Source : http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2002/cap0104023.html (ASP) - Il y a quatre ans, des astrophysiciens ont amorcé une petite révolution dans le monde de la cosmologie, en affirmant que lexpansion de notre univers était en pleine accélération (voir ce texte). Le bon sens aurait voulu que cette expansion soit en train de ralentir, comme toute bonne chose qui perd son élan; le débat, jusque-là, consistait en effet à se demander si ce ralentissement serait tel quun beau jour, lUnivers cesserait son expansion, et se mettrait plutôt à se contracter sur lui-même, ou si cette expansion durerait indéfiniment. Or, pour que lexpansion saccroisse, il faut quune force, inconnue jusquici, un genre danti-gravité, soit à loeuvre à léchelle de lUnivers. Par conséquent, cette annonce dil y a quatre ans a été suivie de beaucoup de prudence parmi les astronomes et astrophysiciens: attendons de voir, ont-ils dit. De nouvelles données confirmeront peut-être un jour ou infirmeront- cette mystérieuse accélération. Depuis lors, la théorie na fait que prendre de la vigueur. Un consortium international dastronomes vient même dajouter son grain de sel, par une approche complètement différente: plutôt que de mesurer la vitesse à laquelle les galaxies les plus lointaines, ou les supernova les plus brillantes, semblent séloigner de nous, ces 27 chercheurs provenant de 14 institutions se sont intéressés à quelque chose de méconnu des profanes, quon ne peut quappeler, en langage clair, les "grumeaux" du cosmos. Il sagit dun calcul de la masse totale contenue dans une région de lUnivers masse visible mais aussi et surtout, masse invisible- à partir dune estimation de la façon dont la lumière est déviée. En effet autre phénomène méconnu des profanes- la force de gravité attire tout vers elle, y compris la lumière. Pas assez pour dévier le rayon de votre lampe, mais assez, lorsquon mesure le tout à des échelles cosmiques, pour aboutir à quelque chose de perceptible. En mesurant donc ces variations autour dun amas de galaxies récemment recensé par lObservatoire anglo-australien de Siding Spring (Australie), léquipe dirigée par George Efstathiou, de lInstitut dastronomie de Cambridge, a cherché à comparer ce à quoi ressemble le ciel daujourdhui, et ce à quoi il ressemblait au début de l'Univers, lorsque ces variations ont commencé. Les résultats, publiés dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, confirment, en gros, que la matière totale mesurée matière visible et matière invisible- ne suffisent à expliquer que le tiers de lénergie requise pour produire limage de lUnivers telle quelle nous apparaît. En dautres termes, il y a un déficit. Il y a donc une autre force à loeuvre, non encore mesurée, totalement inconnue. Il y a des dizaines dannées que les astrophysiciens spéculent sur lexistence de cette "énergie sombre", comme ils lappellent (ne pas confondre avec la "matière sombre", ou matière invisible mentionnée plus haut). Avec ces nouveaux calculs, ils sen approchent de plus en plus... |
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