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*Nos autres awards | Traduction inédite (pour Terre sacrée) de Thibaud FAGUER-REDIG. 28 mai 2003. ______________________________________________________ L'évolution primaire de la vie telle qu'on la connaît actuellement dépendait probablement de la capacité de l'ADN à absorber les ultraviolets : cette plongée dans les premiers instants de la vie sur Terre est le fruit d'une étude récemment publiée dans le bulletin 'BMC Evolutionary Biology'.
Cette étude éclaire une grande partie des zones d'ombre qui subsistent dans la compréhension des origines de la vie : comment des molécules simples ont-elles pu être capables de s'agréger pour former des molécules à longue chaîne et autoreproductrices d'acide ribonucléique (ARN), l'ancêtre de l'ADN ? Selon Armen Mulkidjanian et ses collègues (de l'Université d'Osnabrück, Allemagne, en collaboration avec divers instituts de Santé Publique américains), les expériences menées fournissent « davantage d'éléments sur les toutes premières étapes de l'évolution. »
Dépourvue la couche d'ozone, la planète à son état primaire ne représentait qu'un endroit hostile. Cela était surtout valable pour les chaînes de molécules qui risquaient d'être brisées du fait des radiations des ultraviolets, qui étaient alors cent fois plus intenses qu'aujourd'hui. La plupart des théories actuelles sur l'évolution de la vie excluent les formes primaires de vie directement exposées à la pleine lumière. A contrario, le Professeur Mulkidjanian et ses confrères ont approfondi l'idée que les forts taux de radiation UV qui frappaient la Terre à cette période étaient essentiels à la survie de l'ARN.
Les chercheurs ont utilisé une technologie de modélisation informatisée afin d'évaluer la capacité de l'ARN à former ses différentes composantes -phosphates et bases azotées- avec et sans lumière UV significative. Ils ont constaté que des bases azotées capables d'absorber et de décomposer les rayons UV pouvaient protéger la structure de l'ARN primaire des 'cassures' précoces. À un haut niveau de rayonnement ultraviolet, les molécules d'ARN se révélaient plus stables que d'autres molécules de cette dimension, ou les petites molécules qui forment l'ARN. Cela confère aux molécules d'ARN un avantage particulier : leur présence en est renforcée tout au long du processus (simulé) de sélection naturelle. De plus, une partie de l'énergie issue des UV ainsi absorbés aurait pu éventuellement contribuer à l'élongation des chaînes d'ARN.
Pour les auteurs de l'étude, « le mécanisme appliqué fait apparaître que les forts taux de rayonnement UV, perçus auparavant comme un obstacle avéré aux formes primaires de la vie sur Terre, peuvent en fait constituer le facteur décisif du processus de sélection dans son ensemble. »
« Il semble peu probable que l'absorption extrêmement efficace des UV par la plupart des principales bases azotées soit simplement une coïncidence. On peut supposer que ces bases ont été peu à peu sélectionnées pour assurer la fonction protectrice des UV avant même que leur rôle ait été de conserver les données génétiques lors des transferts et divisions cellulaires. Dans ce monde primaire, les bases azotées ne constituaient alors qu'un mécanisme de protection. En conséquence, ces 'unités' n'étaient pas uniques mais pouvaient se décliner. Précisément, cette variabilité a pu ouvrir la voie à la diversité des futurs génomes. »
Trois des quatre bases azotées qui protégeaient l'ARN des UV à cette époque sont identiques à celles qui composent le code génétique actuel qu'est l'ADN. Paradoxalement, la capacité de l'ADN à absorber le rayonnement UV est de nos jours responsable de la majorité des décès qui font suite à des cancers de la peau. Lorsque les bases de l'ADN absorbent ces ultraviolets, elles subissent des dommages structurels, bien que la structure hélicoïdale de l'ADN reste intacte. Si des dégâts similaires surviennent au sein d'un gène, ce dernier peut en être altéré et ainsi provoquer un cancer.
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Depuis sa publication le mercredi 28 mai 2003 (13h G.M.T.), cet article est disponible gratuitement en version originale sur http://www.biomedcentral.com/bmcevolbiol, conformément aux principes appliqués par BioMed Central sur l'accès aux articles scientifiques : Armen Y. Mulkidjanian, Dmitry A. Cherepanov, Michael Y. Galperin (BMC Evolutionary Biology) * * * Contacts :
Le Dr. Mulkidjanian est joignable par téléphone au +49-541-969-2871 (Allemagne) ou par courrier électronique mulkidjanian@biologie.uni-osnabrueck.de.
Le Dr. Galperin est joignable par téléphone au +1-301-435-5910 (USA) ou par courrier électronique galperin@ncbi.nlm.nih.gov.
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