Jeune association varoise basée à Bras, " Terre Sacrée " s'est
lancée corps et âme dans le combat contre les organismes génétiquement modifiés qui,
selon elle, menacent d'envahir la planète. Ses membres estiment qu'on " ne peut pas
tout se permettre au nom du progrès, en ignorant les risques écologiques et sanitaires.
"
Dernière page, l'article
de Catherine AUBRY.
Les traqueurs
de transgéniques

Lassociation
" Terre sacrée " mène une croisade contre linvasion des
organismes génétiquement modifiés (OGM). Qui sinsinuent partout dans nos
aliments, jure-t-elle, notamment par le biais de lalimentation animale.
Lassociation a décidé de tirer avec virulence la sonnette dalarme.
" Les gens
ont du mal à y croire. Et nous aussi, au début, on est tombé de haut. Mais la
manipulation génétique existe dans l'agroalimentaire. Aujourd'hui, ça commence
à se savoir, heureusement. Les consommateurs réagissent et boycottent des
produits".
Les trois bouillants
animateurs de " Terre sacrée ", jeune association de Bras (voir encadré), se
sont lancés corps et âme dans un combat anti-OGM, voici tout juste un an. Par amour de
la nature, tout simplement, ils ont mis leur nez dans des tonnes de revues scientifiques,
fouiné dans des rapports publiés par des chercheurs, interrogé l'INRA, consulté le
rapport de la commission du génie biomoléculaire, écrit à tout ce que la France compte
d'élus, du président de la République aux maires, pour dire leurs inquiétudes.
La science avec conscience
Leurs recherches n'ont
fait que renforcer leur pressentiment : les organismes génétiquement modifiés
(OGM) menacent bel et bien d'envahir la planète, martèlent-ils. Pas moins.
" Discrètement,
car la transparence n'est pas de mise dans ce domaine. On nous a mis des OGM
dans nos assiettes sans qu'on le sache " explique M.W., secrétaire de
l'association. " Nous avons créé " Terre sacrée " justement
pour informer sans relâche le citoyen. Il y a de quoi avoir peur, face au
poisson-luciole ou au tabac-hamster, des essais déjà réalisés. Ça semble
de la science fiction, mais ça n'en est pas. Avec lagriculture
transgénique, demain, on va créer la ferme de Frankestein. Nous, nous
refusons que certains jouent aux apprentis sorciers, sans pouvoir maîtriser les nouveaux
produits créés, à coups de modifications génétiques. "
Pourtant Cédric Mercier,
président de " Terre sacrée ", tout comme M.W. ou Lionel Lerda, le trésorier,
se défendent d'être " des allumés anti-science ". " Nous ne
souhaitons pas un retour à l'âge de pierre " insistent-ils. " Mais
nous sommes contre une science sans conscience. Sans éthique. On ne peut
pas tout se permettre au nom du progrès. En ignorant les risques
écologiques ou sanitaires. "
Dans cette croisade, ils
ont une lueur d'espoir: la France, se réjouissent-iIs, est à la pointe de la lutte
anti-OGM, révélée par le maïs et le soja dans nos années 1990. Les actions de José
Bové avec sa Confédération paysanne à Seattle ou d'ATTAC, sans parler de Greenpeace,
ont largement contribué à lancer une réflexion européenne et même internationale.
" Bombes à retardement
"
La preuve : dans deux
mois environ, selon une directive européenne, tout produit contenant 1 % d'OGM devra
porter une étiquette le signalant. " Nous, nous souhaitions 0 % "
regrette M.W.. " mais la lutte n'est pas finie. Et c'est déjà une claque
pour les grandes firmes américaines notamment. Certaines ont dû abandonner les produits
à OGM, boycottés par les consommateurs. "
Ces manipulations contre
nature ont pour unique but une plus grande rentabilité " poursuit-il.
" Par exemple, un porc gonflé aux hormones, au Texas, permet de
produire 20 % de plus de viande. Ou des moutons OGM de Nouvelle-Zélande
présentent une pousse de laine vertigineuse. L'objectif final étant le contrôle
du marché de la bouffe, et donc le contrôle des humains, via leur seule et unique chose
dont ils ne peuvent pas se passer : boire et manger ".
" Il est incroyable de ne pas respecter
les limites naturelles des espèces, les simples lois du bon sens "
conclut M. Walter. " A suivre cette voie, l'homme perdra forcément ses
repères et au bout sa liberté. Sans parler de sa santé bien sûr. C'est
pire que le problème de l'amiante. Les OGM agiront à retardement. Après,
il sera trop tard... "
Bref, contre le
maïs-chien ou la souris croisée avec des gènes de végétaux, " Terre sacrée
" est prête " à ouvrir sa grande gueule. Nous sommes
suspendus à une sonnette d'alarme et nous tirerons dessus autant qu'il le
faut. "
C'est qu'ils ont l'air
décidés à le faire, les bougres...
Catherine AUBRY.
Légendes photos :
- Le bureau de " Terre
sacrée " : " Nous sommes suspendus à une sonnette dalarme
pour informer la population sur les dangers des OGM ".
- Lan dernier, 377 sites dessais
ont été autorisés sur tout lhexagone. Sont concernés la betterave, le maïs, le
colza, le saja, la vigne, le peuplier, le tabac, le tournesol ou encore la pomme de terre.
Dans le Var, où lon compte de nombreuses cultures (comme ici celle de trournesols
à Tourtour), aucun site nest concerné. (Photos Roland Gal)
Tout
sur internet
Pour mener son combat
anti-OGM, " Terre sacrée " a choisi pour linstant de
communiquer par internet. Lassociation a créée un site très important, un peu
brouillon et au ton parfois légèrement grandiloquent, versant volontiers dans le
catastrophisme, mais ne manquant pas dhumour, malgré la gravité du sujet.
" Terre
sacrée " travaille aussi avec dautres associations passionnées par le
même sujet. Comme InfOGM, OGM danger, Greenpeace (qui a fait circuler
" une liste noire " des produits à ne surtout pas consommer)
Liste complète des
associations sur internet. http://terresacree.org .
Ou demande de documentation à " Terre sacrée " chemin Counillere,
83149-BRAS. Catherine AUBRY
Aucun site dans le Var
" Terre
sacrée " vient de recenser les communes françaises accueillant des essais de
cultures transgéniques. Liste communiquée par les ministères de lAgriculture et
de lEnvironnement, daprès le rapport dactivité 1998 de la commission
du génie biomoléculaire.
Lassociation a
entrepris ensuite décrire à chaque maire concerné, dabord pour
linformer des expériences en cours sur son territoire, puis pour lui demander sa
position vis-à-vis de ce problème.
Enfin, pour toutes les
communes sans culture transgénique, lassociation décernera un label
" Commune garantie sans culture dOGM ".
Et cest le cas du
Var : aucune terre ne rentre dans cette " liste noire ",
comportant une centaine de noms. On respire !
Catherine AUBRY
Betterave, maïs,
colza
Daprès
" Terre sacrée ", 377 sites dessais ont été autorisés
lan dernier sur tout lhexagone. Sont concernés la betterave, le maïs, le
colza, le saja, la vigne, le peuplier, le tabac, le tournesol ou encore la pomme de terre.
Ce qui représente peu de
surface par rapport aux 26 millions dhectares de cultures transgéniques dans le
monde, dont la plus grande partie en Amérique du Nord.
La culture transgénique,
cest simple : il sagit de modifier lADN dune plante en
intégrant un gène provenant dune autre plante ou de tout autre organisme. On peut
ainsi croiser animaux et plantes et pourquoi pas, humains et plantes... Ces manipulations
génétiques, si elles sont menées à terme, permettent donc de transgresser les
barrières entre les espèces. Et c'est bien ça qui affole les anti-OGM.
Catherine AUBRY
(Article paru dans
" Var Matin " du dimanche 19 mars 2000.)
La
"croisade" de Terre sacrée
A
la Une de Var Matin du dimanche 19 mars 2000
11
décembre 2002 :
Terre
sacrée continue le combat
Juin
2005 : Terre
sacrée, une éthique du vivant
Sacrée?
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