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Notons que face au réchauffement
climatique toutes les viandes ne sont pas égales. De part leur système
digestif "émetteur" de méthane, un des principaux gaz à effet de serre, les
ruminants sont de très loin les champions toutes catégories, l'étude
considérant que 50 gr de viande de ces animaux est un maximum à ne pas
dépasser quotidiennement.
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AP | 13.09.2007
Manger moins de viande pourrait contribuer à ralentir le réchauffement de la
planète, en entraînant la réduction du nombre de cheptels ovins et bovins et, du
même coup, celle des rejets de méthane émanant des animaux, selon une étude
publiée jeudi dans un numéro spécial du journal "The Lancet".
Pour les experts, réduire la consommation globale de viande rouge de 10%
suffirait à diminuer les émissions de gaz émis par les systèmes digestifs des
vaches, moutons et chèvres, qui contribuent au réchauffement global.
"Si les gens savaient qu'ils menaçent l'environnement en mangeant plus de
viande, ils réfléchiraient à deux fois avant de commander un steak", a déclaré
Geri Brewster, nutritionniste à l'Hôpital de Westchester-Nord à New York, qui
n'a pas participé à l'étude.
D'autres moyens de réduction de ces émissions de gaz, notamment en donnant au
bétail du fourrage de meilleure qualité, n'auraient, selon les experts, que des
conséquences limitées. Les gaz provenant d'animaux destinés à la consommation
représentent en effet le quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
"Ceci fait de la réduction de la consommation de viande la seule véritable
option", a déclaré le Dr John Powles, expert en santé publique de l'Université
de Cambridge, un des auteurs de l'étude.
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La quantité de viande
consommée varie considérablement dans le monde. Dans les pays développés, on
mange environ 224 grammes de viande par jour et par personne. Contre
seulement 31 grammes par jour en Afrique.
Face à une demande qui ne cesse d'augmenter dans le monde, les experts
s'inquiètent de l'augmentation des élevages et de son corolaire, les
émissions de gaz, notamment de méthane et de protoxyde d'azote, qui font
monter la température. En Chine, par exemple, la population mange deux fois
plus de viande qu'il y a dix ans.
Selon John Powles, une consommation de viande moyenne limitée à 90 grammes
par jour et par personne dans le monde pourrait éviter l'accélération du
réchauffement par les gaz à effet de serre.
Manger moins de viande rouge contribuerait aussi à améliorer la santé de la
population. Powles et les co-auteurs estiment que réduire la consommation de
viande réduirait aussi le nombre de maladies cardio-vasculaires et de
cancers.
"Dans notre société, nous consommons trop de protéines", estime Geri
Brewster. "Si on mangeait moins de viande rouge, ça aiderait aussi à réduire
l'épidémie d'obésité".
Selon les experts, il faudra probablement des décennies avant que la
population accepte de changer ses habitudes. "Nous devons mieux comprendre
les conséquences de notre alimentation", a estimé le Dr Maria Neira,
directrice du service de santé publique et de l'environnement de
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
"C'est une théorie intéressante qui nécessite d'être mieux étudiée",
a-t-elle ajouté. "Manger moins de viande pourrait vraiment représenter un
moyen de réduire les émissions de gaz et le changement climatique". AP |