvent être pris en charge en quelques années par d'autres énergies. En fait, la décision est
plus que jamais entre les mains des citoyens. S'ils ne veulent pas vivre plus longtemps
avec le risque nucléaire et s'ils n'acceptent pas d'accumuler des poisons mortels pour
leurs descendants, leur pression doit aboutir à la mise en place immédiate d'un
important programme de sortie rapide du nucléaire.
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