hYvan Marzin

 

TOUT EN BAS! Ascenseur expressATMOSPHÈRE : Les jours sombres de la planète Terre

 

Dolly, la première brebis clonée, et Bonnie, clone de deuxième génération.

Un vaccin contre l'effet de serre

Insolite

Le rot de mouton : telle est la cible choisie par l'Australie pour respecter le protocole de Kyoto sans s'attaquer aux habitudes des consommateurs.
Un mouton qui éructe, c'est un mouton qui dégage du méthane, l'un des gaz responsables du réchauffement de la planète.
Or l'Australie compte 115 millions d'ovins, et le méthane provenant de son bétail représente 13 % de sa production de gaz à effet de serre. Le pays a pris le problème à bras-le-corps : des scientifiques planchent actuellement sur un vaccin destiné à empêcher les moutons de roter. Le méthane n'est pas produit directement par l'animal, mais par des bactéries logées dans son estomac. Malheureusement, ces organismes sont extrêmement difficiles à cultiver en laboratoire. L'équipe du docteur Wright a contourné le problème en identifiant d'autres organismes méthanogènes, qui lui ont permis de développer un vaccin contre l'émission de gaz. Chez les moutons vaccinés, la production de méthane a baissé de 8 %. Le Dr Wright compte bien étendre ses travaux aux bovins, dix fois plus "gazeux".
Seul hic : pour l'instant, les habitacles qu'il a conçus pour recueillir les gaz émis par les moutons sont trop exigus pour les bêtes à cornes...

The Economist, Londres

Source des deux articles : Courrier International - n° 713 - 1er juil. 2004.

________________________________
 

Le rayonnement solaire qui atteint la surface de la Terre a diminué de 10 % en cinquante ans. Longtemps incrédules, les scientifiques prennent désormais la mesure du problème.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le monde est devenu, au sens propre, beaucoup plus sombre. Contre toute attente et faisant fi des explications simplistes, des centaines d'instruments répartis sur l'ensemble de la planète ont relevé que l'ensoleillement de la Terre avait diminué de 10 % entre la fin des années 50 et le début des années 90, soit 2 % à 3 % par décennie.

Dans certaines régions, comme l'Asie, les Etats-Unis et l'Europe, cette chute est encore plus marquée, atteignant 37 % à Hong Kong. Il ne faut pas craindre pour autant une nuit perpétuelle. Mais cette tendance - que des scientifiques avaient remarquée, puis écartée il y a vingt ans parce qu'elle paraissait incroyable - attire aujourd'hui l'attention de toute la sphère scientifique.

Ainsi, les recherches sur l'assombrissement de la planète et ses conséquences sur le climat, les réserves en eau et l'agriculture ont été exposées en mai dernier à Montréal par une assemblée de géologues américains et canadiens. "C'est comme si un gorille s'était assis sur la table de la salle à manger sans que personne s'en soit rendu compte", dit Veerabhadran Ramanathan, professeur de climatologie et de science atmosphérique à l'université de Californie, à San Diego.

D'après James E. Hansen, responsable de l'Institut Goddard pour les études spatiales de la NASA, à New York, on sait depuis longtemps que les particules polluantes réfléchissent une partie du rayonnement solaire. La cause présumée de cette baisse d'ensoleillement pourrait donc être la pollution de l'air. "Comme cela s'est produit sur une longue période, on ne peut pas vraiment parler d'effet de surprise, a-t-il fait remarquer.

Mais les conséquences sont considérables." Les mesures par satellite montrent que, si le Soleil est toujours aussi brillant, le rayonnement traversant l'atmosphère pour atteindre la surface terrestre est moindre. Les chercheurs viennent seulement d'appréhender l'ampleur du phénomène. La pollution affaiblit le rayonnement solaire de deux façons. Une partie de la lumière est réfléchie par les particules polluantes présentes dans l'air et repart dans l'espace.

Par ailleurs, un plus grand nombre de gouttelettes d'eau se condensent dans l'air, formant des nuages plus denses et plus sombres, qui empêchent eux aussi la lumière de passer. C'est pourquoi cet effet semble plus prononcé lorsque le temps est nuageux que par une journée ensoleillée. Dans les régions les moins polluées, cet assombrissement est très faible, voire inexistant.

Toutefois, on ne sait pas exactement comment ce phénomène se produit, ni quelles sont ses conséquences. Ainsi, on le relève également en Antarctique, où l'on s'attendrait à ce que l'air soit pur. "D'une manière générale, on ne comprend pas vraiment ce qui se passe", avoue Shabtai Cohen, chercheur qui, au ministère de l'Agriculture israélien, étudie cet assombrissement de la planète depuis une dizaine d'années. "Et nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants."

"Au début, ce résultat m'a semblé impensable"

L'appareil permettant de mesurer le rayonnement solaire s'appelle un radiomètre. Il se compose tout simplement d'un disque noir sous un dôme en verre. Comme l'asphalte en été, le disque noir se réchauffe à mesure qu'il absorbe l'énergie solaire, et sa température indique la quantité de rayonnement qu'il a reçue. Depuis les années 50, des centaines de radiomètres, installés de l'Arctique à l'Antarctique, enregistrent consciencieusement l'intensité du rayonnement solaire.

Vers le milieu des années 80, Atsumu Ohmura, de l'Institut fédéral suisse de technologie de Zurich, a consulté les données ainsi obtenues, pour comparer l'intensité du rayonnement solaire dans différentes régions du monde. "Je me suis soudain rendu compte que ce n'était pas chose aisée, car l'intensité du rayonnement change au fil du temps, raconte-t-il.

Au début, ça m'a semblé impensable." Après avoir analysé les données, il acquit la certitude de leur fiabilité et exposa le fruit de ses recherches lors d'une conférence. Quelle fut la réaction des milieux scientifiques ? "Ils n'ont pas réagi du tout, se souvient Atsumu Ohmura. C'était extrêmement décevant."

Vers la même époque, Gerald Stanhill, du ministère de l'Agriculture israélien, remarqua lui aussi une tendance à l'assombrissement dans son pays. Dans les années 90, il décrivit ce phénomène dans une série de publications, qui restèrent elles aussi ignorées. Mais la situation a désormais changé, et davantage de chercheurs s'en préoccupent.

En 2001, Gerald Stanhill et Shabtai Cohen estimaient que l'ensoleillement mondial diminuait d'environ 2,7 % tous les dix ans. En revanche, d'autres scientifiques trouvent ce chiffre exagéré. Car, si le fonctionnement des radiomètres est relativement simple, ces instruments nécessitent une maintenance et des réglages réguliers.

La moindre poussière sur le dôme empêche la lumière de passer, entraînant des indications erronées. En outre, tous les radiomètres ayant été installés sur terre, on ne peut que supposer ce qui se passe sur mer, c'est-à-dire sur les trois quarts restants de notre planète. "Certaines données sont cohérentes, d'autres non", estime le Dr Ellsworth G. Dutton, responsable du groupe de surveillance du rayonnement au sein de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

"Une chose est certaine : l'ampleur du phénomène est sujette à caution." Des mesures climatiques plus exhaustives, relevées en 1999 dans l'océan Indien, montraient que la pollution atmosphérique filtrait bel et bien une importante partie du rayonnement solaire. En suivant les zones de diffusion de particules polluantes, les scientifiques notèrent qu'au-dessous de ces panaches la luminosité baissait de 10 % par rapport à un air non pollué. "Je croyais qu'à mon âge plus rien ne pouvait m'étonner", dit Veerabhadran Ramanathan, coresponsable scientifique de ce projet, qui a regroupé cent cinquante chercheurs pendant plusieurs mois. "Mais j'en suis resté abasourdi. J'estime qu'à ce stade le problème devient préoccupant."

L'évolution de ce phénomène depuis les années 90 n'est pas encore connue. Atsumu Ohmura espère terminer très prochainement l'analyse des données obtenues depuis 1990. "J'ai la très nette impression que le rayonnement solaire a augmenté au cours des quatorze dernières années", dit-il.

Son estimation se fonde sur la diminution de la couverture nuageuse et l'accélération de la fonte des glaciers. Si tel était le cas, cela pourrait contrebalancer une partie de l'assombrissement de la planète. Mais attention : les jours ensoleillés peuvent intensifier le réchauffement de la planète.

Si les nuages ralentissent le réchauffement, l'ensoleillement, lui, est censé l'accélérer. "Et l'effet de serre s'en trouvera encore aggravé", dit James E. Hansen, de la NASA.

Kenneth Chang
The New York Times

Merci à Raphaëlle G.

La fièvre de l'organisme Terre

Anne EsperetLogo de Terre sacrée. Louis Rocquin.

   Abonnez-vous gratuitement à la liste d'information SOS-planete

http://terresacree.org   

Mail, forum, courrier des surfeurs, livre d'or...sos-planete@terresacree.or

Le saviez-vous? " 2.000 arbres des forêts tropicales humides sont abattus par minute dans le monde".