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TOUT EN BAS! Ascenseur expressLes insectes aux avant-postes du réchauffement climatique

 

Le saviez-vous? La quasi-totalité du continent antarctique est recouverte d'une calotte glaciaire d'une épaisseur pouvant dépasser les 4.500 mètres. Elle constitue la plus grande réserve d'eau douce au monde, soit 90% des réserves mondiales. La disparition de cette dernière ferait monter le niveau des eaux de cinq mètres sur l'ensemble du globe.

Source : ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE 12.05.2002


Les entomologistes observent l'apparition en Europe de nombreux papillons ou
coléoptères jusqu'alors inconnus sous nos latitudes. L'augmentation de
l'effet de serre, explication la plus plausible, menace, par ailleurs,
d'autres espèces d'extinction.

Le monarque africain, petit cousin du grand papillon américain, a pris ses
quartiers dans le Var. Voilà encore une trentaine d'années, ce lépidoptère à
l'élégante parure Orane ourlée de noir était inconnu sur le continent
européen.

Il pullule aujourd'hui en Espagne et commence à s'implanter dans le sud de
la France. Le bupreste du thuya, magnifique coléoptère naguère rarissime en
Ile-de-France, y est devenu, depuis quelques années, une espèce presque
commune. Un grillon agreste à front jaune que l'on croyait cantonné aux
départements méditerranéens a été observé, voilà peu, en Seine-et-Marne...

A l'évidence, il se passe quelque chose dans le petit monde rampant et
volant des invertébrés. Il ne s'agit, pour l'instant, que d'observations
isolées, rapportées le plus souvent par des entomologistes amateurs. Sur les
35 000 à 39 000 espèces d'insectes recensées en France, il n'en est guère
que quelques dizaines, en effet, à faire l'objet d'un réel suivi. Trop peu
pour tirer des conclusions définitives. Il n'empêche que les indices se
multiplient et sont concordants, constate Jacques Lhonoré, spécialiste de la
biodiversité au centre de Nogent-sur-Vernisson (Loiret) du Cemagref : les
insectes gagnent du terrain.

Souvent, il s'agit d'espèces jusqu'alors localisées dans le Midi de la
France qui progressent vers le nord en emprutant le couloir de la vallée du
Rhône ou en suivant le littoral atlantique. C'est le cas d'un petit
charançon, remarquable par la longueur du rostre de la femelle et vivant sur
les roses trémières, qui s'est répandu sur la presque totalité du territoire
national. La mante religieuse, autrefois méridionale, se fait de plus en
plus nordique tout comme certaines libellules. Le nacré de la ronce, petit
papillon aux ailes Oranées tachetées de noir, qui ne dépassait pas la ligne
Bordeaux-Grenoble voilà quinze ans, a même essaimé jusqu'au Luxembourg.

Le sphinx du caille-lait, papillon de nuit gris Orané dont le vol très
rapide rappelle celui du colibri, a poussé, quant à lui, jusqu'à la
Grande-Bretagne. Le même trajet a été accompli par certaines espèces de
sauterelles brunes. L'exemple du vulcain, un peu différent, va dans le même
sens. Ce papillon rouge et noir qui avait l'habitude de quitter la France au
début de l'automne pour se reproduire en Espagne ou en Afrique du Nord a
tendance, depuis quelques années, à renoncer à cette migration et à hiverner
sur place.

Mais on voit aussi apparaitre des espèces exotiques, originaires des pays
chauds. Le papillon du géranium, natif d'Afrique du Sud et introduit
accidentellement aux Baléares, voilà dix ans, colonise à présent l'Europe du
Sud. Après un séjour sur la Costa Brava, il a gagné les Pyrénées-Orientales
au printemps 1997, puis a poursuivi sa route vers l'Italie au fil des
jardinières de géraniums. On l'a même repéré, l'an dernier, dans le parc de
la Tête-d'Or de Lyon. Le rhynchophore roux, gros charançon d'origine
tropicale vivant sur les palmiers, vraisemblablement importé en Espagne lors
de l'exposition universelle de Séville de 1992, a entrepris de remonter vers
le nord de la péninsule ibérique et on s'attend à le voir franchir la
frontière d'ici peu.

Des déplacements d'insectes ont certes été observés de tout temps, à la
faveur des importations de bois ou de plantes exotiques, par exemple.
L'intensification du commerce et du tourisme internationaux n'a fait
qu'accélérer ces migrations. La nouveauté vient de ce que certaines des
espèces transplantées réussissent, à partir de quelques têtes de pont, à
coloniser leur nouveau milieu et à s'y installer durablement.

L'explication ? Jacques Lhonoré y voit, sans le moindre doute, la marque du
réchauffement, dont les insectes, extraordinairement mobiles - qu'ils soient
introduits par des activités humaines ou transportés par le vent -,
constitueraient des sortes de sentinelles avancées. "Leur cycle biologique
est, à tous les stades - ouf, larve, nymphe, adulte - très lié aux
conditions climatologiques, explique le chercheur. Des températures
hivernales clémentes leur sont favorables." La douceur des derniers hivers
faciliterait ainsi l'implantation et l'extension de l'aire des nouveaux
venus. Ceux-ci, n'hésitant pas à changer de plante-hôte pour survivre - le
papillon du géranium peut se développer sur des variétés sauvages et le
monarque d'Afrique s'accommode, en Europe, de plantes herbacées communes -,
proliféreraient d'autant plus gaillardement qu'ils ne trouvent sur place ni
prédateur ni parasite.

Pierre Zagatti, entomologiste au centre de Versailles de l'INRA, se montre
plus circonspect. "La responsabilité du réchauffement climatique est
probable pour certaines espèces, mais elle n'est pas établie de façon
scientifique", estime ce chercheur, qui milite pour la création d'un
observatoire national des invertébrés. "Les insectes, souligne-t-il, sont
capables de résister à des températures très froides en hiver et, pour la
plupart, le facteur primordial est la température estivale." Certaines
migrations ne doivent rien, il est vrai, à l'effet de serre : un petit
scorpion noir à queue jaune très répandu dans le Midi est probablement
remonté vers le nord par le "couloir des vacances" dans les toiles de tente
de campeurs et c'est sans doute en passagère clandestine de touristes que la
grande cigale a rallié les Vosges...

Les entomologistes ne sont, en tout cas, pas les seuls à suivre à la loupe
ces déplacements. Les forestiers et les agriculteurs les observent, eux
aussi, avec inquiétude parfois. Certes, on ne redoute pas encore l'invasion
d'insectes vecteurs de maladies exotiques ou dévastateurs de récoltes, même
si, voilà quelques années, des nuées de criquets pèlerins venus d'Afrique se
sont abattues sur des plages italiennes où ils sont morts d'épuisement avant
d'avoir pu se reproduire. Mais les sylviculteurs s'alarment de l'expansion
géographique de la chenille processionnaire du pin, qui cause de sévères
dégâts aux résineux et qui, très urticante, pose aussi de tels problèmes
sanitaires dans les zones touristiques où il est déjà arrivé que des
campings infestés doivent être évacués.

Les viticulteurs redoutent, pour leur part, l'extension de la cochylis et de
l'eudémis, deux papillons communément appelés "vers de la grappe", qui
s'attaquent au vignoble et sont capables de ruiner une récolte. Un autre
petit papillon nocturne, découvert pour la première fois en France en
octobre 2000 dans le Var, cause, lui aussi, quelques soucis car ce ravageur
se développe sur le maïs et les citronniers cultivés.

Le réchauffement climatique ne profite cependant pas à tous les insectes. Il
met en péril certaines espèces - parmi les plus rares - rescapées de la
dernière glaciation. C'est le cas d'un papillon damier fréquentant les
tourbières d'altitude ou de certains taupins adaptés au froid, qui sont
aujourd'hui menacés d'extinction dans leurs derniers refuges montagneux. Des
spécimens comme le papillon nègre des bois ou l'apollon, qui avaient profité
du petit âge glaciaire (milieu du XVIe siècle-milieu du XIXe siècle) pour
descendre dans les plaines et y installer des colonies abyssales, risquent
tout simplement de disparaitre du paysage.

Pierre Le Hir

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Floraisons et vendanges plus précoces

"L'INRA a décidé de mettre la question du changement climatique au premier
plan de ses préoccupations", annonce Bernard Seguin, chargé d'une mission
sur l'effet de serre au sein de l'Institut national de la recherche
agronomique. Des études associant observations de terrain et modélisations
numériques font apparaitre qu'un doublement du taux de CO2 dans
l'atmosphère - scénario plausible pour le siècle à venir - "ne devrait pas
poser de problèmes insurmontables pour les grandes cultures comme le blé et
le maïs, dont les capacités d'adaptation rapide ont été démontrées dans le
passé, suite aux modifications successives d'orientation de la politique
agricole commune".
 
En revanche, les cultures fruitières et la vigne, dont le
temps d'adaptation est plus long (dix à vingt ans), pourraient être
fortement affectées. Déjà, on assiste à "une avancée significative des
stades phénologiques". La floraison de certains arbres fruitiers (pommiers,
abricotiers, pêchers...) se produit, en moyenne"dix à quinze jours plus tôt
qu'il y a trente ans", et, dans certains vignobles, les vendanges
s'effectuent "quatre semaines plus tôt qu'il y a cinquante ans". L'INRA va
donc concentrer ses efforts sur la sélection de variétés adaptées à la
nouvelle donne climatique.

Merci à Catherine Roux "rcathe4213(at)wanadoo.fr"

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