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L'expérimentation en France : combien d'animaux ?
Souris 1 552 330
Rats 460 407
Autre rongeurs 102 626
Oiseaux 86 610
Lapins 49 836
Poissons 22 825
Porcs 8 897
Chiens 5 203
Ovins (moutons, brebis) 4 455
Bovins (vaches) 3 104
Petits singes (ouistitis, macaques) 2 322
Chats 1 855
Caprins (chèvres) 1 839
Equidés (chevaux, ânes) 440
Autres 6 848
Total 2 309 597
Source : ministère de la Recherche - 1999

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L'Express du
30/01/2003
par Bruno D. Cot
Souris diabétique, myopathe, cardiaque, obèse, schizophrène... Chaque année,
25 millions de petits rongeurs sont utilisés pour des expérimentations
animales.
Un formidable enjeu pour l'avenir de la médecine humaine
© T. Spiegel/Corbis
J'ai de grosses oreilles décollées, des yeux exorbités, une petite moustache
et un
pelage soyeux. Certes, je ne mesure qu'une dizaine de centimètres, mais ma
queue me
permet de doubler cette taille... Enfin, je resterai sans doute dans
l'Histoire comme
la souris la plus chère du monde. Qui suis-je? Mickey Mouse? Perdu!
L'heureuse élue
répond au nom de code Tg2576 et se serait monnayée jusqu'à 900 000 euros
pour une
triplette de mâles reproducteurs. Un prix qui pourrait sembler prohibitif,
d'autant
que sa particularité première ne plaide pas en sa faveur: elle est
complètement
gâteuse... Ses gènes ont été modifiés artificiellement pour qu'elle
contracte la
maladie d'Alzheimer et en développe les symptômes.
25 millions d'individus utilisés chaque année pour les besoins de
l'expérimentation
animale
En quelques décennies, la souris transgénique est devenue la meilleure
alliée de
l'homme. Au point d'apparaître comme un outil de référence dans l'étude et
la
compréhension de nos maladies. Ainsi, l'annonce, en décembre dernier, du
décryptage à
95% du génome de la souris par un consortium international de chercheurs
apparaît
comme un événement sans précédent pour la communauté scientifique,
«comparable au
séquençage du génome humain», selon le Pr Pierre Chambon, de l'Institut de
génétique
et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC), à Strasbourg.
Les petits rongeurs transgéniques ont envahi tous les domaines de la
recherche
médicale, au point de faire l'objet, pratiquement chaque semaine, de
publications.
Inventaire à la Prévert: la diabétique, la myopathe, la cardiaque, la
fumeuse de
cannabis, la schizophrène, l'obèse, l'anorexique ou la pileuse. Plus
exotique: la
souris Schwarzenegger (avec une masse musculaire trois fois supérieure à la
moyenne),
la Beethoven (sourde), la marathonienne et, l'une des plus célèbres, la
caméléon,
capable de changer de couleur en fonction des substances absorbées... A
squatter les
laboratoires de la planète, les souris formeraient une population de 25
millions
d'individus utilisés chaque année pour les besoins de l'expérimentation
animale.
L'Europe à elle seule, d'après un rapport de la Commission à paraître ces
jours-ci,
en consomme 5,3 millions par an, dont 1,5 million pour la France !
Des chercheurs agréés, pour plus d'éthique
Depuis une trentaine d'années, le débat sur l'expérimentation animale
renvoie dos à
dos chercheurs et tenants de la lutte antivivisection. «A partir du moment
où l'on
admet que ces essais sont indispensables pour faire avancer la science,
alors il faut
les organiser de façon qu'ils se déroulent dans les meilleures conditions»,
explique
Alain Puget, chargé de mission pour l'expérimentation animale au département
des
Science de la Vie du CNRS.
Aujourd'hui, tout scientifique amené à ouvrer sur des animaux doit être
agréé. Ce qui
passe par une formation spécifique sur l'éthique, la douleur, l'anatomie ou
la
physiologie. De plus, il est tenu de travailler dans des établissements
étroitement
surveillés par des vétérinaires. Enfin, pour que ses recherches soient
reconnues, il
doit les publier dans des revues spécialisées qui, désormais, exigent l'aval
d'un
comité d'éthique chargé de vérifier les manipulations. «Il s'agit d'une
caution
morale, conclut Pierre Le Neindre, chargé de mission pour l'expérimentation
animale à
l'Inra. Mais, au-delà des règles, c'est au chercheur d'être responsable de
ses
actes.»
Plusieurs siècles d'observation
Le tandem homme-souris remonte à la nuit des temps. Le premier a d'abord
élevé la
seconde pour mieux la manger, puis l'a domestiquée (dès la Grèce antique)
pour en
faire un complice, apte à le suivre n'importe où, n'importe quand. Dans les
villes,
dans les champs, sous toutes les latitudes (à l'exception des pôles), à
toutes les
altitudes (jusqu'à 4 500 mètres). Devant semblable envahissement, la science
n'a pas
tardé à s'intéresser à ce minuscule mammifère.
Dès le XVIIIe siècle, il passionne les Japonais et les Chinois, qui
n'hésitent pas à
l'élever selon la couleur de son pelage. Ce n'est cependant qu'avec les
balbutiements
de la génétique que la souris a été envisagée en tant que modèle
scientifique. En
1902, le biologiste français Lucien Cuénot présentait à l'Académie des
sciences une
étude sur les lois de Mendel et l'hérédité de la pigmentation chez la
souris. Depuis,
lorsqu'il a besoin d'un congénère pour une expérience, l'homme fait appel au
plus
petit d'entre eux.
«En un siècle d'observation, la souris est l'animal que les biologistes
connaissent
le mieux», explique François Lachapelle, chercheur à l'Inserm et responsable
de
l'animalerie de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Sa petite taille (coûts
d'élevage
limités), ses capacités de reproduction hors du commun (vingt et un jours de
gestation) et ses ressemblances physiologiques et génétiques avec l'homme
(90% de nos
gènes possèdent leur homologue chez la souris) en font un modèle
d'expérimentation
exceptionnel.
Mais, bien avant la découverte de l'ADN, les scientifiques se sont attachés
à classer
les souris selon leurs caractéristiques naturelles propres (la peureuse, la
cardiaque, etc.). Par ce truchement «sélectionniste», ils les ont croisées
en ligne
directe jusqu'à l'obtention de spécimens spécialisés en fonction de
pathologies comme
le cancer ou l'arthrose. L'autre voie a consisté à reproduire des frères et
des sours
d'une même portée «à la mode de Bretagne», pour donner naissance à des
lignées
génétiquement «pures». Après quelques dizaines de générations, les souris
qui
naissaient étaient pratiquement identiques.
Avec la création de souris transgéniques,
la génétique a fait sa révolution
Largement développées dans la première moitié du XXe siècle, ces deux
méthodes ont
rapidement montré leurs limites: fruit de simples observations, la sélection
et la
consanguinité aboutissent à des mutations aléatoires qui ne permettent en
aucun cas
de comprendre le processus des maladies. Tout au plus suggèrent-elles le
rôle de tel
ou tel gène, mais sans qu'il soit possible de le vérifier.
Depuis, avec la création de souris transgéniques, la génétique a fait sa
révolution.
Comme les plantes du même nom, elles portent dans leur patrimoine un gène
étranger.
La première transgenèse remonte à 1982: un gène (producteur d'une hormone de
croissance) de rat a été injecté dans des oufs fécondés de souris qui, une
fois
réimplantés chez une femelle porteuse, ont donné naissance à de véritables
souris
géantes. Il s'agissait donc de rajouter une information génétique à
l'animal. De
cette façon, il est possible d'obtenir des animaux qui possèdent des
caractéristiques
nouvelles ou qui développent une plus grande résistance à certaines
maladies.
Aujourd'hui, cette méthode additionnelle a largement été généralisée,
jusqu'à
s'appliquer à d'autres espèces. Grâce à elle, on obtient des porcs
transgéniques au
jambon plus riche ou des vaches capables de produire de la lactoferrine, une
composante importante du lait humain impossible à synthétiser chimiquement.
Cependant, ce procédé par addition reste aléatoire - le scientifique ignore
le nombre
de gènes reçus, et surtout leur lieu d'intégration dans le corps. D'où
l'obsession
non plus d'additionner un gène dans le noyau d'un ouf de souris, mais de le
remplacer
purement et simplement. Soit en substituant un gène déficient par le même
gène actif
(on parle alors de souris knock-in), soit, démarche inverse, en changeant un
gène
actif en un même gène modifié ou inactivé (souris knock-out). Ainsi, l'effet
du gène
se trouve annulé. Semblable manipulation a pu être réalisée à la fin des
années 1980
grâce à l'amélioration de la culture de cellules embryonnaires, qui permet,
notamment, de les multiplier en nombre suffisant et de les modifier
génétiquement à
loisir.
Des progrès décisifs pour la recherche
Redoutable par les possibilités infinies qu'elle offre, la «transgenèse
ciblée» a
définitivement consacré la souris comme le modèle d'expérimentation animale
par
excellence. En effet, jusqu'à présent, le petit rongeur demeure le seul
mammifère sur
lequel elle fonctionne. En un peu plus d'une décennie, cette technique a
permis de
faire des progrès considérables dans la compréhension de bon nombre de
maladies à
composante génétique, comme certaines formes de cancer (mise en évidence de
gènes de
prédisposition), les pathologies métaboliques (diabète), mais aussi et
surtout les
affections neurodégénératives (mongolisme, épilepsie, Alzheimer, Parkinson,
etc.).
«Pour la chorée de Huntington, qui se manifeste par des signes moteurs
(mouvements
saccadés) et des troubles psychiatriques (dépression), la plupart des voies
de
traitement passent par la souris transgénique», explique Marc Peschanski,
directeur
de l'unité Inserm à l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil.
Ces dernières années, les maternités pour souris se sont multipliées,
souvent autour
des 800 animaleries que compte la France. Le CNRS possède la sienne, le
Service
d'expérimentation animale et de transgenèse (Seat), situé à Villejuif, non
loin de
l'institut de recherche sur le cancer dont il dépend. Direction le premier
étage et
la salle d'accouchement: pas de lit, de sage-femme ni de forceps, tout se
passe à
l'échelle de la souris, à savoir l'infiniment petit.
Quel que soit le type de transgenèse, le récit de la création d'une souris
mutante
n'a guère évolué. Au commencement était l'accouplement d'une femelle
superovulée
(grâce à une stimulation hormonale) et d'un mâle superfertile. Passé l'heure
(ou
plutôt les secondes) des ébats, madame la souris est isolée hors de la cage
nuptiale
pour que ses oufs fécondés soient extraits de l'utérus. «L'étape suivante,
celle de
la micro-injection de l'ADN étranger que l'on souhaite introduire dans le
génome de
la descendance, est la plus périlleuse et nécessite un réel savoir-faire»,
précise
Cécile Goujet-Zalc, directrice du Seat. Point besoin pourtant de blouse
blanche: une
simple tenue de journaliste, des doigts en état de fonctionner et quelques
minutes
d'apprentissage des outils (le travail se fait au microscope) suffisent pour
s'attaquer aux oufs. Ou presque. La manipulation consiste, les yeux rivés
sur le
binoculaire, à attraper un ouf de 120 microns à l'aide d'une première
pipette; puis,
avec la seconde, de venir injecter au cour d'un de ses deux pronoyaux le
matériel ADN
étranger... Après trois tentatives, l'échec est total. «Pour ne pas gâcher
d'oufs,
j'avais pris soin de vous en donner un en mauvais état», rassure le
technicien, qui,
lui, peut réussir jusqu'à 300 micro-injections par après-midi.
Conservation problématique
Le dernier chapitre d'une transgenèse est un juste retour à la nature: une
vingtaine
d'oufs manipulés sont réintroduits dans l'utérus d'une mère porteuse qui,
trois
semaines plus tard, donnera naissance à une portée (de deux à cinq
souriceaux) dont
une partie seulement sera transgénique.
Désormais banalisée, la technique aboutit, chaque année, à la production de
centaines
de lignées. Au point que, même s'il s'agit de mammifères de petite taille,
leur
conservation devient problématique. «La création d'une lignée peut parfois
demander
deux ans de travail, ce qui donne le temps au chercheur de s'attacher à ses
animaux,
raconte François Lachapelle. Mais certains groupes ont été éteints par
manque de
moyens ou de place. Il y a donc eu un immense gâchis de richesses
scientifiques.»
Aujourd'hui, chaque grande nation tente de mettre en place des instituts de
conservation. Le plus ancien, le Jackson Laboratory de Bar Harbor
(Etats-Unis),
remonte à 1929. Depuis le début des années 1980, la France dispose d'une
structure
similaire, le Centre de distribution, de typage et d'archivage animal
(CDTA), dont la
mission consiste, selon Yves Combarnous, son directeur, à «répertorier,
conserver et
redistribuer toutes les souches transgéniques et mutantes qui nous sont
envoyées».
Le défi du siècle: mieux soigner
B ienvenue au royaume de la souris! Dans les vastes bâtiments du CDTA,
situés à
Orléans - où se mêlent les odeurs de la litière, des croquettes de
nourriture et de
la peinture fraîche - plus de 2 000 mètres carrés sont ainsi consacrés à
l'hébergement des 35 000 précieux locataires. Ici, l'unité de mesure est le
centimètre et chaque salle renferme des centaines de cages en plastique,
disposées
sur des chariots, dans lesquelles gambadent paisiblement cinq ou six souris.
Une
nonchalance qui tranche quelque peu avec la tension perceptible dans les
allées et
venues du personnel.
L'expérimentation en France : combien d'animaux ?
Souris 1 552 330
Rats 460 407
Autre rongeurs 102 626
Oiseaux 86 610
Lapins 49 836
Poissons 22 825
Porcs 8 897
Chiens 5 203
Ovins (moutons, brebis) 4 455
Bovins (vaches) 3 104
Petits singes (ouistitis, macaques) 2 322
Chats 1 855
Caprins (chèvres) 1 839
Equidés (chevaux, ânes) 440
Autres 6 848
Total 2 309 597
Source : ministère de la Recherche - 1999
Plus généralement, les modèles murins sont un excellent tube à essai pour
comprendre
le fonctionnement du cerveau. Notamment pour tester les effets de l'alcool,
de
certaines drogues (cannabis) ou du téléphone portable. Sans oublier
l'agressivité, la
mémoire, voire les processus d'apprentissage. Enfin, les rongeurs sont plus
performants encore dans le cas de maladies purement héréditaires comme la
mucoviscidose, liée à la dégénérescence d'un gène précis (CFTR).
«Aujourd'hui, les
généticiens sont capables de créer des souris qui reproduisent la mutation,
explique
Charles Babinet, chef de l'unité de biologie du développement de l'Institut
Pasteur,
à Paris. A terme, ils espèrent mettre au point des remèdes pour compenser
l'anomalie
de la protéine.» Parce que, en aval de la recherche sur les maladies
humaines, les
souris transgéniques représentent aussi l'essentiel du contingent d'animaux
susceptibles de valider les agents mis au point dans les laboratoires bien
avant de
les tester sur l'homme. C'est le cas de médicaments, mais aussi de vaccins
pour
combattre certaines épidémies (sida, tuberculose, etc.) ou des maladies
animales
transmissibles à l'homme (comme l'ESB).
Dans ce Fort Knox de la transgenèse, rien n'est laissé au hasard: portes
codées,
filtration d'air, cages ventilées, sas à double entrée, isolateurs, batterie
d'autoclaves - sorte de Cocotte-Minute géantes pour stériliser les
instruments - port
de la combinaison et du masque obligatoire, etc. Les consignes sanitaires et
de
sécurité sont un impératif de survie: «La moindre bactérie introduite par
mégarde
mettrait en péril l'ensemble de l'élevage», lâche, peu superstitieux,
Jean-Pierre
Regnault, le directeur adjoint. Le CDTA compte maintenant plus de 300
lignées,
conservées sous forme «respirante», c'est-à-dire dans des cages. «Il s'agit
des
modèles les plus demandés ou pour lesquels la communauté scientifique a le
plus
d'informations», précise Yves Combarnous. Les 1 000 lignées supplémentaires
dorment
sous forme d'embryons congelés dans des bonbonnes d'azote liquide. Une
technologie
insatisfaisante, qui rencontre un fort taux d'échec lors de la décongélation
et de la
réimplantation chez les mères porteuses. Conséquence: pour être sûrs de ne
pas perdre
une lignée, les chercheurs doivent garder 500 embryons... Moins coûteuse et
plus
fiable, la conservation par le sperme semble aujourd'hui privilégiée, même
si elle ne
s'est pas encore généralisée.
Les instituts de transgénose comme le CDTA, dont les capacités d'accueil
devraient
rapidement doubler, se sont lancés dans une longue course pour endiguer la
crise du
logement qui, d'ici à quelques années, risque de toucher la souris
transgénique. Car,
depuis le développement de la transgenèse, les besoins explosent.
Un créneau que des sociétés de biotechnologies comme genOway n'ont pas
manqué. Cette
jeune pousse basée à Lyon, non loin du stade de Gerland, s'est spécialisée
dans le
développement de modèles sur mesure, essentiellement pour le compte de
l'industrie
pharmaceutique. Pourtant, impossible de croiser dans ses locaux la moindre
souris. «A
chacun son métier, assure son PDG, Alexandre Fraichard. Ici, nous allons du
gène à
l'embryon, et nous expédions ce dernier à un laboratoire (Charles River)
chargé d'en
assurer la production.» Une spécialisation qui se paie: genOway s'impose
désormais
comme une société à forte valeur ajoutée dont les modèles peuvent se vendre
jusqu'à
230 000 euros!
Le règne de la souris transgénique ne fait que commencer. Maintenant que son
génome a
été décrypté s'ouvre le plus colossal défi scientifique du XXIe siècle:
comprendre à
quoi servent les gènes pour mieux soigner. «Si l'homme était une symphonie,
le
décryptage de son génome en serait la partition. Reste à savoir lire cette
portée et
donner une signification aux notes que sont les gènes», résume de façon
musicale le
Pr Chambon, qui a créé et dirige au sein de la Génopole de Strasbourg une
véritable
«clinique de la souris». Son ambition? Etudier l'animal dans sa globalité.
Un mutant
est généralement créé pour une affection particulière. Or une mutation qui
induit un
dérèglement au niveau du cour a-t-elle des répercussions sur un autre tissu
(foie,
muscle, pancréas, prostate, etc.) ou sur le cerveau? Bref, pour caractériser
le
phénotype d'une souris transgénique, il est impératif de «l'examiner sous
toutes les
coutures».
A terme, l'établissement, dont la construction et l'équipement se sont
élevés à 15
millions d'euros, regroupera toutes les compétences et comptera 70 000
animaux: des
salles d'ingénierie génétique et de micro-injection pour les créer, une
animalerie
ultramoderne pour les accueillir et des pièces de phénotypage avec des
dizaines
d'instruments à la disposition des spécialistes qui les examineront. Après
avoir raté
le train du séquençage, les chercheurs français tentent d'anticiper l'étape
postgénomique. Or, dans les vingt prochaines années, ce travail se fera sur
le plus
petit des rongeurs. En ce début de millénaire, la souris est bien l'avenir
de
l'homme.
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