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novembre 1999. Deux nouveaux livres vont être publiés sur la modification génétique.
Aliments transgéniques, carte génétique, choix du sexe... Le débat sur les
répercussions éthiques de l'utilisation des biotechnologies se poursuit. Certains
craignent ce qu'ils ont appelé la "nourriture de Frankenstein", d'autres en
revanche, comme un groupe d'universitaires italiens de Pavia, dénoncent le déclenchement
d'une attitude alarmiste sans fondement scientifique, soulignant les avantages énormes
que l'on pourrait tirer de l'utilisation "appropriée" des biotechnologies.
Jusqu'ici l'Eglise
n'avait pas transmis une position explicite en la matière. Croyants et non croyants se
demandaient très sérieusement quelle était la position de la morale catholique par
rapport à la manipulation génétique. Pour répondre à cette question, l'Académie
Pontificale pour la Vie, une institution créée par Jean-Paul II en 1994 va publier deux
ouvrages, l'un sur le génome humain et l'autre sur les biotechnologies. Ces deux livres
ont été présentés hier à la presse internationale. 
Les progrès de la science
Comme l'a expliqué l'un des
plus prestigieux génétistes européens, le jésuite Angelo Serra, professeur émérite
à la Faculté de Médecine de l'Université du Sacré Coeur, à Rome, "la recherche
sur le génome humaine a commencé en 1989, et au bout de dix ans nous avons réussi à
connaître environ 6 % de cette carte qui contient trois milliards de lettres. On connaît
1462 gènes dont dépendent les maladies génétiques, et 4500 maladies monogénétiques
auxquelles il faut ajouter toutes les autres comme les tumeurs qui sont des maladies
polygénétiques, ont été identifiées".
"Les progrès de
la connaissance scientifique sont exceptionnels, même s'il y a du retard dans
l'application. Les 600 expériences d'ingénierie génétique qui sont en cours, sur des
maladies comme le SIDA, le cancer, ainsi que sur des maladies monogénétiques et
enzymatiques, n'ont pas encore donné de résultats définitifs, car on n'a pas réussi à
guérir le dysfonctionnement de certains gènes qui provoquent la maladie". 
Une
nouvelle responsabilité médicale
Serra a déploré le fait
que "ces connaissances aient conduit à un naufrage moral au lieu de rendre le
personnel médical et le personnel de santé davantage conscient de ses
responsabilités". Il a donné l'exemple du diagnostic prénatal où l'on tend à
"éliminer le sujet qui pourrait développer la maladie, au lieu de le guérir".
Il a ajouté qu'il s'agit "d'authentiques cas d'eugénisme qui sont en train de
triompher dans le domaine de la médecine".
Le Professeur Serra a
déclaré qu'il était convaincu que "les progrès dans la connaissance scientifique
apporteraient de grands bénéfices pour l'humanité et que par conséquent on ne devait
pas incriminer la science", mais il a reconnu que cela demandait "une plus
grande responsabilité et une plus grande attention de la part du corps médical et des
institutions, en ce qui concerne les limites éthiques que beaucoup voudraient
franchir". 
Sensationnalisme catastrophique
Le Professeur Giuseppe
Bertoni, professeur à l'Institut de Zootechnique de la Faculté Agraire de l'Université
Catholique du Sacré Coeur de Plaisance, en Italie, a critiqué "le sensationnalisme
catastrophique avec lequel la presse a présenté les biotechnologies". Il refuse
notamment l'idée de "concevoir le progrès scientifique comme quelque chose dont on
devrait avoir peur".
"C'est vrai qu'il y a
des limites éthiques à respecter", a-t-il précisé, "mais il faut surtout
connaître la réalité de la biotechnologie. C'est pour cela que je dis : si on connaît
les biotechnologies, on n'en a pas peur".
"Refuser les
biotechnologies parce que le brevet de ces technologies est entre les mains des
multinationales, est un argument idéologique et non scientifique", a ajouté
Bertoni. "Il est peut-être vrai que les multinationales détiennent 40 % de la
connaissance dans ce domaine, mais il est également vrai que les structures publiques et
certaines petites entreprises travaillent activement dans la recherche et donnent des
garanties qu'il ne faut pas mépriser". 
En ce
qui concerne le clonage animal, le professeur Bertoni a déclaré qu'il "pourrait
servir pour résoudre de manière définitive le problème des espèces en voie de
disparition. On est en train de faire une tentative avec le panda, mais le clonage
pourrait s'appliquer aussi à d'autres espèces".
La position de
l'Eglise
Mgr Elio Sgreccia,
vice-président de l'Académie Pontificale pour la Vie et directeur de l'Institut de
Bioéthique de l'Université du Sacré Coeur de Rome a expliqué qu'il "n'existe pas
d'indications spécifiques du Magistère de l'Eglise sur les biotechnologies".
"C'est pour cette raison que j'ai freiné tous ceux qui exigeaient une condamnation
de ces produits", a-t-il déclaré.
"Le livre 'Biotechnologies animales et végétales, nouvelles
frontières et nouvelles responsabilités'", a-t-il poursuivi, vise à "apporter
des éclaircissements sur cette question". "Nous exposons les lignes
idéologiques : la recherche dans le domaine de la biotechnologie pourrait résoudre des
problèmes énormes comme par exemple l'adaptation de l'agriculture dans des terres
arides, ce qui pourrait permettre de résoudre le problème de la faim. Il faut que les
produits biotechnologiques contribuent au bien-être de l'homme, en donnant des garanties
face à d'éventuels dangers. Il faut donc de la transparence. Une fois que
les caractéristiques de santé
adéquates du produit ont été garanties, il est juste que le consommateur
puisse savoir s'il a été modifié génétiquement".
Mgr Sgreccia a conclu en rappelant cependant que "l'Académie
Pontificale pour la Vie rejette le clonage humain sous toutes ses
formes".
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