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Vendredi 1 novembre 2002 SAN DIEGO (AP) - Dans une pièce de l'hôpital du zoo de San Diego
se trouve une arche
de Noé version moderne. Une ménagerie composée des espèces d'animaux les plus rares
de la planète -pandas, condors et même une baleine grise de Californie- est stockée
dans quatre réservoirs. Bien sûr, il est impossible d'admirer ces animaux: chacun
d'entre eux se compose d'échantillons de tissus placés dans des fioles congelées dans
du liquide nitrogène à moins 196 degrés.
Lorsque des chercheurs ont créé il y a 25 ans le "Frozen Zoo", ils n'avaient
aucune
idée de ce qu'ils en feraient. Il leur semblait simplement bien de congeler des
cellules vivantes. Aujourd'hui, cette initiative est sur le point de payer. Les
scientifiques ont bon espoir de voir la vie éclore d'ici le mois de mars dans leur
ménagerie congelée.
Broutant dans une ferme de l'Iowa, onze vaches enceintes attendent des bantengs
(buffles sauvages). Chassés pour leurs cornes fines et recourbées, ces animaux aux
pattes blanches, communément appelés boeufs de Bali, sont à peine 8.000 dans le monde
et sont pour la plupart regroupés en petits troupeaux sur l'île de Java.
Les chercheurs de la société Advanced Cell Technology (ACT), qui avait causé des
remous en novembre dernier en annonçant avoir cloné des embryons humains, ont
introduit de l'ADN de banteng dans les ovules de trente vaches et prédisent désormais
la naissance de six boeufs de Bali clonés. "Nous allons avoir un petit
troupeau",
souligne le Dr Robert Lanza.
Qu'en faire ensuite reste pour l'instant une question sans réponse. L'objectif final
est de les placer avec les bantengs non clonés présentés au zoo de San Diego. Mais
les scientifiques veulent d'abord s'assurer que les clones sont en bonne santé et
qu'ils ont l'esprit suffisamment social pour s'intégrer et s'épanouir au sein de leur
espèce.
Nombreux sont ceux qui espèrent que ces expérimentations deviendront rapidement une
routine dans la conservation des espèces en voie de disparition et, peut-être, dans
le retour des animaux disparus. "C'est une nouvelle arène et nous avons la
responsabilité de vérifier quels bénéfices peuvent être tirés de cette
technologie",
commente Oliver Rider, le directeur du "zoo congelé".
Comment ramener à la vie des espèces disparues a toujours été une énigme pour les
conservateurs. Pour Rider et ses collègues, le clonage n'est pourtant pas LA
solution. Ils prônent la préservation de leurs habitats naturels, l'interdiction de
les chasser ou d'autres méthodes. Selon eux, la technologie peut néanmoins s'avérer
utile, particulièrement lorsqu'il s'agit de diversité génétique.
Au lieu de compter uniquement sur les gènes des animaux encore vivants, les
chercheurs espèrent pouvoir utiliser le clonage pour réintroduire les gènes d'animaux
disparus depuis longtemps. Les foetus de bantengs actuellement portés par les vaches
proviennent tous de la cellule d'un banteng décédé il y a vingt ans. Des discussions
tournent également autour du retour à la vie d'animaux disparus, comme le mammouth,
une perspective irréaliste selon Oliver Rider. "C'est Jurassic Park. Intéressant,
mais irréaliste".
Le manque d'ADN viable est un des freins à ce clonage. Les scientifiques ont besoin
d'une certaine quantité de tissus vivants pour réussir un clonage, et même alors, il
leur reste des barrières technologiques et éthiques à franchir. Les défenseurs de la
cause animale dénoncent le faible taux de réussite, comparé à ce qu'ils qualifient de
cruauté envers les animaux. Les conservateurs religieux, les activistes anti-clonage
et les mouvements féministes redoutent pour leur part que cette technologie ne soit
utilisée pour créer des êtres humains. AP
ir/v0/JmC
http://fr.news.yahoo.com/021101/5/2tv66.html
Sur le Net:
www.sandiegozoo.com |