hLe 19 septembre 2006 : Un travail bénévole de Sophie Miranda que nous remercions vivement.

TOUT EN BAS! Ascenseur express

NON, Les “bio”-carburants ne sont pas BIO !
Petit précis d’une supercherie mondiale

 

Le 20 décembre 2006, un travail bénévole de Sophie Miranda.

Sophie Miranda, le 19 mars 2007

Sophie Miranda, le 31 janvier 2007

Emmanuelle Grundmann

http://www.liberterre.fr/

A tous ceux qui croient encore que ces agro-carburants sont une  solution pour contrer le réchauffement climatique et à tous ceux qui participent de près ou de loin à cette immense supercherie, aux médias qui se font trop souvent les porte-parole de l’industrie automobile et pétrolière désireuses de verdir leur image et tromper un peu plus le potentiel consommateur… Je tenais à faire quelques rectificatifs quant à cette appellation abusive de Biocarburants qui n’ont strictement rien de BIO au sens du label adopté par le ministère de l’agriculture français et par la commission européenne.

Il existe deux catégories d’agro-carburants selon la matière première 
utilisée et le processus de transformation effectué.

- La filière éthanol pour les véhicules essence: ce sont les sucres 
et céréales qui sont utilisés et transformés en éthanol puis mélangés 
à de l’essence.

- La filière des huiles végétales pour les véhicules diesel : les 
huiles végétales subissent une trans-estérification puis ces EMHV – 
Ethyl Methylique d’Huile Végétale- sont mélangés à du gazole pour 
obtenir des “biodiesels”.

Ces EMHV sont plus coûteux à produire que l’éthanol et demandent plus 
d’apports en énergie mais ils sont très facilement utilisables en 
remplacement de gazole traditionnel car jusqu’à une incorporation de 
30% dans le mélange, les moteurs n’ont aucunement besoin d’être 
modifiés.

Aujourd’hui, la France produit des EMHV essentiellement à partir de 
colza mais il ne faut pas oublier que ces cultures sont largement 
engraissées et arrosées de pesticides, produits à partir de la 
filière pétrole sans parler de la pollution induite par ces 
substances qui n’ont absolument rien de BIO.

De plus, l’Union Européenne a fixé des objectifs d’incorporation des 
biocarburants à hauteur de 5,75 % d’ici 2010 et 10% d’ici 2020. Or, 
comme l’explique la chargée de recherche et coordinatrice de 
programme European Biofuels Policy (EBP à propos de l’accent mis sur 
le biodiesel, « un problème de surface va se poser pour atteindre les 
objectifs européens, l’importation d’huile de palme pourrait 
compléter la production européenne ».

Quant aux personnes qui arguent d’imprécision et d’erreur en 
m’inondant de soi-disant données physiques sur les propriétés de 
cette huile végétale impropre à l’utilisation en “bio” carburant 
lorsque je parle de désastre à venir puisque la demande en huile de 
palme pour les biocarburants va nécessairement augmenter (allant de 
pair avec une vaste déforestation), je ne peux que douter de leur 
objectivité et de leurs compétences dans ce domaine.

En effet, l’huile de palme est déjà largement utilisée pour la 
fabrication de “bio-diesels”. En mars 2006, le biofuel B5 palm oil ou 
ENVO Diesel (5% d’huile de palme + 95% de diesel) a été lancé en 
grande pompe en Malaisie, par ailleurs premier producteur mondial 
d’huile de palme (87% de la déforestation dans ce pays est imputable 
à l’installation de monocultures de palmiers à huile). La National 
Biofuel Policy de la Malaysia Palm Oil Board prévoit d’ailleurs 
d’utiliser cet ENVO Biodiesel dans tous les transports, l’industrie 
et mise sur l’exportation pour augmenter encore plus les profits de 
cette filière.

Trois immenses raffineries destinées au traitement de l’huile de 
palme sont en cours de construction en Malaisie. En Novembre 2006, la 
Natural Fuels Australia Ltd a ouvert une grande raffinerie à Darwin 
dont l’objectif affiché est de produire 800 millions de litres de 
biodiesels à partir d’huile de palme d’ici 2008 et le développement 
d’une autre raffinerie cinq fois plus grande est actuellement en 
projet à Singapour tandis que l’industriel étudie également 
l’implantation de plusieurs autres de ces raffineries à Houston, aux 
Pays-Bas et en Malaisie.

Ceci allant de pair avec la

conversion de milliers voire de millions 
d’hectares supplémentaires de forêts en monocultures de palmier à 
huile, en Indonésie, en Afrique mais aussi en Amérique latine comme 
au Pérou où l’industriel Romero s’est déjà implanté en rasant 
plusieurs milliers d’hectares de forêt amazonienne et ce, bien que 
les études d’impact environnementaux n’aient pas encore été menées à 
terme.

L’huile de palme, issue de la destruction des forêts tropicales, est 
déjà arrivée sur le marché Européen. Ainsi, la demande des Pays-Bas 
est actuellement de 400 000 tonnes uniquement pour la production 
d’électricité dite “verte”, une supercherie de plus dans le domaine 
énergétique! BIOX bv, une compagnie d’électricité fonctionne en effet 
à l’huile de palme et va construire 4 nouvelles centrales électriques 
à l’huile de palme. Une électricité ensuite exportée en partie à 
plusieurs autres pays européens…

BIOX bv s’investit également dans la production de biodiesel, un 
projet mené en partenariat avec Unimills, une filiale de la compagnie 
Malaise “Golden Hope Plantations”. Quelle cruelle ironie dans ce nom 
lorsqu’on connaît le désastre environnemental et social sous-jacent à 
la filière huile de palme !

L’huile de palme, c’est un rendement de 500t/km2/an, qui nécessite 
une importante main d’œuvre pour la récolte des noix de palme, se 
pratiquant à la main. C’est donc une filière viable dans des pays où 
la main d’œuvre est très peu onéreuse, taillable et corvéable à merci 
(l’huile de palme, malgré la distance à parcourir pour arriver en 
Europe est deux fois moins onéreuse que l’huile de colza produite sur 
place du fait des très faibles coût de main d’œuvre, certains 
n’hésitent d’ailleurs pas à parler d’esclavage des temps modernes).

Ultime menace sur l’environnement, dans un souci de productivité (vu 
les objectifs de l’Union Européenne notamment) M. Chandran, directeur 
de l’association Malaisienne pour l’huile de palme a déclaré en 2001 
que la priorité résidait aujourd’hui dans le développement de 
palmiers transgéniques et ce, dans le but d’améliorer la qualité de 
l’huile, d’augmenter la production et de diminuer la taille des 
arbres pour faciliter la récolte. Les études sont en cours. Une 
aubaine pour les grosses multinationales agro-alimentaires !

Enfin, penser que l’Europe se contentera de sa propre production 
d’oléagineux ou de sucres et céréales, c’est se voiler la face. 
Depuis 2005, l’Europe importe déjà de l’huile de palme (bien plus 
rentable par ailleurs ) et de l’huile de soja (dont les monocultures 
sont également issues d’une vaste déforestation de la forêt 
amazonienne, notamment dans l’état du Mato Grosso) pour produire une 
partie du biodiesel consommé.
 


Ultime coup de couteau dans le dos de l’écologie et de la 
préservation de l’environnement, ce communiqué de presse du 26 
septembre 2006 dans lequel Thierry Breton, ministre de l’Economie, 
des Finances et de l’Industrie s’est engagé sans réserve pour le 
lancement en France, dès 2007, de l’E85 (l’éthanol massivement 
utilisé au Brésil, où il est issu de la transformation de la canne à 
sucre), premier carburant de l’après pétrole.

Que ceux qui doutaient de la sensibilité du gouvernement actuel et de 
l’équipe du candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy soient 
rassurés: bientôt, nous roulerons tous à l’éthanol et au biodiesel, 
pour préserver notre environnement ! Quelle ignoble supercherie !

Plébisciter les “bio”carburants, c’est ouvrir un peu plus grand la 
porte aux OGM, aux pesticides et participer au réchauffement 
climatique à travers une accélération sans précédent de la 
déforestation en zone tropicale.

Les adopter, c’est également cautionner les atteintes faites aux 
droits de l’homme et à ce nouvel esclavage mis en place au sein des 
immenses plantations de palmier à huile, de soja ou de canne à sucre 
sans oublier les graves atteintes aux droits des peuples autochtones 
chassés de leurs terres ancestrales, ces dernières étant convoitées 
par les industriels pour étendre les titanesques monocultures.

Emmanuelle Grundmann. Le 2 mai 2007. Auteur de “Ces forêts qu’on 
assassine”

http://www.ruoso-grundmann

Sophie Miranda, le 23 janvier 2007

Bonobo : Qu'est-ce que c'est que ce binz?Anne Esperet

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 ENERGIES

Non les "bio"carburants ne sont pas bio : http://www.biocarburant.be:80/

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