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Tsunami: les animaux ont
un spectre de perception plus développé
L'instinct
des éléphants a sauvé des touristes du tsunami

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Wed December 29, 2004, COLOMBO (Reuters) -
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Les responsables sri-lankais de
l'environnement n'en reviennent toujours pas: le pire raz-de-marée qu'ils
aient jamais connu a fait des dizaines de milliers de morts, mais nulle
trace de cadavres d'animaux.
Les vagues géantes de dimanche ont pénétré jusqu'à trois kilomètres à
l'intérieur des terres dans le Parc national de Yala (Sud-Est), la plus
grande réserve naturelle de l'île abritant des centaines d'éléphants
sauvages et plusieurs léopards.
"Ce qui est étrange, c'est que nous n'avons trouvé aucun animal mort", a
déclaré à Reuters H.D. Ratnayake, directeur adjoint du ministère de
l'Environnement.
"Aucun éléphant n'est mort, on n'a même pas retrouvé un cadavre de lièvre ou
de lapin. Je pense que les animaux peuvent anticiper ce genre de
catastrophe. Ils ont un sixième sens. Ils le savent à l'avance."
Le tsunami, déclenché par un séisme survenu dimanche au large de l'île
indonésienne de Sumatra, dans l'océan Indien, a projeté des vagues
atteignant pour certaines cinq mètres de haut sur les côtes Est, Sud et Nord
du Sri Lanka, inondant des villages entiers, détruisant des hôtels et semant
la mort et la dévastation.
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Tsunami : les animaux
ont un spectre de perception plus développé
PARIS (Agence Française de Presse), le 04-01-2005
Les animaux, sans parler d'un "sixième sens",
sont armés d'un spectre de perception plus développé que les humains, ce qui
explique que nombre d'entre eux, comme les éléphants, aient pu échapper à la
mort lors du tsunami d'Asie du sud, expliquent des spécialistes français.
"Dans tout ce qui est vibratoire, secousses telluriques ou ondes sonores,
les animaux ont des aptitudes que nous n'avons pas ou plus" pour anticiper
un événement anormal. Ainsi nous voyons "les chiens ou les chats paniquer
avant même l'arrivée d'un séisme ou d'une explosion volcanique", explique à
l'Agence Française de Presse Hervé Fritz, chercheur en écologie et comportement animal au CNRS.
Les éléphants, dont on a signalé qu'ils étaient partis en courant vers
l'intérieur des terres au Sri Lanka ou en Thaïlande "ont des modes de
communication infrasonores. Ils perçoivent dans l'infrason des signaux
inaudibles pour l'homme et ont l'appareillage physiologique pour communiquer
entre eux sur de très grandes distances, plusieurs dizaines de km", explique
le chercheur.
Pour le séisme de la semaine dernière, il y a deux hypothèses plausibles:
ils ont senti l'arrivée du tsunami soit par la "signature au sol" de la
vague, soit grâce à un bruit que les hommes eux n'ont pas perçu. "Ils ont
par rapport à d'autres espèces une meilleure faculté d'association et un
grande capacité motrice", ajoute Hervé Fritz.
Un grand nombre d'espèces disposent de moyens, spécifiques ou génériques,
pour se défendre d'un danger, même s'ils en ignorent la nature: exemple les
chauve-souris, qui utilisent une sorte de radar sonore qui leur permet de
récupérer l'écho sur un obstacle d'un cri qu'elles ont émis. Ainsi elles ont
conscience d'un changement de vibration, lequel signale un changement
dramatique dans leur environnement. Autre exemple, le lapin et autres
animaux à quatre pattes qui ont, sur la base des vibrations au sol, appris à
pressentir les dangers.
Anne-Claude Gauthier, directrice du zoo de Vincennes, éthologue de
formation, se refuse également à parler de "sixième sens". Mais elle
considère aussi que par rapport à l'espèce humaine qui a recours à l'oral et
aux mimiques, des animaux comme les pigeons ont développé plutôt l'odorat ou
la sensibilité aux changements de pression atmosphérique grâce à des
capteurs spécifiques. Les oiseaux dans leurs migrations ou les abeilles ont
des capteurs spécialisés pour enregistrer les variations du champ
magnétique.
Les animaux disposent de "codes d'alerte": ils émettent des cris d'alarme
comme le font les cervidés à l'approche de prédateurs, ou les oiseaux
lorsque plane un rapace. L'éléphant, qui est très vocal, est capable de
manifester son énervement par des cris associés au danger.
Sans savoir nager efficacement, ce que font très bien dans la faune
asiatique les éléphants ou les tigres, "de nombreux mammifères terrestres
sont capables de se tirer d'une situation aquatique critique", et par
exemple de traverser un cours d'eau si la situation l'impose, selon Hervé
Fritz.
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L'instinct des éléphants a sauvé des touristes du
tsunami
KHAO LAK (Thaïlande)
(Agence Française de Presse), le 11-01-2005
Des éléphants ont sauvé la vie de leurs cornacs et de touristes japonais
grâce à leur sixième sens, expliquent des employés de Khao Lak, localité du
sud de la Thaïlande dévastée par le tsunami du lendemain de Noël.
"J'ai été étonné d'entendre mon éléphant et les autres barrir tôt le matin,
le jour où les vagues ont déferlé", a expliqué à l'Agence Française de Presse Kirtsada Salangam, un
cornac de 20 ans, en caressant la trompe de son éléphant, Thongdaeng, l'un
des huit pachydermes d'un petit camp de promenade à dos d'éléphant pour
touristes.
"Les éléphants ne voulaient plus obéir et regardaient sans cesse la mer",
ajoute-t-il, "j'ai aussi remarqué que les oiseaux volaient d'une manière
irrégulière. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'une tragédie se préparait",
dit-il.
Ce n'est qu'au moment où les éléphants ont commencé à briser leurs chaînes
et à fuir vers les collines que les cornacs et qu'une famille de cinq
touristes japonais qui se trouvaient là se sont mis à courir eux aussi vers
les hauteurs.
"Pendant qu'on courait vers les montagnes, je me suis retourné et j'ai vu la
première vague balayer la côte, renverser un poids-lourd et emporter des
gens vers la mer. J'étais terrifié", dit-il en donnant des feuilles d'ananas
à Thongdaeng. C'est tout ce qui reste pour nourrir les éléphants depuis le
départ des touristes.
"D'abord, j'ai pensé que (Thongdaeng) avait eu peur des chiens et des chats,
mais maintenant j'ai compris qu'il nous a sauvé la vie et qu'il a sauvé au
moins cinq touristes japonais. Je préfère ne pas penser à ce qui serait
arrivé s'il ne nous avait pas amenés vers la montagne", poursuit le cornac.
Selon les experts, les animaux sont armés d'un spectre de perception plus
développé que celui des humains et ont une aptitude que l'homme n'a pas pour
percevoir tout ce qui est vibratoire, comme des séismes ou des éruptions
volcaniques.
Des hommes sont en train de déblayer le camp et de réinstaller une
plate-forme surélevée qui permet aux touristes de grimper sur le dos de ces
grands mammifères, à environ 2 mètres du sol.
Kirtsada montre l'endroit où l'un des éléphants femelles n'a pas réussi à
briser ses chaînes, mais a pu survivre alors qu'elle était à moitié
submergée par les déferlantes.
"Si elle avait été un tout peu peu plus en contrebas, elle ne s'en serait
pas sortie" dit-il.
Khao Lak a été la localité la plus touchée de Thaïlande: les vagues ont
pénétré jusqu'à deux kilomètres à l'intérieur des terres et ont détruit les
établissements hôteliers sur une vingtaine de kilomètres le long des côtes
de sable blanc.
Après la tragédie, comme sur les rivages sinistrés de la province d'Aceh en
Indonésie, des dizaines d'éléphants ont été acheminés dans le sud de la
Thaïlande pour participer au ramassage des corps des victimes, aux travaux
de déblaiement et de nettoyage.
Mais les éléphants de ce camp, explique Kirtasada, ont été trop choqués pour
pouvoir participer aux opérations.
"A chaque fois qu'ils sentaient un cadavre, ils paniquaient et
s'enfuyaient", dit-il.
Pour lui, la plus grande difficulté dans les jours à venir est de trouver de
l'argent afin de nourrir les éléphants jusqu'au retour des touristes.
La tragédie à fait un peu plus de 5.300 morts et près de 3.400 disparus en
Thaïlande et l'industrie du tourisme devrait perdre 200 millions d'euros par
mois. |